Venise, mai 2026. La 61e Biennale Internationale d’Art s’ouvre sous le titre In Minor Keys, conçu par Koyo Kouoh, curatrice camerounaise décédée six mois avant d’avoir vu son œuvre inaugurée. Ce qu’elle a laissé derrière elle est à la fois un hommage et un manifeste : la conviction que l’art ne change pas le monde en le représentant, mais en modifiant la façon dont on regarde et donc la façon dont on pense, dont on choisit, dont on décide de quoi est fait le présent. Cette Biennale ne se laisse pas contenir entre les grilles des Giardini ni dans les nefs de l’Arsenale : elle déborde dans la ville entière, partout, des palais vénitiens dont les fresques du XVIe siècle apprennent à vivre avec des peintures ghanéennes, des sculptures coréennes et des jardins surréalistes. Notre sélection des expositions et coups de cœur à découvrir.
Alejandro Cardenas « The Traveler » : Le premier solo-show européen de l’artiste chez Stems Gallery
En collaboration avec Stems Gallery, l’artiste y expose ses dernières créations, associant peintures et sculptures.
Première exposition solo en Europe, Alejandro Cardenas a choisi de s’associer avec la galerie belge Stems Gallery afin d’y présenter ses dernières créations aux couleurs vives et chatoyantes. Première exposition à présenter également l’art sculptural de l’artiste, l’événement met en avant des réalisations surréalistes, n’hésitant pas à y dévoiler sa propre représentation de l’espèce humaine, notamment avec des silhouettes allongées et abstraites créant alors plusieurs sensations perturbantes chez son spectateur.
S’engageant avec un large éventail d’influences artistiques et tirées de la culture populaire, Cardenas rend hommage à l’auteur belge Georges Rémi, dit Hergé et père de Tintin : célèbre pour ses compositions harmonieuses et son intelligente utilisation des couleurs et de l’équilibre pictural. Au sein des oeuvres exposées, Cardenas reproduit des panneaux spécifiques de l’iconique bande dessinée, les extrait de leurs scénarios originaux et joue ainsi avec ces scènes qui ont marqué plus d’une génération.
Cet hommage, il se présente jusque dans le titre de cette exposition. « The Traveler » est une double allusion : au personnage de Tintin évidemment, voyageant aux quatre coins du monde pour des aventures toutes plus rocambolesques les unes que les autres, mais également à l’illustrateur, qui a peint de nombreux lieux étrangers sans même les visiter. Confiné en Belgique en raison des conflits armés de son époque, il avait cette capacité à faire voyager ses lecteurs sans qu’ils n’aient à sortir de chez eux. C’est ce même effet, cette même sensation que cherche à reproduire Cardenas grâce à ses créations : un voyage presque surnaturel, dans une réalité alternative.
L’exposition, présentée en ce mois de Novembre, a su séduire les plus grands experts du monde de l’art, avec des articles publiés notamment dans le New York Times et Vogue. Découvrez plus en détails cette étonnante exposition au travers de la galerie de photos ci-dessous.





















