Monaco, le 25 avril 2026. Le Grimaldi Forum bruissait encore des moteurs du Grand Prix Historique quand RM Sotheby’s a posé le marteau sur l’une des ventes automobiles les plus remarquables jamais organisées en Europe. Avec 87 967 385 euros de chiffre d’affaires total et un taux de vente de 90 %, l’édition 2026 de The Monaco Auction est devenue la plus grande vente multi-lots de voitures de collection jamais organisée par RM Sotheby’s sur le Vieux Continent, surpassant les 81 millions d’euros déjà réalisés lors de la vente parisienne du début d’année. Une performance qui s’inscrit dans une séquence de forme spectaculaire pour la maison.
Ferrari Luce : La Première Ferrari 100 % Électrique Redéfinit les Limites du Possible
Le 25 mai 2026, Ferrari a dévoilé la Luce à Rome : sa première voiture entièrement électrique. 1 050 chevaux, quatre moteurs indépendants, 530 kilomètres d’autonomie, un design signé Marc Newson et Jony Ive et une philosophie sonore inédite. Voici tout ce qu’il faut savoir.


Ferrari a levé le voile sur la Ferrari Luce le 25 mai 2026, depuis le cadre symbolique de la Vela di Calatrava à Rome, là même où la marque avait remporté sa toute première victoire en course en 1947. Soixante-dix-neuf ans plus tard, le Cheval Cabré revient dans la capitale italienne pour franchir un nouveau cap historique : présenter sa première voiture entièrement électrique. Ce n’est pas simplement une nouvelle Ferrari, c’est une Ferrari d’un genre inédit.


Pourquoi la Ferrari Luce est un tournant pour la marque
Depuis l’annonce de sa stratégie multi-énergies lors du Capital Markets Day 2022, Ferrari a toujours défendu le principe de neutralité technologique : l’électrification n’est pas une obligation réglementaire subie, c’est un outil de création supplémentaire. La Luce en est la démonstration la plus convaincante.
Avec cette voiture, Ferrari n’abandonne pas le moteur thermique : la Luce vient élargir la gamme, aux côtés des Ferrari à moteur V8, V12 et hybrides. Ce que l’architecture 100 % électrique rend possible ici (quatre portes, cinq places, un habitacle révolutionnaire, un son authentique, des performances de supercar) n’aurait tout simplement pas pu exister avec une motorisation conventionnelle.
Le nom Luce (« lumière » en italien) n’est pas anodin : il évoque la clarté, l’orientation, et l’intention de Ferrari de tracer un chemin vers l’avenir sans renier son ADN.

Design de la Ferrari Luce : LoveFrom, Jony Ive et Marc Newson au service du Cheval Cabré
Pour concevoir la Luce, Ferrari a pris une décision radicale : confier le design à un collectif extérieur au Ferrari Design Studio. Le choix s’est porté sur LoveFrom, fondé en 2019 par Sir Jony Ive (ancien directeur du design d’Apple) et Marc Newson, deux des designers industriels les plus influents au monde.

La glass house : une silhouette sans compromis
L’élément stylistique central de la Ferrari Luce est sa glass house, une forme monolithique et continue qui s’étend sous la ligne de caisse jusqu’aux extrémités du véhicule. Pas d’arêtes vives, pas de ruptures : une sculpture épurée, dans laquelle s’inscrivent deux ailerons aérodynamiques flottants à l’avant et à l’arrière. Ces appendices, positionnés autour de la silhouette de la cellule centrale, structurent les flux d’air tout en accentuant le sentiment que la carrosserie « flotte » autour du cœur mécanique.
Les panneaux de feux avant et arrière sont transparents et intégrés aux surfaces principales ; ils semblent se retirer délicatement lorsqu’ils sont éteints. À l’arrière, la signature lumineuse circulaire rend hommage aux Ferrari 360 Modena et 458 Italia.

Jantes et dimensions inédites pour la Ferrari Luce
La Luce adopte les plus grands diamètres de jantes décalés jamais montés sur une Ferrari de route : 23 pouces à l’avant, 24 pouces à l’arrière. Deux designs sont proposés : une configuration forgée à cinq branches ouvertes, et un dessin turbine optimisé aérodynamiquement.

Les couleurs de lancement pour la Ferrari Luce
Cinq teintes inaugurent la Luce : Azzurro La Plata, Giallo Luce, Rosso Dino, Bianco Artico et Rosso Fiammante. Le Giallo Luce est particulièrement significatif : ce jaune spécialement développé s’inspire du jaune historique du logo Ferrari, et se retrouve également sur les moyeux de roues ainsi que sur le volant.

