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Tour de France : L’histoire horlogère des montres Tissot, Richard Mille et Tudor

Date : 17 juillet 2026
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Au Tour de France, la lumière n’accroche pas que les vélos : elle capte aussi l’éclat des montres au poignet des coureurs. De Tissot, chronométreur officiel, aux Richard Mille à 300 000 € de Pogačar et Van der Poel, jusqu’à l’audacieuse équipe Tudor Pro Cycling, la haute horlogerie s’est invitée dans le peloton. Décryptage des plus belles montres du cyclisme et de leurs partenariats.

Le cyclisme est l’un des sports les plus obsédés par le poids. On perce les porte-bidons pour économiser quelques grammes, on pèse les vélos au gramme près, on traque la moindre résistance. Et pourtant, ce même sport envoie désormais ses plus grandes stars à l’assaut du Tourmalet avec, au poignet, des montres valant plus cher qu’une maison. Cette contradiction résume à elle seule le mariage improbable, mais bien réel, entre la haute horlogerie et le Tour de France. Tour d’horizon des garde-temps les plus remarquables du peloton et des partenariats qui les font briller. Retrouver dans cet article toute l’histoire des montres cyclistes Tour de France.

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montres cyclistes Tour de France : Richard Mille
Tadej Pogačar ©Richard Mille

Tissot, le gardien du temps de la Grande Boucle

Impossible de parler de montres cyclistes Tour de France sans commencer par le chronométreur officiel. Depuis 2016, Tissot occupe ce rôle prestigieux, et la maison suisse ne le doit pas au hasard. Le lien entre Tissot et le cyclisme s’est tissé naturellement avant de prendre une tournure officielle dans les années 1980, lorsque la marque assure pour la première fois le chronométrage du Tour de France, entre 1988 et 1992, un partenariat avec A.S.O. renforcé en 2016.

L’engagement de Tissot dans le vélo dépasse largement le Tour. Le cyclisme est l’un des sports dans lesquels Tissot est le plus impliqué, la marque s’associant depuis plus de cinquante ans à diverses épreuves cyclistes, dont la mythique Vuelta dont elle chronomètre les étapes. Précision helvétique oblige, le dispositif technique déployé sur la course est impressionnant : des caméras haute vitesse capables de prendre 10 000 images par seconde sont braquées sur les lignes d’arrivée de chaque étape, avec huit chronométreurs installés sur les 21 étapes et une dizaine de techniciens supplémentaires pour les contre-la-montre.

Chaque année, Tissot accompagne son rôle de chronométreur d’une montre en édition spéciale. Pour 2025, la marque a présenté la PR 100 Tour de France, une édition limitée abordable. Réputée pour sa robustesse et son design minimaliste, elle arbore un cadran noir grainé « asphalte », une aiguille des secondes jaune en forme de roue de vélo et un bracelet inspiré de l’esthétique du Tour. Pour l’édition 2026, Tissot poursuit sur sa lancée : la PR 100 Tour de France 2026 est commercialisée au tarif public conseillé de 475 euros et livrée dans un coffret officiel comprenant un bracelet textile et un bracelet supplémentaire.

Le directeur du Tour lui-même salue ce compagnonnage. Christian Prudhomme souligne que l’histoire du Tour de France est jonchée d’exploits joués pour une poignée de secondes, voire de millièmes, et que l’expertise de Tissot constitue une richesse et un atout pour le chronométrage de ses épreuves.

Petit détail savoureux pour les amateurs d’histoire : Tissot n’est que le troisième chronométreur officiel de l’épreuve depuis l’après-guerre. Le Tour de France a été mesuré par trois chronométreurs officiels depuis 1947 : Longines de 1947 à 1982, puis Festina de 1992 à 2016, et enfin Tissot depuis 2016. Une continuité helvétique presque parfaite, puisque le Swatch Group, propriétaire à la fois de Tissot et de Longines, chronomètre la Grande Boucle par intermittence depuis près de soixante-dix ans.

Tissot, partenaire et chronométreur officiel du Tour de France

Montres cyclistes Tour de France : Richard Mille et ses modèles à 300 000 euros

Si Tissot mesure le temps, une autre marque le porte au poignet des coureurs, et pas n’importe comment. Richard Mille s’est imposée comme la présence horlogère la plus spectaculaire du peloton moderne, portée par deux ambassadeurs qui dominent le cyclisme mondial.

Le modèle phare de cette incursion est la RM 67-02 Automatic Extra Flat, un objet qui semble avoir été conçu pour défier les lois de la pesanteur cycliste. Pesant seulement 32 grammes, cette montre est fabriquée à partir de matériaux composites TPT®, d’un boîtier en titane grade 5 et d’un bracelet élastique ultraléger. Son prix ? Les estimations situent régulièrement la RM 67-02 dans une fourchette de 300 000 à 500 000 dollars selon les modèles.

