Dans l’univers du luxe, il est rare qu’une famille de cette envergure choisisse le silence aussi délibérément. Alain et Gérard Wertheimer, propriétaires à 100 % de la maison Chanel, sont parmi les plus grandes fortunes de France, et pourtant leur nom n’apparaît presque jamais. Pas d’interviews, pas de mondanités, pas de première rangée lors des défilés. Quand les deux frères assistent aux shows Chanel, ils se garent eux-mêmes dans une modeste voiture française et s’installent au troisième ou quatrième rang. Cette culture de l’invisibilité, héritée de génération en génération, s’étend à tous les pans de leur vie privée. Y compris, et surtout, à leur rapport à l’art.
Entre l’onde et la lumière : Fred Meylan expose l’intime en mouvement
Dans l’effervescence feutrée du quartier Saint-Honoré, à deux pas de la place Vendôme, une respiration singulière s’invite : celle des corps immergés, des instants suspendus, des profondeurs qui murmurent au regard. Du 27 juin au 1er juillet, Fred Meylan dévoile Studio 332, une exposition sensible et poétique qui explore l’élément liquide comme on explore l’âme humaine.


Le silence des profondeurs, l’éclat d’un geste
À travers quinze photographies saisies sous l’eau, sans artifice ni flash, le photographe — figure reconnue de la mode, mais éternel amoureux de nature et de sensations — offre une lecture rare de la grâce. Celle d’un plongeon, d’une nage, d’un éclaboussement. Les modèles, parfois saisis dans une action franche, parfois flottants comme des pensées à la dérive, incarnent une beauté brute, sensuelle, presque primitive. Chaque cliché est un dialogue entre la lumière naturelle et la matière vivante, entre le minéral et le mouvant.

L’eau comme miroir de l’instant
Fred Meylan ne photographie pas l’eau : il l’habite. Il s’y insinue, appareil en main, pour capter l’instant pur — celui qui échappe à la pose, au calcul, au spectacle. Il y trouve un théâtre silencieux, où chaque ondulation devient une émotion, chaque bulle un souffle. La mer n’est plus seulement un décor : elle devient le sujet, la complice, l’interprète.


Une exposition ouverte comme une parenthèse
Dans l’intimité de son studio de la rue Saint-Honoré, Fred Meylan convie le public à venir se laisser traverser par ces images comme on écouterait une musique sans paroles. De l’écume à la profondeur, c’est une ode à la liberté, à la fluidité des corps et des identités, à la paix intérieure. Une exposition à ne pas manquer, entre deux défilés ou deux rendez-vous, pour renouer avec une forme d’épure : celle de l’instant vrai.


Studio 332, Fred Meylan
Rue Saint-Honoré, Paris 1er
Du 27 juin au 1er juillet





