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Trilobe : Les coulisse d’une maison horlogère parisienne, rencontre avec Gautier Massonneau

Date : 21 juillet 2026
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À une histoire qui s’inaugure par un projet personnel et se continue par une manufacture. Celle de Gautier Massonneau commence en 2013 par la recherche d’une première montre et s’achève, provisoirement, dans un atelier discret de Paris où une trentaine de personnes développent, prototypent, usinent, décorent et assemblent entièrement à la main des montres qui ne ressemblent à aucune autre. Entre les deux, sept ans, cinq ans de R&D, une rencontre, une conviction intacte et une question qui résume tout : pourquoi lire l’heure comme on le fait depuis sept siècles ? Découverte.

Dans les coulisses de Trilobe, là où le temps prend forme

En moins de dix ans, Trilobe s’est imposée comme l’une des signatures les plus singulières de la nouvelle horlogerie indépendante. Fondée par Gautier Massonneau, la maison parisienne est née d’une idée aussi simple que radicale : remettre en question l’un des principes les plus immuables de l’horlogerie mécanique. Depuis des siècles, les aiguilles tournent autour d’un cadran fixe. Chez Trilobe, elles disparaissent. Le temps s’inscrit dans trois anneaux rotatifs concentriques qui mettent littéralement les heures, les minutes et les secondes en mouvement.

Collection Trente-Deux par Trilobe

Une proposition devenue, au fil des collections, bien davantage qu’une signature esthétique. Derrière cette lecture du temps se dessine une autre manière de penser l’objet horloger : plus architecturale, plus contemplative, presque philosophique. Ici, la mécanique n’est jamais démonstrative ; elle disparaît au profit d’une émotion, d’une sensation, d’une nouvelle façon de regarder le temps s’écouler.

Calibre Manufacture X-Nihilo © Photos – Trilobe

Cette vision prend aujourd’hui une nouvelle dimension avec Trente-Deux, collection qui accompagne un tournant majeur dans l’histoire de la maison : l’ouverture de sa propre manufacture en région parisienne. Bien plus qu’un nouvel outil de production, ce lieu marque une étape décisive dans la construction de son indépendance créative. C’est ici que nous débutons notre visite.

Trente-Deux Sunray Silver © Photos – Trilobe

À quelques kilomètres de Paris, derrière une façade volontairement discrète, le silence surprend immédiatement. Les composants et micro-composants y naissent loin de l’agitation des grandes manufactures. Sous une lumière parfaitement maîtrisée, les différents POD de production, ces cellules spécialisées où s’opère l’usinage de chaque pièce avec une précision extrême, révèlent une organisation pensée pour que rien ne s’improvise et que tout soit traçable, du premier copeau à la finition. Quelques composants sont encore ouverts à l’œil, révélant cette architecture mécanique que le propriétaire d’une montre ne verra presque jamais une fois le boîtier refermé.

C’est ici que prend tout son sens le nom X-Nihilo : les composants et micro-composants de Trilobe naissent littéralement de rien, usinés depuis la matière brute, en partant de zéro. Cet espace est le berceau de ce qui deviendra, une petit dizaine de kilomètres plus loin, une montre assemblée dans les ateliers parisiens de la maison. Car c’est bien à Paris, là où Trilobe est née, que les composants prennent leur forme définitive, que les mouvements s’assemblent et que les collections trouvent leur identité complète.

Ateliers Trilobe
Ateliers Trilobe © Photos – Sarah Heitzmann / LUXE.NET

Ce que Trilobe construit ici, au-delà des pièces elles-mêmes, c’est une indépendance technique en composants, la capacité à produire et à maîtriser chaque élément qui donnera vie à ses garde-temps. La créativité a toujours été au cœur de la maison depuis le premier jour. Ce qui évolue aujourd’hui, c’est la capacité à en contrôler chaque expression matérielle. Et cette ambition porte une intention plus profonde encore : réunir progressivement l’ensemble des savoir-faire au sein de la Maison, à Paris, pour que dialogue, conception et fabrication ne fassent plus qu’un. Pour que l’idée et la matière respirent dans le même espace, sous les mains des mêmes personnes.

Quelques heures plus tard, changement d’échelle. Dans l’atelier parisien de Trilobe, l’atmosphère est plus intime, presque domestique. Ce lieu ressemble davantage à un studio de création qu’au siège d’une maison horlogère. Les prototypes côtoient les plans techniques, les maquettes dialoguent avec les mouvements en développement, tandis que les collections prennent place dans un décor d’une sobriété presque architecturale. Rien n’y paraît décoratif. Tout semble pensé pour laisser respirer les objets.

