La zone de conservation de Hampstead, dans le nord de Londres, est l’un de ces territoires urbains où le temps passe différemment. Les maisons y gardent une mémoire architecturale que d’autres quartiers londoniens ont depuis longtemps perdue sous les couches de rénovations successives. Pine Heath, maison de ville construite à la fin des années 1960 dans le cadre d’une série conçue par l’architecte sud-africain Ted Levy, Benjamin & Partners, est de celles-là. Quand une jeune famille en a pris possession et confié le projet à Studio Hagen Hall, le studio londonien fondé par Louis Hagen-Hall, la commande était formulée avec la précision d’une conviction double : « l’esthétique d’une case-study house californienne, avec la performance d’une maison passive. » Deux exigences qui semblent s’opposer. Le projet prouve qu’elles peuvent se nourrir l’une de l’autre.
Hale Mau’u : Une retraite d’architecte à Hawaï entre design, art et paysage signée Walker Warner et Catherine Kwong
Sur la grande île d’Hawaï, il est un lieu où l’architecture s’efface pour laisser parler le vent, la pierre, le bois. Une retraite sculptée par le paysage, pensée comme une respiration. Bienvenue à Hale Mau’u, maison-refuge imaginée par Walker Warner Architects et Catherine Kwong Design — un dialogue subtil entre nature et design, ancrage et élévation.

Au fil de quatre volumes dispersés avec intention sur près de 465 m², la maison épouse son terrain volcanique avec une humilité presque monacale. Chaque bâtisse — espace de vie, suite parentale, chambres d’amis, garage discret — est reliée par une promenade en bois d’ipé qui traverse une cour aride, presque lunaire, ponctuée de feuillages indigènes et de roches sombres. Ici, le plan s’ouvre, respire, invite à ralentir.




La maison vit dehors autant que dedans. Vastes auvents en cuivre, toitures à faible pente, baies qui coulissent pour mieux laisser entrer les brises de l’océan… Le projet répond aux caprices du climat avec une élégance fonctionnelle. Et surtout, chaque ouverture a été pensée comme un tableau : les montagnes, l’eau, la lumière.


À l’intérieur, la matière guide le geste. Plafonds en cyprès, murs en plâtre, béton poli, céramiques artisanales, cuirs tressés, bois texturés : un langage sensoriel s’installe, sans emphase. Les pièces de mobilier — choisies pour leur âme plus que pour leur signature — mêlent pièces vintage, créations sur mesure et objets venus d’ailleurs. L’ensemble respire une sobriété généreuse, où les textures font le luxe.


Dans cet écrin, l’art ne fait pas figure d’apparat. Il vibre doucement. Tapisseries hawaïennes revisitées, œuvres abstraites évoquant la flore locale, sculpture suspendue au-dessus d’une baignoire posée face au ciel. Tout ici est intention sans ostentation.


« L’idée, confie Catherine Kwong, était d’apaiser l’architecture pour qu’elle devienne presque une toile de fond. » Une vision partagée avec la propriétaire, qui souhaitait un lieu respectueux de l’île, à la fois accueillant pour les siens et intimement connecté au paysage. Hale Mau’u ne se visite pas, elle se vit. Un refuge, une respiration, un art de l’essentiel.



