Le Graal à moins de 5 000 euros a ses limites : passé ce seuil, seules les Datejust et les pièces classiques s’invitent au classement. À 10 000 euros, la donne change radicalement. C’est enfin le budget qui permet de viser les montres outils qui ont fait la légende de la couronne, la Submariner qui a habillé les plongeurs professionnels, l’Explorer II conçue pour les spéléologues, ou encore la GMT-Master pensée pour les pilotes de ligne. Nous avons passé au crible le marché de l’occasion pour identifier dix références qui allient authenticité, histoire horlogère et accessibilité, malgré les récentes hausses tarifaires appliquées par la manufacture sur le neuf.
Les 5 Rolex féminines les plus iconiques
Le 9 novembre 2025, chez Sotheby’s à Genève, une Oyster en or a été adjugée 1,7 million de dollars. Elle avait appartenu à Mercedes Gleitze, la nageuse qui l’avait portée autour du cou en octobre 1927 lors de sa tentative de traversée de la Manche. Elle n’a pas atteint la côte française ce jour-là ; la montre, elle, est sortie de l’eau intacte, et Rolex en a fait une pleine page en une du Daily Mail. La première campagne mondiale de la marque reposait sur le poignet d’une femme.
3. Day-Date 36 réf. 128238, la « President » que les femmes ont reprise
Lancée en 1956, la Day-Date fut la première montre-bracelet à afficher le jour de la semaine en toutes lettres à côté de la date. Elle n’a jamais existé qu’en or 18 carats ou en platine, et jamais en dessous de 36 millimètres, deux contraintes qui expliquent sa trajectoire.
Le surnom de « montre des présidents » a deux généalogies. Rolex l’attribue au bracelet Président, créé en 1956 pour ce modèle et réservé aux métaux précieux. Les spécialistes y voient plutôt l’héritage de Lyndon B. Johnson, premier président américain à en porter une en exercice, et des campagnes publicitaires que la marque en a tirées dans les années 1960.
Le 36 mm est devenu un format féminin par simple arithmétique. Rolex n’a jamais fabriqué de Day-Date plus petite, et les versions « Lady President » que l’on croise chez les revendeurs sont en réalité des Lady-Datejust ou des Datejust 31 en or montées sur bracelet Président, sans guichet du jour. Pour porter une vraie Day-Date, il faut passer par le 36 mm. La marque n’a jamais positionné ce diamètre comme féminin ; c’est le marché qui s’en est chargé.
Comptez 44 600 euros pour la réf. M128238-0045 en or jaune cadran champagne, 48 200 euros en Everose, 51 300 euros en or gris, 62 300 euros pour la version platine cadran bleu glacier réf. M128236-0018, celle-ci n’ayant pas subi la hausse de juin. À noter : les cadrans en turquoise ont été retirés du catalogue 36 mm cette année, et le nouvel alliage « Jubilee gold » présenté en avril n’existe qu’en 40 mm.
Le vrai terrain de jeu est ailleurs. Les Day-Date des années 1970-80 à cadrans « Stella », ces laques opaques de couleur vive produites à environ mille exemplaires par référence, constituent l’un des segments les plus désirables du vintage Rolex. Les adjudications vérifiées s’étalent de 13 000 à 45 000 euros selon la couleur, mauve et jaune en tête, oxblood et rouge plus courantes. Un 1803 en or rose à cadran oxblood est parti à 34 799 euros chez Christie’s en novembre 2024. À titre de comparaison, un 1803 cadran champagne standard s’adjuge autour de 4 600 euros : le multiplicateur Stella est réel, mais il est de l’ordre de deux à sept fois, pas des vingt fois que promettent certains guides de revendeurs.