L’espace ressemble finalement beaucoup à celui qui l’a imaginé. Né en 1990, diplômé de Paris Dauphine puis de l’École des Ponts et Chaussées, Gautier Massonneau débute sa carrière dans le financement de grands projets d’infrastructure au Japon puis au Moyen-Orient. Rien ne le destinait à fonder une maison horlogère. Et pourtant, c’est précisément ce regard extérieur qui deviendra sa plus grande force. Cette position d’outsider, il ne la revendique pas comme une singularité mais comme une liberté. Celle de pouvoir remettre en question ce que l’on considère depuis toujours comme immuable. Une question allait ainsi donner naissance à Trilobe : pourquoi les aiguilles tournent-elles autour d’un cadran fixe ? Pourquoi ne pas inverser le regard et mettre le temps lui-même en mouvement ? Rencontre :

Rencontre avec Gautier Massonneau

Gautier Massonneau, fondateur de Trilobe
Gautier Massonneau © Photo – Trilobe

Trilobe par Gautier Massonneau : Pour commencer, si vous deviez vous présenter en quelques mots ?

Je suis Gautier Massonneau, Fondateur et Directeur de la Création chez Trilobe. Mais si je devais le formuler différemment, je suis fils d’architectes, j’ai fait des maths, et j’ai travaillé dans le Golfe Persique et au Japon pendant quelques années. Je ne suis donc ni Suisse, ni horloger ! Quand j’ai cherché ma première montre, je voulais une pièce singulière et qui restait dans mon budget. Mon premier coup de cœur horloger a été la Zeitwerk d’A. Lange & Söhne, mais malheureusement hors budget. À défaut de trouver une montre qui rentrait dans mes critères de départ, j’ai fini par la créer.

Le savoir-faire Trilobe
© Photo – Trilobe

En 2013, vous souhaitez vous offrir votre première montre et vous vous retrouvez face à une opposition entre tradition et innovation. Qu’est-ce que ce moment a véritablement éveillé en vous ? Et pensez-vous que cette tension s’est un jour réellement résolue ?

J’ai une fascination pour les objets capables de conjuguer passé et futur. Cette tension entre tradition et innovation, je ne cherche pas vraiment à la résoudre ; elle est plutôt un véritable moteur créatif. Chaque nouveau projet est une occasion de trouver un nouvel équilibre entre respect de l’héritage et envie d’explorer de nouveaux territoires.

Le Temps Retrouvé par Trilobe
Le Temps Retrouvé : Le Temps Retrouvé est peut-être la pièce qui dit le plus exactement ce que Trilobe est capable d’imaginer quand la maison se libère de toutes les contraintes du format montre. Ce buste, car c’est d’abord un buste, n’a ni aiguilles, ni cadran, ni chiffres. Rien, au premier regard, ne laisse deviner sa nature horlogère. Et pourtant. En s’approchant, quelque chose se révèle : un tic-tac délicat, presque organique, et le visage qui s’anime. Deux rosaces sculptées s’épanouissent aux tempes, à raison d’un pétale par heure, marquant le passage du temps avant de se refermer à la mi-journée pour recommencer un cycle de douze heures. La pupille indique les minutes en effectuant une rotation complète dans le sens horaire. L’heure ne s’affiche pas. Elle se ressent. Derrière cette poésie de surface, une prouesse technique absolue. Quatre ans de recherche et développement, plus de 3 000 heures de conception, 95 % de composants fabriqués et décorés à la main par la Manufacture Masur. Le visage est sculpté dans une céramique de marbre inédite développée par Trilobe, seul matériau permettant des parois de moins d’un centimètre d’épaisseur, condition nécessaire pour loger le mécanisme. La réserve de marche de huit jours est assurée par un système à vis différentiel. La fragrance, conçue avec un nez parisien, s’échappe au rythme du souffle mécanique de la sculpture. Chaque exemplaire est unique, né d’un dialogue entre la maison et son propriétaire : le visage de votre choix, sculpté par Stéphane Gérard Atelier à Paris, l’architecture du mouvement entièrement repensée pour en épouser les traits. La question posée par Gautier Massonneau depuis le premier jour : pourquoi lire l’heure comme on le fait depuis sept siècles ? trouve ici sa réponse la plus radicale. © Photo – Sarah Heitzmann / LUXE.NET

Vous n’avez pas simplement redessiné une montre : vous avez repensé notre manière de lire le temps. Pouvez-vous nous emmener dans la réflexion qui a donné naissance à cette vision ?

La question de départ était presque enfantine : depuis des siècles, on fige le temps sur un cadran et on fait bouger les aiguilles… mais pourquoi, au fond ? Avec Trilobe, j’ai voulu changer de perspective : mettre le temps lui-même en mouvement, et le libérer du carcan des aiguilles. Nos trois anneaux rotatifs sont nés de cette idée simple. Non pas pour compliquer la lecture de l’heure, mais pour rappeler qu’il existe toujours une autre manière de regarder le monde. Finalement, Trilobe est autant une nouvelle lecture du temps qu’une invitation à changer de point de vue.

