La Coupe du Monde 2026 s’est installée aux États-Unis avec le bruit et la lumière qu’on lui connaît. Dans cet environnement saturé de spectacle et de compétition, une initiative a choisi de poser une question différente, plus lente, plus précise, plus exigeante. Que se passe-t-il si on prend l’objet le plus universel du sport le plus universel du monde, et qu’on en fait le vecteur d’une transformation concrète ? La IMAZ Foundation, fondée par Sami Deller, y répond avec « Chapter One », son exposition inaugurale présentée à The Atelier at Ideal Glass Studios à New York, en juin 2026, en plein cœur du mondial.
Jade Matcha Gallery : Un espace de connexion aux autres, au rituel et à l’art – Julien Auregan, le show inaugural
Dans le quartier de Saint-Sulpice, au cœur de Saint-Germain-des-Prés, une adresse inédite vient de naître. Jade Matcha Gallery réunit sous un même toit la rigueur du thé cérémoniel japonais et la sensibilité de l’art contemporain. Pour son vernissage inaugural, la galerie accueille les œuvres de Julien Auregan, peintre parisien dont la pratique épouse, à sa manière, cette même attention au geste, à la matière et au temps. Découverte et rencontre.
Là où le rituel devient connexion
À ces lieux dans lesquels demeure cette intention si précise qu’elle se perçoit avant même que l’on ait eu le temps de s’installer. Dès le seuil, l’espace parle : une ligne d’inox traverse la galerie avec une netteté presque chirurgicale, scindant le lieu sans l’amputer, organisant les circulations sans les contraindre. The Great Wall, réalisée par le duo Perron et Frères, Mayeul Reignault et Gérald Perrin, est bien plus qu’un objet décoratif. C’est un axe silencieux autour duquel tout se déploie. L’espace lui-même a été pensé par le studio barcelonais Oficina Satélite, Laia Rafel et Marc Castano Segui, comme une installation pérenne. Pour eux :

« Chaque projet commence par le lieu lui-même, sa mémoire, son atmosphère, son poids culturel. Il y a toujours un dialogue entre le fantasme et la réalité. » Dans le cas de Jade, le défi était d’abord physique : « Nous avons imaginé un seul mur massif capable de concentrer toute la tension structurelle et spatiale dans un geste central unique, permettant au reste de l’espace de rester libéré, presque impondérable. »
Ce mur ne ferme pas, il fragmente la perception, réfléchit, laisse voir et simultanément empêche de tout voir. « Il y a toujours une ambiguïté contrôlée », disent-ils.
Ce qui rend cet espace particulièrement juste, c’est que la ville ne disparaît jamais de la vue. Les miroirs glissés dans la composition ramènent Paris au visiteur en boucle, empêchant toute sensation d’enfermement.
« D’une certaine façon, l’espace vous repousse constamment vers la rue, vers la vie de la ville », expliquent les architectes. « Nous voulions construire un espace qui soit à la fois intime et ouvert. » Et au fond de la galerie, la présence de l’église voisine n’a pas été ignorée, elle a été cadrée, presque convoquée. « L’architecture peut offrir l’opportunité de regarder quelque chose de familier, comme une église, avec des yeux entièrement nouveaux. »
Le design y est minimaliste, industriel, sans jamais verser dans la froideur. On y ressent au contraire quelque chose de presque méditatif : cette qualité rare d’un lieu qui sait se taire pour laisser parler ce qu’il contient et ce qui l’entoure.

Le matcha comme langage
Au cœur de l’identité de Jade : un thé matcha de grade cérémoniel, sourcé exclusivement dans la région de Shizuoka, récolté lors de la première pression et moulu sur pierre. La pureté chromatique du poudrage, la finesse de sa texture, l’intensité de ses notes végétales, tout ici est affaire de sélection rigoureuse et de traçabilité absolue.

La carte s’articule autour de deux pôles complémentaires : la ligne classique, servie dans la plus pure tradition pour les puristes, et sept créations signatures élaborées in-house à partir d’ingrédients naturels. Des assemblages qui ne trahissent pas la matière première mais l’amplifient, lui ouvrant de nouveaux territoires sensoriels : Vanilla Glow (vanille Bourbon), Hibiscus Mint (menthe poivrée historique), Smoked Hazelnut, Dulce de Leche, Raspberry Ice, Cinnamon Honey (miel de cannelle) ou Coco Matcha Bliss.
La dégustation peut être enrichie de compléments biologiques ciblés, collagène Sesen, Lion’s Mane, protéine, qui ancrent l’expérience dans une dimension bien-être sans jamais la réduire à cela. Jade ne cherche pas à médicaliser le matcha. Il lui offre simplement un cadre à la hauteur de ce qu’il est : un rituel, au sens plein du terme.
Les céramiques de Noémie Hiddam Hosoi participent à cet ensemble avec la même exigence : chaque pièce engage un rapport précis à la matière, où la main et le temps occupent une place centrale. Boire dans ces tasses, c’est déjà entrer dans l’œuvre.

Julien Auregan : La mémoire du faire
Il y a, dans la peinture de Julien Auregan, quelque chose qui précède le regard. Une présence qui s’installe avant même que l’œil ait commencé à lire, dense, silencieuse, irrévocable. Né en 1989, vivant et travaillant à Paris, Auregan construit une œuvre à la lisière de toutes les appartenances, mobile et souveraine.

Sa pratique procède de la logique du collage, non comme procédé décoratif, mais comme méthode de pensée. Marques, matières, processus s’y confrontent, cherchant chacun leur fonction dans l’économie singulière de chaque image. Ce n’est pas l’unité qui est visée : c’est la juste tension entre des éléments qui se défient mutuellement, et défient ensemble leur rapport au monde.

Les surfaces qu’il présente chez Jade conservent la mémoire du faire : la lenteur du geste, la connaissance intime des matériaux, l’exigence d’un artiste qui ne cesse de questionner le comment et le maintenant. Ce que les surfaces gardent, c’est l’empreinte de ce qui ne se répète pas.

En choisissant Julien Auregan pour son vernissage inaugural, Jade affirme une position : celle d’un espace qui croit que la peinture, dans ce qu’elle a de plus vivant, n’est ni tradition figée ni rupture performative, mais mémoire en mouvement, matière en devenir, ce même rapport au temps lent que réclame le geste du thé.



























