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La Fondation Louis Vuitton accueille en prêt un autoportrait rarissime de Van Gogh, invisible depuis 1990

Date : 5 septembre 2026
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La Fondation Louis Vuitton présentera à partir du 9 octobre un autoportrait de Vincent van Gogh que le grand public n’a plus vu en exposition nulle part dans le monde depuis 1990, et pas en France depuis 1937. Il ne s’agit pas d’une acquisition mais d’un prêt exceptionnel et temporaire, consenti par les héritiers de l’armateur grec Stavros Niarchos, propriétaires de l’œuvre depuis le début des années 1970 : la formulation d’une fondation qui « obtiendrait » ce tableau prêterait à confusion, la famille Niarchos en restant pleinement propriétaire.

Van Gogh Fondation Louis Vuitton : Un autoportrait précis, à ne pas confondre avec celui de Londres

Van Gogh Fondation Louis Vuitton : L’œuvre en question est Autoportrait à l’oreille bandée et à la pipe (janvier 1889, catalogue de la Faille F529, JH1658), à ne pas confondre avec l’autre autoportrait à l’oreille bandée de Van Gogh, plus connu, conservé en permanence à la Courtauld Gallery de Londres : deux tableaux distincts peints à quelques jours d’intervalle, souvent confondus dans la presse généraliste. La toile de la collection Niarchos, estimée aujourd’hui entre 200 et 300 millions de dollars selon plusieurs estimations rapportées par la presse spécialisée, avait été achetée en 1902 par le collectionneur français Gustave Fayet directement auprès du marchand Émile Schuffenecker, avant d’être spoliée par les autorités d’occupation à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, retrouvée à Zurich en 1945 et restituée dès 1948 : elle ne fait l’objet d’aucune revendication en cours. Stavros Niarchos l’a acquise au début des années 1970 pour quelques millions de dollars.

Van Gogh Fondation Louis Vuitton

Une rétrospective consacrée à Gustave Fayet plutôt qu’à Van Gogh seul

Le tableau s’inscrit dans une exposition intitulée Gustave Fayet, collectionneur, créateur. Icônes de l’art moderne, présentée du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027, sous le commissariat général de Sylvie Patry, conservatrice spécialiste de la période 1870 à 1920, entourée d’une équipe de commissaires associées, avec Angeline Scherf pour la Fondation Louis Vuitton en charge du volet consacré à Fayet créateur. La scénographie a été confiée à Robert Carsen. Gustave Fayet (1865 à 1925), collectionneur, mécène et lui même peintre, propriétaire d’un domaine viticole dans l’Aude, avait rassemblé l’une des collections privées les plus remarquables de son temps, avec près de quatre vingts œuvres de Gauguin et autant de Redon, dont il avait commandé les décors qui ornent toujours aujourd’hui l’abbaye de Fontfroide. Au total, l’exposition réunit environ 770 œuvres et documents, issus de 64 institutions et 71 collections privées à travers le monde, Van Gogh n’y figurant qu’à travers une dizaine de toiles parmi cet ensemble.

« Tout est nouveau dans cette exposition », a résumé Sylvie Patry à propos du projet, ajoutant à propos de Fayet lui même : « Contrairement à Chtchoukine ou à Courtauld, il n’a jamais eu d’ambition muséale. C’est sa sensibilité artistique qui fait de lui un collectionneur à part. » Suzanne Pagé, directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton, a de son côté salué un homme qui « aimait prendre les devants partout où il allait ». Ces citations, diffusées à l’annonce de l’exposition, n’ont pour l’heure été recoupées que dans une seule publication consultée au moment de la rédaction de cet article ; aucune déclaration officielle spécifique au prêt du tableau lui même, qu’elle émane de la famille Niarchos ou d’un porte-parole de la Fondation, n’a pu être localisée.

Van Gogh Fondation Louis Vuitton

Van Gogh Fondation Louis Vuitton : L’impact

Convaincre une famille réputée peu encline à prêter ses œuvres, pour une toile de cette valeur, constitue en soi une démonstration de force pour une institution qui n’a que treize ans d’existence. La presse spécialisée souligne que le tableau n’avait plus quitté son lieu de conservation, principalement le Kunsthaus de Zurich, pour aucune exposition depuis 1990, malgré, selon plusieurs sources, de nombreuses demandes de prêt refusées entretemps. Réunir ce prêt aux côtés de contributions venues de 64 institutions, musées d’Orsay et MoMA compris, place la Fondation Louis Vuitton dans une position de négociation muséale que peu de fondations privées européennes peuvent revendiquer.

L’exposition fonctionne aussi comme un instrument d’influence culturelle pour le groupe LVMH, au moment où la maison mère continue d’investir dans le rayonnement patrimonial de sa fondation parisienne : faire circuler un tableau de cette rareté, plutôt que de se contenter d’une rétrospective monographique classique, entretient la position de la Fondation Louis Vuitton comme interlocuteur de confiance pour les grandes collections privées internationales.

Sources : Fondation Louis Vuitton, The Art Newspaper, Arts in the City, Sortiraparis, Paris Select Book, catalogue de la Faille (vggallery.com). Les dimensions exactes de l’œuvre varient légèrement d’une source à l’autre (49,5 x 44,2 cm selon la Fondation, 51 x 45 cm selon le catalogue de référence en ligne) ; cet écart mineur n’a pas pu être tranché au moment de la publication. Lire aussi nos articles sur le Met qui renonce à son exposition John Galliano.

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