Une Folle Journée par Trilobe

Avec Trilobe, c’est le temps qui se déplace, tandis que les indicateurs demeurent immobiles. Il y a presque quelque chose de philosophique dans ce renversement. Était-ce une intuition immédiate ou le fruit d’un long cheminement ?

Je dirais une intuition immédiate sur le concept mais un long cheminement pour l’incarner. L’idée de mettre le temps en mouvement plutôt que de le figer sous des aiguilles s’est imposée assez naturellement. En revanche, transformer cette vision en une montre fonctionnelle a représenté un véritable défi. Entre les premiers croquis et la pièce finale, il a fallu près de cinq ans de recherche et développement pour concevoir un mouvement capable d’afficher cette lecture du temps singulière avec la fiabilité et la précision que nous recherchions.

Watches and Wonder 2026 Trilobe
Trilobe Watches & Wonder 2026 © Photo – Sarah Heitzmann

Après plusieurs siècles d’aiguilles au centre du cadran, qu’est-ce qui donne à quelqu’un l’audace de dire : « Je recommence autrement » ?

Je crois que cette liberté est venue du fait que je ne venais pas du monde horloger. Je portais sur cet univers un regard neuf, sans être conditionné par des siècles de conventions. Là où certains voyaient des règles établies, je voyais surtout des questions à explorer. Pourquoi les aiguilles devraient-elles forcément être au centre du cadran ? Pourquoi ne pas imaginer une autre façon de représenter le temps ? Mon statut d’outsider m’a permis de sortir naturellement du cadre et d’aborder l’horlogerie sous un angle différent. Quand on ne connaît pas les règles, on a moins peur de les briser, et c’est sûrement de là que vient cette audace.

L'édition Secret par Trilobe
L'édition Secret par Trilobe
Le Secret © Photo – Trilobe

Vos montres sont souvent décrites comme architecturales, poétiques, presque littéraires. Que signifie pour vous le fait qu’un objet puisse contenir un véritable univers intérieur ?

J’aime beaucoup une phrase d’Antoine de Saint-Exupéry, lui qui écrivait sur les avions autant que sur les étoiles. Il disait que la perfection, c’est quand il n’y a plus rien à enlever. C’est exactement ça, pour moi, un objet qui contient un univers : pas un objet qui en fait trop, mais un objet où chaque élément a été pensé, questionné, et où chaque détail trouve naturellement sa place.

Le Temps Retrouvé par Trilobe
Le Temps Retrouvé © Photo – Sarah Heitzmann

Une montre entretient une relation intime avec celui qui la porte : elle vit sur le corps et accompagne le temps d’une vie. Qu’aimeriez-vous qu’une personne ressente la première fois qu’elle baisse les yeux sur son poignet et découvre une Trilobe ?

Une invitation. C’est probablement le mot qui définit le mieux Trilobe. Une invitation à regarder le temps différemment, avec un peu plus de curiosité et de poésie. En observant le mouvement des anneaux, on ne lit plus simplement l’heure : on prend un instant pour la contempler. J’aimerais que cette première rencontre avec l’une de nos créations suscite un léger décalage, une pause. Dans un quotidien où tout va toujours plus vite, Trilobe invite à ralentir, à revenir à l’instant présent et à entretenir une relation plus apaisée avec le temps.

Nuit Fantastique, Brume © Photo – Trilobe

L’édition Secret est présentée comme une pièce intime, presque silencieuse, pensée avant tout pour soi. Dans un monde dominé par l’exposition permanente, pourquoi cette idée d’un luxe invisible vous semble-t-elle si essentielle ?

Je crois que le véritable luxe n’a jamais eu besoin d’être démonstratif. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où tout est partagé, montré, commenté. Il y a quelque chose de précieux, presque de subversif, dans le fait de posséder un objet dont la valeur n’est pas immédiatement visible aux yeux des autres.

Avec l’édition Secret, nous avons voulu créer une montre qui entretient une relation plus personnelle avec son propriétaire. Une pièce qui ne cherche pas à attirer l’attention, mais qui se révèle à celui qui prend le temps de la découvrir.

Cette idée me touche particulièrement car elle remet l’émotion au centre. Le luxe devient alors une expérience intime, presque confidentielle. Quelque chose que l’on porte avant tout pour soi, et non pour le regard des autres. 

Collection Secret par Trilobe
L’Édition Secret © Photo – Trilobe

Vous avez construit Trilobe en dehors des codes traditionnels de l’horlogerie suisse : une maison pensée en France et fabriquée à La Chaux-de-Fonds. Comment préserve-t-on une vision singulière dans une industrie dotée d’une gravité aussi forte ?

