À ces automobiles qui ne traversent pas simplement les décennies, où la mécanique devient mémoire vive. Apparue en 1957, cette silhouette racée, presque minimaliste, s’impose très vite comme une référence dans le paysage automobile de son époque : légère, incisive, redoutablement efficace. Découverte de la 550A Spyder signée Porsche.
Lamborghini Countach LP5000 QV « Downdraft » 1985 : La plus puissante des Countach chez RM Sotheby’s estimée 1,1 million de dollars
Il y a des voitures que l’on possède. Et d’autres que l’on garde. La Lamborghini Countach LP5000 QV « Downdraft » de 1985, numéro de châssis sorti de Sant’Agata Bolognese en juillet de cette même année, appartient manifestement à la seconde catégorie, elle a traversé quatre décennies et quatre propriétaires sans jamais connaître l’abandon ni la négligence. Quatre ans de restauration méticuleuse et plus de 700 000 dollars investis plus tard, elle sera présentée aux enchères chez RM Sotheby’s lors de la vente de Monterey du 13 au 15 août 2026, estimée entre 900 000 et 1,1 million de dollars. Une occasion rare pour l’une des 300 exemplaires produits dans la configuration la plus désirable de l’histoire de la Countach.

« Downdraft » : la version européenne qui détrône toutes les autres
Le surnom « Downdraft » mérite une explication, parce qu’il dit tout de la hiérarchie qui s’est établie dans le monde des collectionneurs. La Countach LP5000 QV a été dévoilée au Salon de Genève 1985 dans deux configurations distinctes : la version américaine, équipée du système d’injection Bosch, et la version européenne, alimentée par six carburateurs Weber 44 DCNF à chute verticale, les fameux « downdraft ». Le résultat de cette différence : 35 chevaux supplémentaires, portant la puissance du V12 de 5,2 litres à 455 chevaux, une réponse à l’accélérateur plus immédiate et une sonorité que les six carburateurs délivrent avec un aplomb que l’injection électronique ne peut pas reproduire. Zéro à 100 km/h en 4,1 secondes. Vitesse de pointe à 315 km/h.


Harvey Stanley, directeur des ventes privées de RM Sotheby’s, ne prend pas de détour pour qualifier cette version : « Ces voitures ‘Downdraft’ se situent au sommet absolu de la hiérarchie des Countach, et continuent d’être vénérées comme les plus puissantes et les plus agréables à conduire jamais produites. » Les spécifications non-américaines qui distinguent visuellement ces exemplaires, le dôme de capot moteur proéminent et les pare-chocs en caoutchouc saillants, sont devenus des marqueurs d’authenticité immédiatement reconnaissables. Seuls 13 de ces QV à carburateurs ont été officiellement importés aux États-Unis.


Une provenance exceptionnelle : de Londres à un graphiste légendaire
Ce qui distingue encore davantage cet exemplaire, c’est son histoire. Livrée à Portman of London — importateur britannique de Lamborghini à l’époque — la voiture avait été réservée pour Stanislaw Zagórski, collectionneur new-yorkais de Lamborghini et figure majeure du design graphique américain. C’est Zagórski qui a créé les pochettes d’albums iconiques de Ray Charles, Miles Davis, Isaac Hayes, Cream et Roberta Flack, et illustré de nombreuses couvertures du magazine Time. Que Zagórski ait pris livraison de la voiture reste incertain — Portman a fait faillite en 1992 — mais les archives montrent que la Countach a été expédiée aux États-Unis en septembre 1985, pour être vendue en 1986 à Whiteford Bean de Norwood, Massachusetts, qui en fut le gardien jusqu’en 2011.



700 000 dollars et quatre ans pour une restauration de niveau exposition
Richard Molke, éminent collectionneur de Lamborghini du New Jersey et second propriétaire américain, a pris possession de la voiture en 2011 et commandé immédiatement une reconstruction complète du moteur, une opération qui a dépassé les 77 000 dollars. Quelques années plus tard, son chéquier s’est rouvert pour confier l’ensemble du châssis et la remise en peinture à Dugan Enterprises, spécialiste californien de Lamborghini : 601 783 dollars pour ce seul chantier. La voiture a été présentée dans cet état au Quail, A Motorsports Gathering de 2021 à Monterey, où elle figurait dans l’exposition de Lamborghini pour le lancement du Countach LPI 800-4 hybride à 803 chevaux, un retour aux origines parfaitement mis en scène. Depuis octobre 2021, le propriétaire actuel, collectionneur de renom de Californie du Nord, a poursuivi les travaux pour plus de 140 000 dollars supplémentaires via Dugan et d’autres spécialistes de la marque. La restauration dépasse ainsi les 700 000 dollars au total.

Un exemplaire complet, deux jeux de roues, deux capots moteur
La Countach se présente en robe Nero Tenebre avec intérieur cuir noir, sur le compteur 33 010 kilomètres, soit environ 20 511 miles. Elle est accompagnée d’un second jeu de roues OZ en or venant compléter les originales en argent, et d’un second capot moteur sans l’aileron arrière caractéristique, permettant au prochain propriétaire de la présenter dans différentes configurations selon son goût. La documentation complète comprend une copie du registre de fabrication manuscrit, le manuel d’utilisation d’origine, la trousse à outils et l’intégralité des factures et photographies de restauration. Stanley conclut avec la conviction de celui qui connaît la valeur de ce qu’il présente :
« Un exemplaire aussi finement restauré de la Countach la plus puissante de Lamborghini constituerait certainement un ajout marquant à la collection de tout amateur de supercars ou passionné de Sant’Agata. »
La vente RM Sotheby’s de Monterey se tient au Monterey Conference Center du 13 au 15 août 2026.




