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Les yachts des pilotes de Formule 1 : Leclerc, Hamilton, Verstappen, Russell, Alsonso et la famille Stroll

Date : 18 juillet 2026
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Cent quarante-deux places pour plus de deux cents demandes : chaque mois de mai, Port Hercule devient le mouillage le plus disputé du monde. Derrière les coques laquées, une poignée de pilotes de Formule 1 possèdent leur propre bateau. De la fidélité de Charles Leclerc à Riva au catamaran solaire de Fernando Alonso, en passant par le Mangusta de Max Verstappen, voici ce que ces yachts racontent de leurs propriétaires.

Cent quarante-deux places. Plus de deux cents demandes. Chaque année, à la mi-mai, Port Hercule devient le mouillage le plus disputé de la planète, et une poignée de pilotes de Formule 1 y possèdent leur propre bateau. Non pas affrété pour le week-end, non pas prêté par un sponsor : acheté, immatriculé, amarré à l’année. Derrière les coques laquées et les ponts en teck se cache une histoire plus intéressante qu’il n’y paraît, celle d’hommes payés pour aller vite et qui, une fois le casque retiré, ne choisissent pas tous la vitesse. Découvrez dans cet article les yachts pilotes Formule 1, de Charles Leclerc en passant par Lewis Hamilton ou encore la famille Stroll.

yachts pilotes Formule 1 : Port Hercule

Yachts pilotes Formule 1 : Monaco, ou la géographie d’une passion

Il faut d’abord comprendre pourquoi le yachting et la Formule 1 se sont trouvés. La réponse tient en un mot : résidence. La majorité des pilotes du plateau vit à Monaco ou sur la Riviera, pour des raisons fiscales autant que pratiques, et le Rocher offre une configuration unique au monde. Un port en eau profonde au centre-ville, un climat clément neuf mois par an, et l’accès direct à Cannes, Saint-Tropez, la Corse ou la côte italienne en quelques heures de navigation.

Le calendrier fait le reste. Entre deux Grands Prix, la fenêtre libre dépasse rarement dix jours. Un bateau amarré à cinq minutes de chez soi devient alors une maison secondaire qui se déplace, un espace privé impossible à obtenir dans une principauté de deux kilomètres carrés où le moindre appartement avec vue coûte une fortune. Amarrer un yacht de vingt mètres à l’année à Monaco revient à environ 25 000 à 35 000 euros, avec des listes d’attente interminables et une priorité donnée aux résidents.

Puis vient la semaine du Grand Prix, et tout change d’échelle. Selon les chiffres relevés lors de la 83e édition, chaque bateau paie entre 10 000 et 158 000 euros de frais d’amarrage selon sa taille et sa position dans le port. Le tarif Grand Prix s’applique du lundi précédant la course au lundi suivant, et n’importe quel mouillage dans Port Hercule durant cette fenêtre le déclenche automatiquement. Une place quai des États-Unis, en première ligne face au circuit, se négocie autour de 130 000 euros pour la semaine. L’équivalent de trois mois d’amarrage en haute saison classique.

yachts pilotes Formule 1 : Yacht Monaco

Charles Leclerc et la fidélité à Riva

C’est probablement l’histoire la plus cohérente du plateau, avec une actualité riche parmi les yachts pilotes Formule 1. Monégasque, né à quelques centaines de mètres du port, pilote Ferrari, Charles Leclerc collectionne les Riva comme d’autres collectionnent les montres. Le 48 Dolceriva Monza, le 82 Diva rebaptisé L’As Bleu, le 66 Ribelle. Une constance rare.

Le 7 mai 2026, quelques jours après un Grand Prix de Miami décevant, il est monté à La Spezia récupérer sa dernière acquisition. Le chantier Riva, marque du groupe Ferretti, y a lancé la vingtième unité de sa série 102′ Corsaro Super, un bateau de 30,2 mètres baptisé Sedici. Sedici, seize en italien, le numéro de course de Leclerc. Sa femme Alexandra était présente pour briser la bouteille de champagne sur l’étrave avant le voyage inaugural.

yachts pilotes Formule 1 : Charles et Alexandra Leclerc inaugurant le 102' Corsaro Super "Sedici Yacht"

Le bateau est estimé autour de treize millions de dollars, et son intérieur en dit long sur la manière dont on personnalise un yacht en 2026. Mobilier Minotti à l’extérieur, coussins en soie Jim Thompson, aménagements intérieurs Poliform, arts de la table Christofle, linge Frette et système audio Bang & Olufsen conçu sur mesure. Sur le flybridge, Leclerc a fait installer un bar avec grill surdimensionné, plaque à induction, deux réfrigérateurs et une machine à glaçons. La salle de bains de la suite propriétaire est habillée de marbre Calacatta Vagli Oro poli.

Sous le pont, la mécanique n’a rien d’anecdotique. Deux moteurs MTU 16V 2000 M96L, une vitesse de croisière de 24 nœuds et une pointe à 28 nœuds, complétés par des interceptors Hydrotab, des ailerons Sleipner Vector Fins et des stabilisateurs gyroscopiques Seakeeper pour limiter le roulis au mouillage comme en navigation.