Intérieur de la Ferrari Luce : quand le physique et le numérique fusionnent
L’habitacle de la Ferrari Luce est une rupture totale avec les conventions du segment. L’architecture électrique, batterie sous le plancher et sans tunnel central, libère un espace intérieur inédit pour une Ferrari, qui accueille quatre portes et cinq places : une première absolue pour la marque.

Une interface pensée pour le conducteur
L’organisation de l’habitacle répond à un principe clair : les commandes et les retours d’information essentiels sont groupés directement face au conducteur. Le volant à trois branches, usiné dans de l’aluminium 100 % recyclé, intègre l’e-Manettino (gestion de l’énergie et de l’autonomie) et le Manettino à cinq positions classique. Le bloc d’instruments se déplace avec le volant pour optimiser la visibilité à tout moment.
Les palettes de contrôle du couple sont une nouveauté fonctionnelle forte : la palette droite permet d’augmenter progressivement la puissance disponible, la palette gauche intensifie la récupération d’énergie et la sensation de frein moteur : un nouveau « langage du couple » propre à la Luce.

Écrans OLED Samsung et affichage E Ink : deux premières mondiales
Les quatre écrans de l’habitacle (12,9″, 12″, 10,1″ et 6,3″) ont été développés exclusivement pour la Ferrari Luce par Samsung Display. L’affichage du bloc d’instruments adopte une architecture multicouche superposant deux panneaux OLED avec des découpes, créant une profondeur visuelle qui mêle rendu numérique et ressenti analogique.
La clé de la Luce est, elle aussi, une première mondiale : réalisée en verre Corning Gorilla Glass, elle intègre un affichage E Ink bistable, une technologie qui ne consomme de l’énergie que lors des changements de couleur. C’est la première fois qu’un affichage E Ink est utilisé dans une clé automobile de série.

Matériaux authentiques
Ferrari et LoveFrom ont fait le choix de matériaux nobles et purs : aluminium anodisé recyclé, verre Corning Gorilla Glass pour les surfaces intérieures, cuir haut de gamme et Alcantara. Rien n’est là pour faire semblant.

Performances : les chiffres d’une supercar, la praticité d’une Gran Turismo
La Ferrari Luce ne fait aucun compromis sur la performance. Malgré un poids à vide de 2 260 kg, inévitable avec une batterie de 122 kWh, les ingénieurs de Maranello sont parvenus à des chiffres dignes des supercars les plus exclusives :
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Puissance maximale | 1 050 ch (772 kW) |
| 0 à 100 km/h | 2,5 secondes |
| 0 à 200 km/h | 6,8 secondes |
| Vitesse maximale | 310 km/h |
| Autonomie estimée | 530 km |
| Recharge rapide | jusqu’à 350 kW |
Architecture technique : quatre moteurs, une roue, un contrôle absolu
Le cœur technique de la Ferrari Luce est sa plateforme à quatre moteurs électriques synchrones à aimants permanents, chacun entraînant une roue indépendamment. Ces moteurs à flux radial, dérivés de ceux de la Ferrari F80, s’appuient sur l’expertise accumulée en Formule 1 et dans le Championnat du Monde d’Endurance (WEC). Leur développement a mobilisé plus de 120 000 heures de R&D et 9 brevets déposés.
Chaque roue dispose de trois actionneurs distincts : un pour la traction/régénération, un pour l’angle de braquage, un pour le contrôle du mouvement vertical. Ce niveau de contrôle, inatteignable avec une mécanique traditionnelle, est ce qui permet à la Luce de se comporter, dynamiquement, comme une voiture environ 400 kg plus légère que son poids réel.

La batterie de la Ferrari Luce : 122 kWh conçus à Maranello
Le pack batterie est entièrement conçu, validé et assemblé à Maranello. Ses 210 cellules en série (co-conçues avec SK on) offrent une capacité brute de 122 kWh sous 800 V. La puissance de recharge maximale atteint 350 kW, permettant de récupérer 70 kWh en seulement 20 minutes. Le pack intègre un booster DC/DC haute tension qui permet également de charger à 150 kW sur des bornes 400 V, assurant une compatibilité maximale avec les infrastructures existantes.
Intégrée sous le plancher comme un élément structurel à part entière, la batterie contribue à +25 % de rigidité en flexion et +35 % en torsion par rapport aux précédents modèles quatre portes Ferrari.

La VCU : le cerveau de la Luce
La Vehicle Control Unit (VCU), en cours de déploiement pour la première fois chez Ferrari, réunit en un seul contrôleur le groupe motopropulseur et la dynamique du véhicule. Elle gère un réseau à trois tensions (800 V, 48 V, 12 V) et actualise ses objectifs 200 fois par seconde. Elle pilote également le nouveau Side Slip Control X et le système FLOW (Ferrari Lateral Optimisation Wheeltorque), qui vectorise le couple sur les deux essieux pour un comportement naturel et précis en toutes circonstances.

