Deux mois après un dévoilement qui avait fait plonger le titre et déchaîné l’Italie, la première Ferrari électrique a déjà écoulé la totalité de son allocation 2026, un peu moins de cinq cents exemplaires à 550 000 euros pièce. Récit d’un retournement.
Les 10 voitures les plus rares jamais produites au monde
Dix-huit exemplaires, six, deux, parfois un seul. Certaines automobiles ne se comptent pas en séries mais en noms propres, chaque châssis possédant sa biographie, ses propriétaires successifs et, pour l’une d’entre elles, une disparition jamais élucidée. Voici les dix voitures les plus rares jamais produites.
8. Bugatti Type 41 Royale (1926), six voitures pour des rois qui n’en voulurent pas
Ettore Bugatti en avait promis vingt-cinq à l’aristocratie européenne. Il en construira six. La Type 41 reste l’objet le plus démesuré jamais sorti de Molsheim : plus de six mètres de long, plus de trois tonnes, un huit cylindres en ligne de 12,7 litres dérivé de l’aéronautique, des roues de vingt-quatre pouces et, au sommet de la calandre, un éléphant dressé sculpté par Rembrandt Bugatti, frère d’Ettore disparu en 1916. Chaque exemplaire reçut une carrosserie différente, certains clients repartant avec le seul châssis, à charge pour eux de le confier à Kellner, Weymann, Binder ou Park Ward.

L’ironie est totale : la voiture des rois ne trouva jamais de roi. Alphonse XIII d’Espagne en commanda une et fut chassé du trône avant la livraison, et sur les six unités assemblées, trois seulement furent vendues du vivant d’Ettore, à des industriels. Le Coupé Napoléon, dessiné par Jean Bugatti à vingt et un ans, resta la voiture personnelle du patron jusqu’à la fin. Ce fiasco commercial faillit emporter l’entreprise, sauvée par une reconversion inattendue : accouplés par quatre, les moteurs de Royale invendus motorisèrent quatre-vingt-huit autorails Bugatti entre 1932 et 1939, l’un d’eux portant le record du monde ferroviaire à 176 kilomètres-heure. Les six Royale existent toujours.



