Au cœur du jardin des Tuileries, entre l’architecture classique du Louvre et les perspectives infinies du jardin dessiné par Le Nôtre, MATTER and SHAPE s’est imposé en quelques années comme l’un des rendez-vous les plus singuliers du design contemporain. Ce qui n’était encore qu’un pari en 2024 est aujourd’hui une évidence : la foire parisienne occupe désormais une place à part dans le calendrier international, à la croisée du design, de la mode et de l’architecture. Nos coups de coeur de l’édition 2026.
Steinway & Sons rencontre Studio Paelis : La marqueterie de paille et le piano, quand deux absolus se reconnaissent
En 172 ans d’histoire, entre Hambourg et New York, et au fil de collaborations avec les artisans, designers et artistes les plus exigeants du monde, la maison a toujours cultivé une même exigence : repousser les frontières du savoir-faire. Puis vint Studio Paelis. Fondé à Lyon en 2016 par Manon Bouvier-Toth, Meilleur Ouvrier de France, l’atelier a révélé un territoire encore inexploré : celui d’un dialogue subtil entre deux disciplines que tout semblait distinguer, mais que réunit une même obsession du geste juste, de la matière maîtrisée et de la beauté durable. Cette rencontre donne naissance à une édition limitée d’exception. Une création où chaque détail témoigne d’une virtuosité silencieuse, où la précision répond à la sensibilité, et où les savoir-faire ancestraux ne se contentent pas de perpétuer un héritage : ils le réinventent. Car les traditions les plus précieuses ne survivent jamais en se répétant ; elles traversent le temps en trouvant sans cesse de nouvelles formes d’expression.

Steinway & Sons x Studio Paelis : La marqueterie de paille, l’éclat discret d’un savoir-faire rare
La marqueterie de paille est l’une des techniques décoratives les plus discrètes et les plus spectaculaires qui soient. Apparue en Europe au début du XVIIe siècle, elle a longtemps orné les mobiliers et objets les plus précieux au même titre que les matières les plus nobles. Son secret réside dans sa lumière : chaque brin de paille, dans sa forme tubulaire naturelle, est fendu puis aplati à la main pour devenir un ruban souple et brillant dont l’éclat doré naturel et la luminosité singulière changent selon l’angle du regard. Studio Paelis travaille exclusivement avec de la paille de seigle en provenance d’un producteur de Bourgogne. Chaque brin est posé un à un, à la main, pour créer direction, rythme et motif. Pour un piano à queue Steinway, cette étape demande environ un mois de travail pour une seule personne. Travailler sur un piano constituait une première absolue pour le studio :


« Un piano implique une tout autre échelle, d’autres volumes, et surtout une relation différente au corps dans le geste. Sa forme, ses dimensions et ses courbes nous obligent à adapter nos postures, nos gestes, et parfois même notre approche technique. Ce fut un véritable défi, d’autant que l’objet lui-même est inédit pour notre atelier. »
– Manon Bouvier-Toth.

Le résultat témoigne de ce défi relevé : la marqueterie de paille investit l’intérieur du couvercle et le pupitre de chaque instrument, ces deux surfaces qui sont les premières à capter la lumière lorsqu’on ouvre un piano et les dernières que l’œil quitte.



Classic Sunburst & Concentric Waves : Deux créations, une même philosophie
L’édition se décline en deux créations distinctes. Classic Sunburst dispose les brins de paille en rayonnement depuis un point central, à la manière d’un soleil, créant un jeu de lumière spectaculaire dont l’intensité varie avec l’éclairage de la pièce. Concentric Waves s’inspire du mouvement du son lui-même : la paille est posée en anneaux fluides et concentriques qui évoquent les ondes se propageant à la surface de l’eau, une métaphore du voyage invisible de la musique dans l’air. Chaque motif est décliné en trois coloris caractéristiques de l’identité de Studio Paelis : Naturel, Noir et Bleu. Leur douceur et leur profondeur s’accordent avec l’élégance intemporelle de l’univers Steinway tout en apportant une lumière subtile et changeante à chaque instrument. Camilo Daza Tapia, directeur produit EMEA chez Steinway & Sons, résume avec une précision qui dit tout de la rencontre entre les deux maisons :