Aérodynamique de la Ferrari Luce : le Cx le plus bas de l’histoire Ferrari route
Le développement aérodynamique de la Luce a mobilisé plus de cinq ans de travail, avec environ 6 000 simulations CFD, 250 heures d’essais en soufflerie sur maquettes et 80 heures en grandeur nature. L’objectif était clair : atteindre le coefficient de traînée le plus bas jamais obtenu sur une Ferrari de route, sans sacrifier l’habitabilité.
Parmi les solutions clés : des grilles aérodynamiques actives (une première chez Ferrari) qui régulent le flux d’air traversant les échangeurs thermiques, une suspension active qui abaisse le train avant de 10 mm à haute vitesse, et des jantes à profil turbine réduisant la traînée d’environ 5 %.

Le son : authentique ou rien
L’un des défis les plus fascinants du projet aura été de définir le son de la première Ferrari électrique. La réponse de Maranello est philosophique avant d’être technique : le son de la Luce ne peut exister que s’il est authentique et fonctionnel. Il ne sera jamais artificiel ou synthétisé.
Un accéléromètre de haute précision, placé au centre de l’essieu arrière, capte en temps réel les vibrations et la texture sonore générées par les composants en rotation : engrenages, machines électriques. Ce signal est ensuite filtré, égalisé et amplifié via un système développé et breveté par Ferrari, à la manière d’un amplificateur de guitare électrique. Le résultat : un son vivant, avec des micro-variations et des nuances en constante évolution, impossible à reproduire par synthèse.
Le niveau sonore est modulable via l’e-Manettino : de la plénitude du silence en mode Range à l’expressivité maximale en mode Performance. Et la voiture est perceptible de l’extérieur, avec une signature acoustique cohérente et reconnaissable.
Modes de conduite : e-Manettino et Manettino côte à côte
La Ferrari Luce est la première Ferrari à combiner sur le volant deux sélecteurs distincts : L’e-Manettino à 3 positions gère la puissance, le couple, le type de traction et l’autonomie : Range : 320 kW, propulsion arrière prioritaire, vitesse max 260 km/h, efficacité maximale, Tour : 460 kW, 4 roues motrices permanentes, mode équilibré, Performance : 725 kW, 4 roues motrices, vitesse max 310 km/h, réponse maximale.
Le Manettino à 5 positions classique (de Ice à ESC Off), enrichi d’une nouvelle position Dry dédiée à la conduite quotidienne. Le Launch Control quant à lui mobilise une puissance de pointe de 765 kW (avec surplus batterie de 40 kW), pour ce 0 à 100 km/h en 2,5 secondes.

Fabrication et philosophie Ferrari
Conformément à la tradition de Maranello, tous les composants clés sont conçus, développés et produits en interne : moteurs électriques, batterie, électronique de puissance. Le projet totalise plus de 60 nouveaux brevets, témoignant d’une ambition industrielle autant que sportive.
L’utilisation massive d’alliages d’aluminium recyclés permet de réduire les émissions de CO₂e d’environ 70 % sur la masse totale du véhicule lors de la phase de production, un engagement environnemental concret, sans compromis sur la performance.
La Ferrari Luce est également couverte par une garantie de 8 ans sur les composants du groupe motopropulseur électrique (essieux, batterie, système de recharge), et intégrée au programme Genuine Maintenance 7 ans de la marque.

Conclusion : la Ferrari Luce, une Ferrari à 360°
La Ferrari Luce n’est pas « la Ferrari électrique » : c’est une Ferrari 360°, selon les propres mots de la marque. Une voiture qui associe les performances d’une supercar, le raffinement d’une gran turismo de luxe, un confort acoustique inédit et une technologie à la pointe de ce qui se fait dans l’industrie automobile mondiale.
Le prix de la Ferrari Luce a été officialisé : 550 000 euros pour la version de base, avec des livraisons attendues au quatrième trimestre 2026. Un tarif qui positionne d’emblée la Luce au-dessus du Purosangue et parmi les voitures électriques les plus chères du marché, même si elle reste bien loin des modèles Ferrari les plus chers du monde. Compte tenu de la politique de personnalisation de la marque, la grande majorité des exemplaires dépassera vraisemblablement les 600 000 euros une fois configurés. Le message est clair : Ferrari n’entre pas dans l’électrique par la petite porte.
Elle démontre, une fois de plus, que pour Ferrari, l’électrification n’est pas une contrainte : c’est une nouvelle façon d’aller plus loin.

Sources : Communiqué de presse officiel Ferrari, 25 mai 2026, Vela di Calatrava, Rome. Crédits photos : ©Ferrari