Tadej Pogačar est le visage le plus emblématique de ce partenariat. Le Slovène, coureur de grands tours le plus dominant de sa génération et champion du monde sur route en titre, a officialisé fin juin 2026 un contrat de sponsoring individuel avec Richard Mille, distinct de la relation antérieure au niveau de son équipe. La marque suisse s’affiche d’ailleurs jusque sur son vélo : au-delà du poignet, le nom de l’horloger est apposé directement sur la potence de sa monture, une forme de placement de produit inédite dans le cyclisme.

Mathieu van der Poel complète ce duo de choc. Le Néerlandais a signé un accord pour courir avec la RM 67-02 Automatic Extra Flat, rejoignant un cercle restreint de cyclistes ayant porté des Richard Mille aux côtés de Mark Cavendish, Julian Alaphilippe et Tadej Pogačar. Un running gag circule d’ailleurs à ce sujet : sur le Tour de France 2021, alors qu’il portait le maillot jaune, Van der Poel avait plaisanté sur le fait qu’il était le seul leader de classement à ne pas posséder une telle montre, Alaphilippe et Pogačar arborant les leurs avec les maillots vert et blanc.

Ces montres ne sont pas de simples bijoux de parade : elles affrontent l’enfer. Pogačar et Van der Poel ont couru avec la RM 67-02 lors d’épreuves comme Paris-Roubaix, où le Slovène a chuté sur un secteur pavé à 35 km de l’arrivée en 2025, la montre lui entaillant la peau, tandis que Van der Poel remportait cette même édition en portant le même modèle. L’image d’une montre à plusieurs centaines de milliers d’euros couverte de boue et de sang dans l’Enfer du Nord résume à elle seule l’absurdité magnifique de ce mariage.

L’intérêt d’un tel partenariat est purement économique et parfaitement calculé : une Richard Mille visible au poignet d’un coureur pendant trois semaines de gros plans télévisés vaut, en exposition médiatique, bien plus que son prix de vente. Et comme la montre ne pèse quasiment rien grâce à ses matériaux issus de l’aérospatiale, le coût en performance est proche de zéro.

La logique de couverture est limpide. Le trio Pogačar, Van der Poel et Cavendish offre à Richard Mille une présence sur toutes les grandes disciplines : le premier domine les grands tours, le deuxième détient le titre mondial de cyclo-cross et figure parmi les meilleurs des classiques, et le troisième détient le record de victoires d’étapes sur le Tour avec 35 succès.

montres cyclistes Tour de France : Richard Mille et Mark Cavendish
Mark Cavendish ©Richard Mille

Tudor Pro Cycling : le pari fou de Fabian Cancellara

C’est peut-être l’histoire la plus fascinante de toutes, parce qu’elle inverse la logique habituelle. Là où les autres marques payent un champion pour porter leur produit le temps d’une photo, Tudor a fait tout le contraire : elle a construit une équipe : la Tudor Pro Cycling.

L’aventure est née de la vision d’un homme, Fabian Cancellara. Le Suisse, double champion olympique du contre-la-montre, quadruple champion du monde de la spécialité, vainqueur de sept classiques monuments (Roubaix, Flandres, San Remo), s’est lancé après sa retraite en 2016 dans un nouveau projet. Cancellara a pris possession de l’équipe et s’est associé au manufacturier suisse Tudor pour la sponsoriser.

montres cyclistes Tour de France : TUDOR Pro Cycling Team
©Tudor Pro Cycling Team

Ce qui rend cette équipe unique, c’est justement son caractère inédit dans l’histoire de l’horlogerie. Tudor est la seule marque de montres à avoir apposé son nom sur le maillot d’une équipe cycliste professionnelle. Fondée par le double champion olympique du contre-la-montre Fabian Cancellara, Tudor Pro Cycling a progressé avec une vitesse remarquable : après une première année couronnée de succès en catégorie Continental avec plusieurs victoires et podiums, l’équipe a accédé au statut ProTeam dès sa deuxième année d’existence, lui permettant de participer aux courses les plus prestigieuses du monde. La marque a obtenu une licence UCI ProTeam pour la saison 2023, et l’équipe a fait ses débuts sur le Tour de France en 2025 avant de décrocher des invitations automatiques au WorldTour pour 2026.

montres cyclistes Tour de France : TUDOR Pro Cycling Team
©Tudor Pro Cycling Team

Comme le résume la marque, elle est la seule à être réellement dans le sport, avec des coureurs sur la feuille de départ, un bus dans le parking et un ancien champion du monde à la tête de l’opération. Et l’effectif n’a rien d’anecdotique. L’équipe compte parmi ses coureurs clés Julian Alaphilippe, l’ancien détenteur du maillot arc-en-ciel vainqueur de Milan-San Remo, le rouleur Stefan Küng, Michael Storer et Luca Mozzato. Des représentants de choix qui portent les montres cyclistes Tour de France les plus prisées des amoureux de sport et d’horlogerie.

montres cyclistes Tour de France : TUDOR Pro Cycling Team
©Tudor Pro Cycling Team

La philosophie de Tudor Pro Cycling repose sur une approche radicalement différente. Au cœur du projet se trouve une vision centrée sur l’humain, appliquée à un sport connu pour ses défis physiques et psychologiques impitoyables. Tudor et Cancellara ont construit une équipe motivée par la volonté de se dépasser chaque jour, de surmonter ses peurs et d’oser dépasser ses limites perçues. La performance demeure la mesure ultime du succès, mais la manière dont on atteint la ligne d’arrivée compte tout autant que le moment où on l’atteint. Guidée par Cancellara, l’équipe développe constamment un roster de cyclistes talentueux incarnant ces idéaux, ces valeurs partagées et cet esprit d’équipe.

