Il y a des retours que l’industrie horlogère attendait sans vraiment savoir quelle forme ils prendraient. Depuis son départ d’Audemars Piguet fin 2023, après douze ans à la tête d’une manufacture dont il avait fait passer le chiffre d’affaires annuel de 500 millions à plus de 2 milliards de francs suisses, François-Henri Bennahmias avait laissé circuler les rumeurs sans les alimenter. Le 1er juillet 2026, depuis les bureaux de sa holding The Honourable Merchants Group à Nyon, il a mis fin à deux ans et demi de spéculations avec une annonce aussi attendue que son contenu restait une surprise : N3W5 (prononcé « news »), sa propre maison horlogère, créée ex nihilo, financée à hauteur de 30 millions de francs suisses et dont la première collection sera présentée fin 2027 à la Dubai Watch Week.
Wimbledon 2026 : Les plus belles montres des tribunes
Le tournoi de tennis le plus élégant du monde est aussi le meilleur observatoire horloger de l’année. Si le Met Gala est le grand défilé mode du calendrier, et Bâle le moment de vérité de l’horlogerie, Wimbledon occupe une position singulière et moins commentée : celle d’un observatoire naturel des montres que les gens portent vraiment, non pas pour être photographiés, mais parce qu’ils les aiment. Le dress code strict de l’All England Lawn Tennis Club impose aux tribunes une certaine sobriété vestimentaire qui a cet effet inattendu : il met les poignets en vedette. Et ceux qui s’y montrent en 2026 disent quelque chose d’intéressant sur l’état du goût horloger.
Richard E. Grant et le double-wristing comme philosophie
L’acteur de Saltburn a pris la décision la plus courageuse de la semaine : porter deux montres simultanément. Au poignet droit, un Santos de Cartier deux tons avec boîtier et bracelet en acier et lunette en or jaune, le cadran opalin argenté avec sa piste minute chemin de fer, ses chiffres romains et ses aiguilles en acier bleui. Au poignet gauche, une Navitimer Breitling deux tons reçue en cadeau de feu son père. La juxtaposition dit quelque chose d’immédiatement lisible : d’un côté, le geste social et l’élégance assumée, de l’autre, la mémoire privée et l’objet sentimental. Les deux cohabitent sans ironie.