Ce choix n’est pas anodin. Riva est partenaire officiel de la Scuderia, et le lien entre les deux maisons remonte loin : Piero Ferrari, fils d’Enzo, a longtemps siégé au comité stratégique produit du groupe Ferretti. Dans les années 1990, le chantier avait même produit une série limitée de Riva Ferrari 32, rouge signature et V8 de 390 chevaux.

Pour en découvrir davantage ➡️ Sedici Yacht, le superyacht Riva à 13 millions d’euros acquis par Charles et Alexandra Leclerc

yachts pilotes Formule 1 : Charles et le 102' Corsaro Super "Sedici Yacht"

Max Verstappen, la puissance assumée

Le contraste est saisissant. Là où Leclerc cultive l’élégance italienne, Max Verstappen a choisi la démonstration.

Le neuvième exemplaire du Mangusta GranSport 33 a été lancé le 14 janvier 2025 au chantier Overmarine de Viareggio, quelques semaines après son quatrième titre consécutif. Le Néerlandais l’a baptisé Unleash the Lion, en écho direct à sa marque de produits dérivés. Il avait passé commande deux ans plus tôt, et le chiffre 33 du modèle correspond à son numéro de course habituel, celui qu’il ne troque contre le 1 que lorsqu’il défend son titre. Coût estimé : quinze millions de dollars.

Le lancement à Viareggio fut délibérément discret, avec des consignes de silence données au personnel du chantier et des mesures de sécurité renforcées. Une pudeur qui n’a pas duré. Amarré à Monaco, le bateau affiche « UNLEASH THE LION » en lettres argentées brillantes sur son tableau arrière, avec le lion stylisé de Verstappen au centre, et un port d’attache indiqué à La Valette, Malte. Coque gris anthracite, vitres teintées, touches de teck sur la plateforme de bain.

yachts pilotes Formule 1 : Max Verstappen et son yacht "Unleash the Lion"

Techniquement, le GranSport 33 est intéressant. Il fait partie des premières unités de cette taille propulsées par le système Volvo Penta IPS1350, qui offre 26 nœuds en pointe avec une consommation réduite et une meilleure manœuvrabilité. L’extérieur est signé Alberto Mancini d’AM Yacht Design, et le pont avant surélevé, accessible depuis le sundeck, réunit un bain de soleil, une banquette et un jacuzzi. Cinq cabines réparties sur deux ponts, avec une suite propriétaire de 40 mètres carrés à l’avant du pont principal. Douze invités, cinq membres d’équipage.

L’entretien annuel avoisinerait le million de dollars. Pour en découvrir davantage ➡️ Unleash the Lion : Max Verstappen fait son entrée à Monaco à bord du puissant Mangusta GranSport 33

yachts pilotes Formule 1 : Unleash the Lion par Max Verstappen

Fernando Alonso, le contre-pied électrique

Voilà le choix qui bouscule le plus les attentes. Le double champion du monde, l’un des pilotes les plus agressifs de sa génération, a opté pour un catamaran solaire de dix-huit mètres qui avance en silence. Un incontournable des yachts pilotes Formule 1.

Le contrat de construction du 60 Sunreef Power Eco a été signé le 1er septembre 2021 au Yacht Club de Monaco, entre Alonso et Francis Lapp, fondateur du chantier polonais. Alonso a commandé la coque numéro un du modèle et s’est impliqué de près dans la construction, multipliant les visites au chantier de Gdansk. Livraison en 2023.

La technologie est le cœur du sujet. Le catamaran est équipé de moteurs électriques, d’un parc de batteries ultralégères et d’un système photovoltaïque couvrant jusqu’à 68,6 mètres carrés de sa surface, capable de générer 13 kWc d’énergie verte. Les intérieurs sont finis en matériaux durables. Sunreef appelle ce dispositif la « solar skin » : des panneaux intégrés directement aux coques, à la superstructure et au hard top, sans surépaisseur visible.

yachts pilotes Formule 1 : Fernando Alonso et le 60 Sunreef Power Eco

Alonso a résumé sa philosophie de manière limpide. Il voulait voyager dans le silence total, sans fumée ni vibrations, et considère que le yachting ne devrait pas être une affaire d’ego, mais de bons moments partagés et de respect de l’environnement. Ailleurs, il a décrit ce que le bateau lui apporte : à bord du catamaran, tout est à l’opposé de sa vie de pilote, il ralentit et vit au ralenti.

Il n’est pas seul sur ce terrain. Les ambassadeurs de Sunreef comptent Rafael Nadal, l’explorateur Mike Horn et Nico Rosberg, ce dernier ayant fait de la durabilité sa seconde carrière. Son Sunreef 80 Eco embarque batteries lithium, éoliennes et la même solar skin intégrée aux surfaces extérieures.

