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The Burberry Trench: Crafting an Icon, quand le vêtement devient un récit institutionnel au Victoria & Albert Museum
En septembre 2026, le Victoria & Albert Museum accueille une exposition dédiée à un seul objet : le trench de Burberry. Ce n’est pas une exposition de mode au sens conventionnel. C’est une archéologie d’un vêtement qui a traversé 170 ans et refuse de devenir obsolète. Cette décision révèle quelque chose sur la manière dont les institutions pensent aujourd’hui l’héritage. Un vêtement n’est plus seulement un accessoire personnel. Il devient un artefact capable de raconter une histoire.

Trois chapitres pour une invention
L’exposition, intitulée The Burberry Trench: Crafting an Icon, au Victoria & Albert Museum s’organise autour de trois mouvements simples. Invention. Craft. Creativity. Le premier chapitre raconte l’origine. En 1879, Thomas Burberry développe le gabardine de coton. Ce tissu était fonctionnel. Imperméable. Respirant. Destiné à la protection, à l’usage militaire. Pas à la séduction. Ce détail importe. Le trench n’a jamais commencé comme un objet de prestige. Il a commencé comme une solution à un problème.
Le deuxième chapitre observe les détails qui ont fait du trench un objet reconnaissable. Le col. La doublure à carreaux. La sous-patte d’orage. Le système d’attache amovible à la gorge. Aucun de ces éléments n’est décoratif. Chacun répond à une nécessité. Et ensemble, ils créent une signature.
Le troisième chapitre présente 19 créations des 25 dernières années. Des créations de Daniel Lee, le directeur créatif actuel, et de Christopher Bailey avant lui. Les looks parcourent comment un objet utilitaire peut être réinterprété sans perdre son essence.

Burberry Trench Victoria & Albert Museum : Les archives comme témoins
Ce qui distingue cette exposition, c’est sa relation aux archives. Les pièces ne sont pas présentées comme des objets historiques à admirer. Elles sont présentées comme des témoins. Un trench porté par Hardy Amies, le couturier de Savile Row, sort de l’archive pour la première fois. Les premiers catalogues Burberry du début du vingtième siècle sont exposés non pas comme des curiosités, mais comme des documents qui prouvent comment le trench a traversé les usages.
Cette approche reconnaît quelque chose que la plupart des expositions de mode ignorent : que l’histoire d’un vêtement n’est pas linéaire. Elle revient sur elle-même. Un trench de 2015 avec des broderies miroir ne remplace pas le trench original. Il le prolonge.

Burberry Trench Victoria & Albert Museum : L’espace comme choix
Burberry a choisi le Prince Consort Gallery pour cette exposition. C’est cet espace qui abritait autrefois la collection textile du V&A. Ce choix n’est pas accidentel. C’est placer le trench dans la continuité des objets textiles que le musée a historiquement reconnus comme importants.
En même temps, Burberry finance la rénovation complète de la Fashion Gallery du V&A. Inaugurée en 1962, cette galerie n’avait jamais connu une restructuration majeure. Elle sera rebaptisée The Burberry Gallery et ouvrira en automne 2028. C’est un engagement qui s’étend sur plusieurs années. Ce n’est pas une simple exposition. C’est une redéfinition institutionnelle.

Quand une marque finance la rénovation d’une galerie entière dans un musée, quelque chose change dans la conversation entre le luxe et les institutions. Burberry ne demande pas au V&A de valider la mode. Burberry permet au V&A de se repenser lui-même.
Ce qui est observé ici, c’est une coévolution. Le V&A reconnaît que la mode est un sujet digne de ses plus grands espaces. Burberry reconnaît que le prestige ne vient plus de la nouveauté, mais de la capacité à raconter une histoire profonde.
Et le trench, ce simple vêtement créé pour résoudre un problème pratique, devient le médium de cette conversation. Pas parce qu’il est beau. Mais parce qu’il a persisté. Parce qu’il a survécu à tant de redéfinitions et continue d’exister.
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