« Chez Steinway, chaque piano est façonné à la main par nos maîtres artisans, qui consacrent à chaque détail un niveau d’exigence et de patience exceptionnel. Nous avons retrouvé cet esprit chez Manon et son atelier. Studio Paelis partage notre engagement en faveur des savoir-faire traditionnels, non comme un héritage figé, mais comme une pratique vivante, appelée à être célébrée et transmise. »

Steinway & Sons x Studio Paelis : SPIRIO | r, performance, exclusivité, technologie
Tous les pianos de l’édition sont équipés de la technologie SPIRIO | r, le système de reproduction haute définition le plus perfectionné au monde. Grâce à la technologie brevetée de Steinway, SPIRIO | r reproduit fidèlement les mouvements des marteaux et des pédales, tandis que SPIRIOCAST permet de partager des performances en temps réel entre pianos Steinway à travers le monde entier. Ce que l’on entend n’est pas un enregistrement : c’est l’instrument lui-même qui joue, offrant une expérience d’une authenticité et d’une immédiateté rares.



L’édition est produite en quantités strictement limitées : 18 instruments par couleur et par motif pour le modèle B (211 cm), et 8 instruments par couleur et par motif pour le modèle D (274 cm), le piano de concert par excellence. Des chiffres qui disent à eux seuls le niveau d’exclusivité et le temps de fabrication que chaque pièce exige. Un Steinway nécessite déjà près d’un an de fabrication avant que la première paille ne soit posée.
Steinway & Sons : Près d’un an de gestes pour un seul instrument
Visiter les ateliers Steinway, que ce soit à Hambourg, où la maison s’est implantée en 1880 sous l’impulsion de C.F. Theodor Steinway, ou à New York, où Heinrich Steinweg fondait la manufacture en 1853, c’est traverser l’un des rares endroits au monde où le temps industriel n’a jamais vraiment supplanté le temps artisanal. Un piano Steinway naît en près d’un an.

Il mobilise environ 300 spécialistes, 12 000 pièces distinctes et plus de 400 étapes de fabrication avant qu’un seul accord y retentisse. Tout commence dans les séchoirs, où le bois attend plusieurs années que son humidité atteigne le degré précis que la résonance exige. L’épicéa de Sitka pour la table d’harmonie, seul bois capable de vibrer avec cette largeur de fréquences, est sélectionné à la main, planche par planche, par des artisans dont l’oreille et le toucher dictent ce que les instruments de mesure ne peuvent pas toujours confirmer.
Le moment le plus spectaculaire, et peut-être le plus emblématique du savoir-faire de la maison, est le cintrage de la courbe extérieure : dix-huit couches d’érable sont assemblées et plaquées autour d’un gabarit de fonte en moins de vingt minutes, sous la pression physique de plusieurs hommes qui travaillent le bois dans sa fenêtre de plasticité. Ce geste, brutal dans son urgence, précis dans son exécution, est l’un de ceux qui ne se délèguent pas à une machine. Le mécanisme lui-même, capable de répéter vingt-cinq fois par seconde sous les doigts d’un virtuose sans faillir, est une mécanique de précision horlogère appliquée à l’échelle du mobilier.
Chaque marteau est feutré et mis en voix individuellement. Chaque corde de basse est bobiné à la main. Chaque instrument, avant de quitter les ateliers, passe entre les mains d’un accordeur-voiceur qui en ajuste le caractère sur plusieurs semaines. Ce n’est pas de la lutherie industrielle, c’est une lutherie qui a simplement choisi de ne pas changer de méthode parce qu’aucune méthode meilleure n’a été trouvée.



