Pour en découvrir davantage ➡️ 60 Sunreef Power Eco : Le yacht écologique et personnalisable

George Russell, le pur-sang de Mondolfo

Le Britannique a suivi une logique différente, plus proche de son métier. Il a acheté un Pershing 6X, dévoilé lors du quarantième anniversaire du chantier à Capri. Le montant n’a jamais été confirmé par Ferretti, et les estimations de presse varient de 2,8 à 3,6 millions ; sur le marché, ce modèle de 18 mètres se négocie entre 1,7 et 2,5 millions d’euros selon le millésime et les options.

yachts pilotes Formule 1 : Georges Russell et le Pershing 6X

Ce bateau de 62 pieds est propulsé par deux MAN V12 de 1 550 chevaux chacun, pour une vitesse de pointe de 48 nœuds, soit environ 89 km/h. Le poste de pilotage, tendu de cuir et équipé d’écrans de navigation avancés, ne dépareillerait pas dans un simulateur de Formule 1. La performance vient de deux transmissions de surface Top System à hélices semi-immergées, qui lui permettent de rejoindre le sud de la France, l’Italie ou la Corse en quelques heures.

Russell a lui-même décrit la sensation : conduire ce bateau ressemblerait à piloter une F1, mais sur l’eau. C’est le plus rapide de tous les yachts de pilotes, et de loin.

Lewis Hamilton, la constance discrète

Sept titres mondiaux, et le même bateau depuis dix-sept ans. Hamilton a pris possession de son Sunseeker 90 en 2009 pour environ quatre millions de dollars, et le garde à Port Hercule toute l’année. Le bateau mesure 91,9 pieds, dispose de boiseries en noyer américain, d’une cuisine de chef professionnelle et d’un système de divertissement complet. Huit invités, une carène planante capable de 30 nœuds.

yachts pilotes Formule 1 : Lewis Hamilton et le Sunseeker 90

Ce qui est notable, c’est l’absence d’escalade. Hamilton n’a jamais cherché le mètre supplémentaire. Quand il veut plus grand, il affrète. On l’a vu à bord du Severin’s, un Baglietto de 55 mètres, pendant la semaine du Grand Prix, une pratique qui reflète une tendance croissante chez les grandes fortunes préférant la flexibilité de l’affrètement à l’engagement de la propriété. Lando Norris avait fait de même en 2025 en s’installant à bord du Coral Ocean, un Lürssen de 72,6 mètres dessiné par Jon Bannenberg, lancé en 1994 et refit en 2022.

Yachts pilotes Formule 1 : La démesure vient d’ailleurs

Un point mérite d’être posé clairement, parce que la presse l’oublie souvent : les vrais mastodontes de Port Hercule n’appartiennent pas aux pilotes. Ils appartiennent aux patrons.

Lawrence Stroll, propriétaire de l’écurie Aston Martin et père de Lance Stroll, a réceptionné en 2025 un Feadship de 80 mètres baptisé Faith, en remplacement de son précédent Feadship de 100 mètres rebaptisé Sophia. Ce choix de réduire la taille s’expliquait par les limitations d’accès aux marinas plus intimes, le nouveau bateau conservant tout de même un volume de 2 500 tonneaux contre 2 991 pour son prédécesseur. L’ancien Faith a été vendu à Michael Latifi, père de l’ancien pilote Nicholas Latifi. Valeur estimée du nouveau : deux cents millions de dollars.

yachts pilotes Formule 1 : Le Feadship de 80 mètres baptisé Faith appartenant à la famille Stroll

L’écart est vertigineux. Le plus cher des yachts de pilote, celui de Verstappen, représente environ 7 % de la valeur du bateau de Stroll. Un pilote de pointe gagne quelques dizaines de millions par an ; un propriétaire d’écurie est milliardaire. Cette hiérarchie flottante reproduit exactement celle du paddock.

yachts pilotes Formule 1 : Ce que ces bateaux racontent

Regardez la flotte dans son ensemble et un schéma apparaît. Aucun pilote en activité ne possède de superyacht au sens strict, c’est-à-dire au-delà de trente mètres, sauf Verstappen qui atteint tout juste le seuil. Tous restent dans une catégorie de bateaux gérables, avec des équipages de cinq personnes maximum, conçus pour des sorties de quelques jours plutôt que pour des traversées.

C’est logique. Un pilote de Formule 1 n’a pas le temps de traverser l’Atlantique. Il a besoin d’un endroit où disparaître quarante-huit heures entre Barcelone et Montréal, hors de portée des téléphones et des caméras. Le yacht n’est pas ici un objet de collection, c’est un outil de décompression.

Et puis il y a le partage des styles, qui suit assez fidèlement les personnalités. Leclerc choisit la beauté et l’héritage. Verstappen choisit la puissance et l’affirmation. Russell choisit la vitesse pure. Alonso choisit le silence. Hamilton choisit de ne rien changer. Cinq réponses différentes à la même question, posée par cinq hommes qui font le même métier.

En mai prochain, ils seront tous là, alignés le long des mêmes quais, à quelques mètres du rail de sécurité qu’ils frôleront à 280 km/h le dimanche après-midi. C’est peut-être le contraste le plus juste que le sport automobile ait produit : les bateaux les plus calmes du monde, amarrés au circuit le plus nerveux du calendrier.

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