Le 11 juillet 1953, 22 bateaux prenaient le départ au large de Cannes sur un parcours de 196 milles. 17 franchissaient la ligne d’arrivée. Un bateau français remportait la première édition en 31 heures de temps réel. Ce jour-là naissait la Giraglia et ce qui allait devenir, 73 ans plus tard, l’une des régattas offshore les plus respectées de la Méditerranée. En 2026, ce sont plus de 200 bateaux qui ont pris le départ dans le golfe de Saint-Tropez, du 12 au 20 juin, pour la troisième édition consécutive sous le titre sponsorship de Loro Piana.
VMG 53 : Le trimaran offshore né d’une conversation en mer signé Velocity Made Good
Il y a des projets qui naissent dans des salles de conférence. Et il y a ceux qui naissent dans le noir, à quinze miles au large de la Nouvelle-Angleterre, pendant une course offshore difficile, entre deux personnes qui partagent la même conviction que le voilier idéal n’existe pas encore. C’est l’origine exacte du VMG 53, le premier trimaran de Velocity Made Good, nouveau chantier naval new-yorkais dont le nom est lui-même un programme. Velocity Made Good : l’efficacité avec laquelle un voilier convertit sa vitesse en progression réelle vers sa destination. Une formule de navigation qui dit en trois mots ce que Michael Schwartz et Karl Reed ont cherché à construire pendant trois ans au Cap, en Afrique du Sud.

VPLP, le Cap et une conviction partagée
Le VMG 53 Velocity Made Good est un trimaran de 53 pieds (environ 16 mètres) conçu pour les croisières offshore longue distance — pas une machine de course pure, pas un catamaran de charter confortable, mais quelque chose de plus précis et de plus ambitieux : un voilier qui refuse le compromis habituel entre performance, confort et facilité de manœuvre. Pour y arriver, Schwartz et Reed ont constitué une équipe dont la compétence n’est pas négociable. L’architecture navale et l’ingénierie structurelle sont confiées à VPLP Design, le bureau parisien qui compte parmi les références mondiales en multiquelques bien, de la course offshore aux trimarans géants de l’IMOCA jusqu’aux catamarans de croisière. Le design intérieur est signé Christophe Chedal Anglay. L’ingénierie de détail est assurée par Thorne Yacht Design. La construction se déroule dans les ateliers d’Evolution Marine Manufacturing au Cap, Afrique du Sud devenue un centre reconnu pour la construction de multicoque en composites haute performance.
Les deux fondateurs apportent des profils complémentaires qui expliquent comment ce projet est passé du cockpit d’une course offshore à un premier exemplaire en construction. Schwartz possède plus de vingt-cinq ans d’expérience en développement de produit, fabrication et commercialisation à grande échelle dans les secteurs industriel, alimentaire et cycliste. Reed a parcouru plus de 70 000 milles nautiques comme capitaine professionnel, skipper de convoyage et spécialiste du multicoque, formé par la légende sud-africaine de la voile David Immelman au Cap avant de développer une carrière parallèle dans l’entrepreneuriat technologique et la durabilité environnementale. Leur première conversation sur le voilier idéal a pris trois ans pour devenir un premier exemplaire. C’est, dans le monde de la construction navale, une vitesse remarquable.


VMG 53 Velocity Made Good : Un extérieur qui change de couleur et des barres à roue à la proue et à la poupe
Ce qui frappe immédiatement dans le VMG 53, avant même les spécifications techniques, c’est son esthétique. Schwartz la décrit comme « perturbatrice, fonctionnelle et intemporelle », une formulation qui dit les ambitions sans les promettre toutes. Le premier exemplaire arbore une teinte extérieure d’un vert profond qui se transforme en bronze doré selon la lumière et l’angle d’observation, dans une transition chromatique que peu de yachts de cette catégorie ont osé. La silhouette générale est définie par des lignes longues et fluides qui courent de la proue à la poupe sans interruption, dans une cohérence formelle qui rapproche effectivement le bateau d’un objet de design autant que d’un outil nautique. Les barres à roue sont disposées à la fois à la proue et à la poupe, permettant une flexibilité de conduite que le trimaran exploite pour les passages courts-à-bord comme pour les quarts solitaires dans l’offshore. Une annexe en carbone sur mesure, conçue spécifiquement pour accompagner le VMG 53, intègre une protection pare-chocs en liège naturel.


La philosophie VMG : la Velocity Made Good comme architecture de pensée
Ce qui rend ce projet singulier dans un marché du multicoque haut de gamme déjà bien fourni, c’est la cohérence entre le nom, la philosophie et les décisions de conception. Velocity Made Good est un terme de navigation qui mesure l’efficacité réelle d’un voilier par rapport à sa destination, pas sa vitesse brute, pas sa puissance moteur, pas ses performances en régate, mais l’intelligence de sa progression dans des conditions réelles, variables, parfois défavorables. Cette logique d’efficacité traverse toutes les décisions du projet : la construction tout carbone pour minimiser le poids, le double moteur auxiliaire pour maximiser la manœuvrabilité en port et la sécurité dans les calmes équatoriaux, la disposition du cockpit pour permettre la conduite en équipage réduit sur des passages transocéaniques. Le premier exemplaire est actuellement en construction au Cap pour un lancement prévu en décembre 2026 et une livraison en janvier 2027.



