Le tournoi de tennis le plus élégant du monde est aussi le meilleur observatoire horloger de l’année. Si le Met Gala est le grand défilé mode du calendrier, et Bâle le moment de vérité de l’horlogerie, Wimbledon occupe une position singulière et moins commentée : celle d’un observatoire naturel des montres que les gens portent vraiment, non pas pour être photographiés, mais parce qu’ils les aiment. Le dress code strict de l’All England Lawn Tennis Club impose aux tribunes une certaine sobriété vestimentaire qui a cet effet inattendu : il met les poignets en vedette. Et ceux qui s’y montrent en 2026 disent quelque chose d’intéressant sur l’état du goût horloger.
Audemars Piguet : Atelier des Établisseurs, une collection Haute Horlogerie dévoilée à Watches & Wonders 2026
Lors de Watches and Wonders 2026, Audemars Piguet n’a pas simplement dévoilé de nouvelles créations : la Maison a ouvert un nouveau chapitre de son histoire. Sous l’impulsion de sa CEO Ilaria Resta, la manufacture du Brassus ressuscite l’esprit de l’« établissage » du XVIIIe siècle à travers Atelier des Établisseurs, un programme inédit qui replace l’artisan au cœur de la création horlogère.

Autrefois, dans la Vallée de Joux, l’établissage désignait une organisation presque chorale de l’horlogerie : chaque maître artisan façonnait une partie de l’œuvre avant qu’elle ne soit réunie en une pièce unique. Audemars Piguet en propose aujourd’hui une relecture contemporaine, précieuse et visionnaire. Ici, joailliers, graveurs, lapidaires, concepteurs de mouvements et horlogers dialoguent à nouveau dans une partition commune, où chaque montre devient la somme de talents identifiés, célébrés, assumés.

Pour inaugurer cette renaissance, trois pièces manifestes composent une trilogie inaugurale.
Galets, d’abord, évoque un bijou sculpté par la nature. Inspirée d’un modèle Arabella de 1972, cette montre en or jaune aux lignes organiques épouse un bracelet irrégulier serti de turquoise et d’œil-de-tigre. Sous cette douceur minérale bat le calibre 3098, façonné pour suivre les courbes du boîtier comme un secret parfaitement ajusté.


Nomade, ensuite, brouille les frontières entre montre, objet d’art et sculpture mécanique. Portable, transportable ou posée comme une pièce d’orfèvrerie, elle abrite le calibre squelette 7501, ajouré selon une technique traditionnelle de sciage à la main préservée par la Maison depuis les années 1930. Ici, le temps semble flotter dans l’architecture même du mouvement.



Enfin, The Peacock pousse la narration jusqu’au merveilleux. Cette montre automate, dissimulée sous la silhouette d’un paon finement gravé, dévoile à son ouverture un cadran émaillé rayonnant et un affichage horaire discret. Imaginé avec Giulio Papi, son mécanisme mêle animation, joaillerie et haute complication dans une chorégraphie fascinante.





Avec Atelier des Établisseurs, Audemars Piguet affirme une vision rare : celle d’une horlogerie moins industrielle, plus incarnée, où la mémoire des gestes devient moteur d’innovation. Plus qu’une collection, cette initiative dessine une nouvelle cartographie du luxe horloger — plus humaine, plus sensible, profondément ancrée dans la transmission.



