Porsche, Maserati, Alpine, BMW, Range Rover : posséder une voiture de luxe ne suppose plus nécessairement un budget à sept chiffres. Sous la barre symbolique des 100 000 €, une poignée de constructeurs proposent encore de vraies expériences d’exception, entre châssis affûtés, moteurs signatures et habitacles ciselés. Nous avons sélectionné cinq modèles disponibles neufs cette année en France, du SUV hybride britannique à la dernière berlinette française à moteur thermique. Voici notre compte à rebours.
Range Rover Electric : Un tarif de lancement plus élevé que le V8
Range Rover Electric a ouvert ses commandes américaines le 2 septembre. Aux États-Unis, son tarif dépasse celui de la version V8 essence, un choix qui teste la clientèle la plus attachée aux moteurs thermiques. Puissance, autonomie et discours de marque : tour d’horizon d’un lancement attendu depuis 2024.
Un tarif qui dépasse celui du V8
Le tarif de départ du Range Rover Electric s’établit à 138 000 dollars aux États-Unis, soit environ 119 200 € au taux de change actuel. Ce montant dépasse celui du Range Rover V8 essence, vendu 113 300 dollars, environ 97 900 €. Il dépasse aussi le Range Rover P550e hybride rechargeable, facturé 128 900 dollars, environ 111 300 €.
La marque place son SUV électrique au sommet de la gamme, au-dessus du thermique. Cette logique n’est pas nouvelle chez Range Rover, qui l’avait déjà assumée avec le SV Ultra, où le prix devient une donnée secondaire face à la rareté revendiquée. D’autres constructeurs premium font le choix inverse. Chez Volvo, l’EX90 électrique coûte 95 700 € en France, contre 99 500 € pour le XC90 thermique équivalent.
JLR n’a communiqué aucun prix pour la France ni pour le reste de l’Europe.

Puissance et autonomie du Range Rover Electric
Deux moteurs à aimants permanents de 260 kW chacun équipent le véhicule. Ensemble, ils développent 542 chevaux et 850 Nm de couple. C’est le couple le plus élevé jamais produit par un Range Rover. JLR fabrique la gamme depuis 1970 à Solihull, en Angleterre. Le 0 à 100 km/h s’effectue en 4,3 secondes, un chronomètre qui rivalise avec plusieurs modèles de notre sélection des Top SUV luxe 2026.
L’autonomie grimpe jusqu’à 536 km selon le cycle homologué EPA aux États-Unis. En revanche, JLR n’a publié aucun chiffre WLTP (pour Worldwide Harmonized Light-Duty Vehicles Test Procedure) pour l’Europe.

Une charge rapide pensée pour le tout-terrain
La batterie lithium-ion affiche une capacité utile de 118,5 kWh. Elle repose sur une architecture 800 volts, la même que celle adoptée récemment par la Mercedes-Benz GLA électrique 2026, et embarque 344 cellules prismatiques réparties en double pile. Sur une borne 350 kW, la charge passe de 10 à 80 % en 22 minutes. Dix minutes de charge à puissance maximale récupèrent environ 200 km d’autonomie.
Le système Integrated Traction Management ajuste la vitesse des moteurs en 50 millisecondes. JLR annonce une réactivité 100 fois supérieure à celle d’un système thermique. L’Intelligent Driveline Dynamics peut envoyer jusqu’à 100 % du couple disponible vers l’essieu arrière. Le véhicule franchit des gués jusqu’à 89 cm de profondeur. JLR garantit la propulsion électrique huit ans ou 160 000 km.

Une First Edition réservée au lancement
Une finition First Edition complète l’offre de lancement du Range Rover Electric. Elle se décline en trois teintes : Belgravia Green, Santorini Black et Varesine Blue. L’habitacle associe le nouveau simili-cuir Ultrafabrics Light Cloud à des textiles Kvadrat. Toutefois, Land Rover n’a communiqué aucun nombre d’exemplaires pour cette édition.

Un discours défensif plutôt que technologique
Martin Limpert, directeur général de Range Rover, justifie ce choix par la demande des clients. Il a expliqué à Yahoo Finance que ceux-ci réclamaient une version électrique depuis longtemps. Leur condition : qu’elle conserve le niveau d’exigence habituel de la marque.
Dans le communiqué officiel de JLR, Limpert met en avant une décennie de développement technique. Il affirme que la propulsion électrique convient au raffinement de Range Rover sans compromis sur les capacités tout-terrain. JLR revendique par ailleurs 300 demandes de brevets déposées pour ce modèle, un record pour la marque.

Pourquoi ce lancement compte
Un Range Rover Electric plus cher que son équivalent thermique constitue ainsi un test grandeur nature. La clientèle du haut de gamme reste la plus attachée aux moteurs à combustion. JLR mise sur elle pour absorber ce surcoût.
Le lancement arrive aussi avec du retard. JLR promettait initialement une commercialisation en 2024, repoussée ensuite à fin 2025, puis à cette année.
Lennard Hoornik est directeur de la croissance chez JLR. Lors de sa journée investisseurs du 17 juin 2026, il a annoncé 78 000 inscriptions d’intérêt pour le véhicule. Il a précisé que 70 % d’entre elles ne possédaient pas encore de Range Rover.
Ce chiffre reste antérieur à l’ouverture des commandes. Or, depuis le 2 septembre, JLR n’a publié aucun taux de conversion en commandes fermes.