Les maillots noirs élégants de l’équipe sont ornés de simples écussons rouges Tudor à l’avant et à l’arrière, mettant l’accent sur les athlètes eux-mêmes, leur quête de succès et la route qui s’étend devant eux. L’équipement technique repose sur l’expertise de sociétés cyclistes suisses, notamment le partenaire technique principal BMC (vélos premium). Depuis 2025, Oakley et Red Bull Switzerland se sont joints à BMC comme partenaires principaux, fournissant équipement et savoir-faire à la mission. Parallèlement, Tudor Pro Cycling maintient une structure de développement continentale — Tudor Pro Cycling Team U23 — destinée à identifier et développer la prochaine génération de cyclistes.

montres cyclistes Tour de France : TUDOR Pro Cycling Team
©Tudor Pro Cycling Team

Côté montres, l’équipe bénéficie d’un privilège rare : un modèle exclusif. Depuis ses débuts, Tudor Pro Cycling porte une version spéciale de la Black Bay Chrono, réservée à l’équipe et introuvable dans le commerce. Cette version 41 mm à boîtier acier noir, cadran noir et bracelet NATO noir et rouge est exclusive à l’équipe et n’est pas commercialisée.

Pour Cancellara, ces garde-temps ont une valeur qui dépasse le simple objet. « Chaque montre a quelque chose de spécial. Ce n’est pas juste une montre, il y a toujours une signification derrière », confie-t-il, se disant davantage attiré par l’histoire qu’une montre raconte que par son design.

En 2026, la marque a dévoilé une pièce qui a électrisé aussi bien les amateurs de vélo que les collectionneurs : la Black Bay Chrono 39 « Bumblebee ». Cette référence 79310N est un chronographe de 39 mm à cadran jaune, animé par le mouvement MT5813 certifié COSC avec 70 heures de réserve de marche, proposé au prix de 6 150 euros. Ses dimensions ont été pensées pour le poignet d’un cycliste : avec un diamètre ramené de 41 à 39 mm, une épaisseur réduite de 14,2 à 13,1 mm et une distance entre cornes de 47 mm, elle se glisse enfin sous une manchette de maillot sans encombre. Son cadran jaune mat évoque évidemment le maillot jaune d’une après-midi de juillet, avec compteurs noirs, aiguilles Snowflake noircies et lunette tachymétrique.

Tudor Blakc Bay Chrono 39 "Bumblebee"
©Tudor

Montres cyclistes Tour de France : Aux origines, McLaren et l’entrée de Richard Mille dans le vélo

L’histoire de Richard Mille dans le cyclisme ne commence pas avec Pogačar. Elle démarre plus tôt, par une porte d’entrée différente mais pas incohérente : le sport automobile. Lancé en 2016 et conclu pour dix ans, le partenariat entre Richard Mille et McLaren a d’abord donné naissance à des montres d’exception portées notamment par le champion du monde en titre Lando Norris.

Richard Mille RM 67-02 McLaren
©Richard Mille

La collaboration s’est ensuite étendue au cyclisme via l’équipe Bahrain McLaren, première incursion officielle de Richard Mille dans ce sport. La marque avait alors présenté la RM 67-02 comme un prototype destiné aux poignets des coureurs, une pièce alliant beauté et excellence technique dans un environnement idéal pour tester des matériaux d’exception.

montres cyclistes Tour de France : Bahrain McLaren Team
©Bahrain McLaren / L’Equipe

Montres cyclistes Tour de France : Pourquoi une telle course à l’horlogerie ?

Derrière ces images spectaculaires se cache une évolution profonde du cyclisme professionnel. Le sport, longtemps associé aux compteurs à fil et aux montres GPS à quelques centaines d’euros, est entré dans une ère où le placement de produit de luxe fait partie du paysage. Les sponsors, qu’il s’agisse de marques horlogères ou d’autres secteurs, restent le poumon financier des équipes. Les équipes fondent leur existence sur l’argent qu’apportent les noms ornant leurs maillots, tandis que les entreprises espèrent gagner en visibilité et se faire une place dans leur secteur ; les montres figurent d’ailleurs depuis longtemps parmi les marques associées au cyclisme.

montres cyclistes Tour de France : Tadej Pogačar
Tadej Pogačar

Reste que toutes les marques ne jouent pas le même jeu. Il existe une distinction fondamentale entre celles qui chronomètrent la course (Tissot), celles qui payent des coureurs pour porter leurs produits le temps d’une photo (Richard Mille), et celle qui a choisi d’investir directement dans le sport en montant sa propre équipe (Tudor). Trois approches, trois philosophies, mais un même constat : au Tour de France, le temps ne se mesure plus seulement en secondes. Il se porte au poignet, et il vaut de l’or.

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