Ce qui est solidement établi tient en une collection : la « Book Cover », imaginée par Jonathan Anderson pour son premier vestiaire Dior, qui décline le Book Tote et le Saddle Bag en couvertures brodées de classiques littéraires, Dracula, Madame Bovary, Bonjour Tristesse, Les Fleurs du Mal, Ulysse, Les Liaisons dangereuses, De sang-froid, Moby Dick, Pride and Prejudice, A Clockwork Orange, Le Tour du monde en 80 jours, et jusqu’à Dior par Dior, l’autobiographie du fondateur de la maison. Les prix s’échelonnent de 250 dollars pour un foulard à 10 500 dollars pour une couverture en cachemire, et de 2 600 à 3 550 dollars pour le sac lui-même.
Christian Dior Couture AW2020 : Are clothes Modern ?
Chez Dior aujourd’hui, pour la collection Haute Couture 2019/2020, l’honneur est à la forme et la fonction du vêtement. C’est dans l’hôtel particulier de Dior, situé au 30 avenue Montaigne, décoré pour l’occasion par l’artiste américaine surréaliste et féministe, Penny Slinger, que Maria Grazia Chiuri présente sa nouvelle collection.
Les réflexions sur la forme et la fonction du vêtement de l’architecte Bernard Rudofsky ont inspiré à Maria Grazia Chiuri une nouvelle vision de la haute couture en tant qu’art, destinée à habiller des corps toujours uniques. L’inspiration est portée sur les cariatides, ces femmes-statues poétiques qui sont tout autant de merveilleuses colonnes – les piliers fondateurs et porteurs de la société – que de sublimes ornements, décorant de leurs courbes épurées certains édifices parisiens tout comme les temples grecs. Mais également les œuvres en noir & blanc, mystérieuses et peuplées de créatures féminines de Penny Slinger.
Une collection presque conçue exclusivement en noir ponctuée de quelques couleurs. Le noir exige la perfection et était une couleur inspirante pour Monsieur Dior. Des robes qui dévoilent leur ossature et leur structure. Des robes à la taille pincée aux longs jupons, aux épaules recouvertes d’une cape. Les matières sont légères, vaporeuses, luxueuses et délicates. Les lignes sont pures, les notions d’habit et habitat sont au cœur de la réflexion menée par Maria Grazia Chiuri qui réinterprète aussi les péplos, que portaient les femmes dans la Grèce antique. Le défilé se conclut sur une robe sculpture représentant le 30 avenue Montaigne et recouverte de feuilles d’or réalisé par Penny Slinger.
Cette collection suppose de repartir des fondamentaux, des fondations de la haute couture, et de les confronter aux modes de vie contemporains. En écho résonne aujourd’hui l’interrogation « Are Clothes Modern ? », qui souligne la faculté de la haute couture à questionner la mode.