Je pense que l’on préserve une vision singulière en restant fidèle à ce qui nous a poussés à créer la Maison au départ. Chez Trilobe, nous avons toujours voulu regarder l’horlogerie avec un angle différent. Cette indépendance de pensée se traduit aujourd’hui jusque dans notre manière de fabriquer nos montres. Il était important pour nous de faire les choses à la maison, à Paris. Notre dernier mouvement y est entièrement développé, prototypé, usiné, décoré et assemblé. Ce choix reflète une volonté de garder une proximité avec chaque étape de la création. Plus nous maîtrisons notre savoir-faire, plus nous sommes libres de donner vie à notre vision. Au fond, préserver sa singularité, c’est continuer à suivre son idée initiale, même lorsqu’elle s’écarte des chemins les plus fréquentés.

Une Folle Journée conception par Trilobe
Une Folle Journée © Photo – Trilobe

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans ce que signifie construire une Maison from scratch, non pas techniquement, mais humainement ?

Ce qui m’a le plus surpris, c’est que construire une Maison consiste finalement moins à fabriquer des montres qu’à rassembler des personnes autour d’une vision commune. Au départ, nous avons lancé Trilobe à deux avec Volcy. Aujourd’hui, nous sommes une trentaine entre la Manufacture et le siège. Bien sûr, il y a les défis techniques, industriels ou financiers. Mais le véritable enjeu est humain : créer un environnement dans lequel chacun a envie de s’investir, de grandir et de porter le projet comme le sien. J’ai aussi réalisé que la confiance est probablement la ressource la plus précieuse d’une Maison. La confiance de l’équipe, des partenaires, des clients. Elle ne s’achète pas et ne se décrète pas ; elle se construit jour après jour, année après année.

C’est certainement l’aspect le plus exigeant de l’aventure, mais aussi le plus gratifiant.

Dans l’univers du luxe, l’indépendance est rare et fragile. Quel en est le prix ? Et surtout, que permet-elle de protéger ?

L’indépendance est à la fois une responsabilité et un privilège. Elle oblige à assumer pleinement ses choix, les bons comme les mauvais. C’est parfois plus difficile, mais aussi beaucoup plus engageant. En contrepartie, elle permet de protéger quelque chose de précieux : la liberté de suivre sa propre vision. Chez Trilobe, nous pouvons prendre le temps de développer une idée, explorer une direction inattendue ou défendre un choix esthétique simplement parce que nous croyons qu’il est juste.

Au fond, l’indépendance protège ce qui fait l’identité d’une Maison. Elle permet de rester fidèle à sa raison d’être, même lorsque le chemin le plus facile serait de faire autrement.

Collection Trente-Deux par Trilobe
Trente-Deux © Photo – Trilobe

Si Trilobe n’était pas une montre mais une phrase, laquelle serait-elle ?

« Le temps passe, mais les convictions restent. » C’est la phrase que nous avons choisie comme signature de marque au moment du lancement de Trente-Deux, une collection hautement symbolique puisqu’elle célèbre l’ouverture de notre Manufacture parisienne.

Depuis le début, notre conviction est de faire les choses autrement, de déplacer les lignes et de renverser les perspectives. Aujourd’hui, nous poursuivons cette voie avec une étape majeure : faire les choses différemment, chez nous, à Paris.

Pour Trilobe, c’est bien plus qu’une évolution. C’est une affirmation.

Collection Une Folle Journée par Trilobe, vue detachée
Une Folle Journée © Photo – Trilobe

Trilobe par Gautier Massonneau : Si vous deviez nous recommander un livre, un film et une musique qui vous accompagnent particulièrement, lesquels choisiriez-vous ? 

Pour le livre, je ne peux pas en choisir qu’un. « Le Problème à trois corps » de Liu Cixin, une trilogie de science-fiction chinoise qui offre des perspectives sur le temps, l’univers, la civilisation. Et « Les Rois maudits » de Maurice Druon, que je lisais enfant, sous un arbre en été. Deux façons très différentes de voyager.

Pour le film : « Blade Runner », dans la version de Ridley Scott comme dans celle de Denis Villeneuve. Un monde qui me fascine. Et Parasite de Bong Joon-ho, qui est d’une précision chirurgicale sur les dynamiques humaines.

Pour la musique, mes goûts sont assez larges. J’écoute Rone (électro français) et aussi beaucoup de musique sud-africaine, Johnny Clegg notamment. J’aime explorer des musiques qui viennent d’ailleurs.

Enfin, quelle est aujourd’hui votre définition du luxe ?

De pouvoir prendre le temps, tout simplement. Le temps de regarder, de comprendre, de ressentir. Le temps de vivre.

Trente-Deux Sunray Green © Photo – Trilobe

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