Gonçalo Pessoa avait été amené à Comporta par un ami, il y a vingt-cinq ans. Ce pilote de TAP Air Portugal s’était laissé convaincre par un proche d’aller voir cette station balnéaire assoupie à une heure au sud de Lisbonne. Il n’en est jamais vraiment reparti. « C’était l’anti-Algarve », dira-t-il plus tard. « Le contraire absolu : intact, sauvage. La nature dans son état le plus simple, l’authenticité à l’état pur. » En 2014, il ouvrait le Sublime Comporta, et contribuait à transformer cette enclave confidentielle en destination internationale de premier plan. Le 1er mai 2026, il tourne une nouvelle page : Sublime Sand ouvre ses portes face à l’hôtel original, trois fois plus grand, posé sur 51 hectares de pinèdes et de rizières atlantiques, avec 43 villas privées et huit concepts de restauration.
Amansanu : Un première retraite Texane signée Aman
Au coeur du territoire texan, il y a quelque chose d’indompté qui résiste, depuis toujours, à la domestication du luxe. Ces collines calcaires, ces canyons creusés par des millénaires de vent et d’eau, ces criques qui serpentent entre les herbes hautes : le Hill Country, au nord-ouest d’Austin, n’appartient pas à ces paysages dociles. C’est précisément pour cela qu’Aman y a choisi d’implanter son sixième établissement américain. Annoncé le 23 avril 2026, Amansanu marquera l’entrée de la marque dans un territoire jusqu’ici inexploré par l’hôtellerie de pointe : celui du ranch de luxe contemporain.
Le nom lui-même dit tout. Amansanu, tiré du sanskrit, signifie « sommet paisible ». Et c’est bien de cela qu’il s’agit : d’une élévation, d’un retrait dans la nature sauvage sans jamais renoncer à la plénitude du confort. Le projet confié au cabinet d’architecture Olson Kundig, dont la signature est reconnaissable entre toutes pour son dialogue respectueux avec le paysage, dessinera des pavillons indépendants épousant les courbes du terrain, cadrés sur les vallées et les ravins qui se déploient à perte de vue. Aucune structure ne cherchera à dominer le site. Toutes, au contraire, sembleront s’y glisser avec la discrétion des choses nécessaires.

L’offre comprendra un Main Lodge, plusieurs restaurants, un vaste Aman Spa and Wellness Centre en bordure d’un cours d’eau naturel, des courts de sports de raquette et de nombreux sentiers de randonnée balisés dans le paysage environnant. Mais la véritable nouveauté, celle qui distingue Amansanu de toutes les propriétés précédentes du groupe, réside dans ses écuries. Pour la première fois dans l’histoire de la marque, Aman proposera des étables entièrement aménagées et dotées des services de la maison. Le cheval, animal fondateur de l’identité texane, entre ainsi dans l’univers Aman avec toute la noblesse qu’il mérite.
À moins de quatre-vingt-dix minutes d’Austin en voiture, Amansanu jouera sur cette tension caractéristique de la philosophie Aman : être simultanément inaccessible et accessible, retranché du monde sans jamais en être coupé. Les résidences de marque, qui complèteront l’offre hôtelière, proposeront des maisons de quatre à huit chambres sur des parcelles privatives d’au moins dix acres, avec piscines et terrasses ouvertes sur l’horizon. Chaque vue, précise la marque, a été pensée pour offrir un sentiment de solitude totale malgré la proximité d’une capitale en plein essor.

Vlad Doronin, président-directeur général d’Aman Group, a commenté cet ancrage texan avec sa précision habituelle : le Hill Country, dit-il, partage avec la philosophie Aman un esprit d’indépendance et une beauté naturelle qui se suffisent à eux-mêmes. Amansanu rejoindra un portefeuille américain déjà dense, aux côtés d’Amangiri dans l’Utah, d’Amangani dans le Wyoming et d’Aman New York, avant les ouvertures à venir d’Aman Beverly Hills, Aman Miami Beach et Amanvari sur la côte est du Mexique. Aucune date d’ouverture n’a encore été communiquée, mais le simple fait de l’annonce suffit à dessiner une promesse : celle d’un Grand Ouest revu à l’aune d’une maison qui n’a jamais fait de la précipitation une vertu.


