Villa La Gaeta, demeure iconique du lac de Côme immortalisée dans Casino Royale, voit l’un de ses appartements rejoindre le marché immobilier. Niché au sein du domaine privé de cette propriété historique imaginée par les frères Coppedè, ce bien rare conjugue patrimoine architectural, vues sur le lac, plage privée et héritage cinématographique. Une opportunité exceptionnelle au cœur de l’une des adresses les plus convoitées d’Italie.
Pine Heath, Hampstead : Studio Hagen Hall réinvente une maison mid-century sans jamais trahir son âme
La zone de conservation de Hampstead, dans le nord de Londres, est l’un de ces territoires urbains où le temps passe différemment. Les maisons y gardent une mémoire architecturale que d’autres quartiers londoniens ont depuis longtemps perdue sous les couches de rénovations successives. Pine Heath, maison de ville construite à la fin des années 1960 dans le cadre d’une série conçue par l’architecte sud-africain Ted Levy, Benjamin & Partners, est de celles-là. Quand une jeune famille en a pris possession et confié le projet à Studio Hagen Hall, le studio londonien fondé par Louis Hagen-Hall, la commande était formulée avec la précision d’une conviction double : « l’esthétique d’une case-study house californienne, avec la performance d’une maison passive. » Deux exigences qui semblent s’opposer. Le projet prouve qu’elles peuvent se nourrir l’une de l’autre.

© Photo – AD France / Genevieve Lutkin
Studio Hagen Hall Pine Heath : Ted Levy, le pin de Paraná et la direction imposée par l’existant
Ce qui rend le projet Studio Hagen Hall Pine Heath singulier, c’est d’abord une décision de méthode : laisser l’existant dicter la direction avant de l’amender. La cage d’escalier centrale de Pine Heath, habillée de pin de Paraná, une essence aujourd’hui considérée comme menacée et le plafond à tasseaux de pin avaient survécu aux transformations que la plupart des autres maisons de la même série avaient subies au fil des décennies. Louis Hagen-Hall y a vu non pas une contrainte patrimoniale, mais un point de départ formel. Ces éléments ont guidé l’ensemble des choix de matières qui suivraient : la chaleur du bois, la précision des lignes horizontales, la palette chromatique des terres et des bois naturels qui traverse maintenant toute la maison de la cave au toit.

Studio Hagen Hall Pine Heath : Cherry, sapele, Stippolyte et l’ébénisterie de Tim Gaudin
La cuisine est l’espace qui cristallise le mieux la philosophie du projet. Un bandeau de bois courbe s’enroule pour cadrer l’espace de cuisson, dans un geste architectural qui transforme une zone fonctionnelle en pièce de composition. Les menuiseries sur mesure en merisier et en sapele, réalisées par l’ébéniste Tim Gaudin, étendent le vocabulaire enveloppant de l’ensemble. Des panneaux de verre Stippolyte, ce verre translucide à texture rayée que l’architecture d’après-guerre a largement utilisé et que Studio Hagen Hall réhabilite ici sans ironie ni nostalgie, diffusent la lumière sans la laisser passer entièrement. Le plan de travail est en inox brossé, les persiennes au-dessus de l’évier filtrent l’extérieur. La cohérence n’est jamais coûteuse quand elle vient de convictions claires.


Les carreaux carrés de Winkelmans, posés sur le sol de la cuisine, sur les crédences et dans les salles de bains, introduisent une grille orthogonale qui traverse horizontalement plusieurs espaces de la maison, créant une définition et une continuité sans jamais tomber dans la rigidité. Les portes coulissantes encastrées de sol au plafond, installées dans l’ensemble de la maison, ont transformé la circulation : là où les cloisons alourdissaient les volumes, l’air circule maintenant avec la fluidité légère d’une maison qui respire.

Bleu Tibor, table en verre teinté et pièces de chez Spazio Leone
Le salon en contrebas, avec sa vue sur le jardin, est peut-être l’espace le plus habité du projet. Le canapé sur mesure, dont la tapisserie est signée Tibor, la maison de textiles anglaise dont les tissus géométriques et colorés ont traversé les décennies sans vieillir, joue sur les bleus et les verts profonds qui s’éveillent en écho aux teintes végétales du jardin londonien. Face à lui, une table basse en verre teinté à angles francs, dessinée par le studio, réfléchit la lumière avec une ambiguïté optique que les maisons California case-study des années 1950 et 1960 avaient souvent cherchée. Des pièces vintage sourcées chez Spazio Leone et Monument complètent l’ensemble sans ostentation : une chaise ici, un luminaire là, des objets qui ont vécu avant d’entrer dans cet espace et qui en enrichissent la mémoire.


Ce que Studio Hagen Hall a accompli à Pine Heath tient à une certitude rarement aussi bien exécutée dans le paysage de la rénovation de luxe contemporaine : que respecter un bâtiment ne signifie pas le figer, mais comprendre ce qu’il demande pour continuer à exister. Le pin de Paraná reste. Les pocket doors entrent. Et quelque part entre les deux, une maison de la fin des années 1960 dans la zone de conservation de Hampstead trouve exactement ce qu’elle avait toujours été, avec toute la performance contemporaine qu’elle n’avait jamais eue.











