Trois mois après un dévoilement qui lui avait valu les foudres de l’Italie entière, la première Ferrari électrique vient de signer le record mondial pour une voiture neuve vendue aux enchères. Le châssis 0 est parti trente-six fois son estimation, au profit intégral de la Ferrari Foundation, entre les mains d’un collectionneur qui avait déjà raflé la dernière Daytona SP3. Récit d’une réhabilitation en une soirée.
Les 10 Ferrari qui ont forgé la légende
Il existe des catalogues entiers de Ferrari collectionnables, et il existe les modèles qui ont réellement fait basculer quelque chose : une victoire en course qui change la réputation de la marque, une rupture esthétique, un transfert de technologie de la Formule 1 vers la route. Ce classement, chronologique plutôt que hiérarchique, retient dix voitures qui ont chacune, à leur époque, déplacé une ligne, technique, commerciale ou symbolique.
10. Ferrari LaFerrari (2013-2018), la rupture hybride parmi les modèles légendaires Ferrari
Quatre cent quatre-vingt-dix-neuf coupés produits entre 2013 et 2015, puis deux cent dix versions Aperta décapotables entre 2016 et 2018. Le moteur combine un V12 atmosphérique de 6,3 litres et 800 chevaux à un moteur électrique de type KERS de 163 chevaux, pour une puissance cumulée de 963 chevaux et un 0 à 100 km/h en 2,6 secondes.
C’est la première Ferrari hybride de série, et c’est aussi la première Ferrari dessinée entièrement en interne depuis la Dino 308 GT4 de 1973, une rupture avec six décennies de collaboration stylistique avec Pininfarina. Une version Aperta s’est vendue 8,3 millions d’euros lors de la vente « Leggenda e Passione » organisée par RM Sotheby’s à Maranello en mai 2023, un résultat confirmé directement par Ferrari elle-même.

Ce que cette histoire raconte
La légende ne s’est jamais construite sur un seul terrain. La course a fondé la réputation (Testa Rossa, 250 GTO), la culture populaire l’a démultipliée bien au-delà du cercle des amateurs (California Spyder, Testarossa), et le transfert de technologie a fini par justifier le prix (F50, LaFerrari). Aucun de ces leviers, pris isolément, n’aurait suffi.
Le marché de la collection a fini par valider cette hiérarchie, chiffres à l’appui. Entre les 51,7 millions de dollars de la 250 GTO et les tirages de plusieurs milliers d’exemplaires de la Dino ou de la Testarossa, l’écart de valorisation dit moins la qualité intrinsèque des voitures que la rareté et le rôle précis que chacune a joué dans la construction du mythe.
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Prix et résultats d’enchères vérifiés auprès des maisons de vente citées (RM Sotheby’s) et de ferrari.com. Les prix de lancement d’origine, quand ils sont mentionnés, proviennent de recoupements de presse spécialisée et n’ont pas tous pu être confirmés par une source primaire Ferrari.
Sources : ferrari.com, RM Sotheby’s (résultats de vente et communiqués), Hagerty Insider, Forbes, Robb Report, Motor Authority, supercars.net.


