Depuis 2017, Hublot fait de Saint-Tropez le théâtre de son rendez-vous estival. Pour 2026, la manufacture de Nyon abandonne les teintes saturées qui ont bâti sa réputation et s’aventure sur un terrain autrement plus périlleux : le pastel. Six montres, deux éditions limitées et une démonstration technique déguisée en collection de vacances.
Seiko Star Time : Découverte d’une montre unique affichant un million d’heures incarnée par Shohei Ohtani
Dix ans après avoir choisi Shohei Ohtani comme ambassadeur, Seiko lui a offert une montre qui n’existe qu’en un seul exemplaire. La Star Time affiche le temps accumulé jusqu’à un million d’heures, soit un peu plus de cent quatorze ans, sur cinq disques superposés qui tournent trop lentement pour que l’œil s’en aperçoive.
Il y a des cadeaux d’anniversaire plus littéraux que d’autres. Pour célébrer les dix ans de son partenariat avec Shohei Ohtani, Seiko aurait pu se contenter d’une édition limitée aux couleurs des Dodgers, d’un fond gravé et d’un coffret de circonstance. La manufacture japonaise a pris une autre direction, autrement plus ambitieuse. Remise en mains propres au joueur le 3 juillet 2026, la Seiko Star Time mesure et affiche le temps cumulé jusqu’à un million d’heures. Environ cent quatorze ans. Soit très largement au-delà de ce qu’une carrière, et même une vie, peuvent contenir.
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Une question posée à voix haute
Tout part d’une phrase. « Combien de temps pourrai-je encore jouer au baseball ? », s’était interrogé Shohei Ohtani. La plupart des sponsors auraient souri poliment. Seiko en a fait un cahier des charges.
Le développement a commencé il y a environ trois ans, dans le plus grand secret, alors que le joueur n’avait pas encore rejoint Los Angeles. Le lien entre la manufacture et Ohtani remonte lui à 2016, bien avant qu’il ne devienne l’athlète le plus commenté de la planète. Seiko avait déjà signé plusieurs éditions limitées à son nom, mais jamais une pièce conçue exclusivement pour lui.
Le symbole n’est pas anodin pour une maison qui a produit la première montre-bracelet japonaise en 1913, et qui mesure depuis un peu plus d’un siècle le temps des autres. Ici, elle s’attaque à une échelle qui n’a plus grand-chose d’horloger et beaucoup de philosophique.

Seiko Star Time : Cinq disques, cent quatorze ans
Pas d’aiguilles. Le cadran bleu nuit de la Star Time se compose de cinq disques concentriques superposés, qui tournent en permanence et se lisent contre une ligne rouge tracée à midi.
Le plus petit, au centre, indique l’heure courante sur une base de 24 heures, graduée par tranches de trente minutes. La lecture est approximative, comme sur toute montre à aiguille unique, ce qui n’est visiblement pas le sujet. On y remarque un « 17 » rouge et surdimensionné, clin d’œil au numéro de maillot du joueur.
Viennent ensuite quatre disques de diamètre croissant, qui comptabilisent respectivement 1 000 heures, 10 000 heures, 100 000 heures et 1 000 000 d’heures. Chaque échelle correspond au temps nécessaire au disque pour effectuer une révolution complète. Autrement dit, le deuxième disque met environ quarante-deux jours à boucler son tour. Le dernier en mettra cent quatorze ans. Rien de tout cela n’est un chronographe : le compte tourne sans interruption, depuis le premier jour.
Chaque disque porte un diamant qui marque son point de départ, celui du centre matérialisant l’étoile polaire. L’idée est née des échanges entre Ohtani et les ingénieurs au fil du projet, et elle donne au cadran son identité immédiate : une constellation en mouvement, dont personne ne verra jamais bouger les astres.

L’architecture inédite de la Seiko Star Time
Sur le papier, l’affichage paraît simple. Dans les faits, il a fallu presque tout revoir. Ces disques sont nettement plus épais que des aiguilles traditionnelles, et surtout beaucoup plus lourds à entraîner. Il fallait leur fournir de l’énergie sans faire grimper l’épaisseur du boîtier, et tailler des rouages capables de tenir des cadences absurdement lentes.
Seiko a donc développé une architecture dédiée à ce seul exemplaire, avec une intégration très étroite entre la conception des disques et celle du mouvement, des modifications de la structure du calibre et de nouvelles méthodes d’assemblage. Le mouvement lui-même reste discret : la manufacture a confirmé qu’il s’agit d’un module inédit greffé sur une base automatique maison, sans en détailler la référence ni la réserve de marche.
« La réalisation d’une montre capable d’afficher un temps cumulé d’une telle ampleur constitue une étape majeure pour Seiko », a commenté Shinji Hattori, président et directeur général de Seiko Watch Corporation, qui a remis lui-même la montre au joueur.

Seiko Star Time : Un boîtier pensé pour être porté
Ohtani avait posé une condition : que la montre soit portable au quotidien. Elle l’est. Le boîtier de 41,8 mm est en titane haute intensité, l’alliage propriétaire de la maison, ce qui allège nettement une pièce dont l’empilement de disques impose 17,4 mm d’épaisseur. Sur le poignet d’un joueur d’1,93 m, l’ensemble passe presque inaperçu.
Un verre saphir bombé de forme « box », traité antireflet sur sa face intérieure, protège le cadran. L’étanchéité atteint 10 bar. La couronne est coiffée d’un cabochon de saphir bleu, seule concession classique dans un dessin résolument contemporain, que le joueur a lui aussi orienté en citant les montres qu’il aime. Le bracelet en silicone bleu, doté d’une boucle déployante en titane, a été taillé à la longueur exacte de son poignet.
« Je souhaitais porter une montre qui reflète le temps que j’ai consacré jusqu’à présent à ma carrière, mais aussi celui qu’il me reste à construire », explique Shohei Ohtani, qui dit avoir retrouvé exactement ce qu’il avait imaginé.

Une pièce unique, et qui le restera
Inutile d’espérer une déclinaison commerciale : Seiko n’en prévoit aucune. La Star Time existe en un seul exemplaire, et il est déjà au poignet de son propriétaire.
Reste la question de départ, à laquelle personne n’a vraiment répondu. À 32 ans, Ohtani est sous contrat avec les Dodgers jusqu’en 2033, a dépassé cette saison la barre des 300 coups de circuit en carrière, compte quatre titres de MVP et deux World Series consécutives. Sur la Star Time, le disque du million d’heures, lui, n’a pratiquement pas bougé depuis le 3 juillet. C’est probablement tout ce que Seiko voulait dire.
Plus d’informations sur la Seiko Star Time en vous rendant sur le site seikowatches.com
Crédits photos : ©Seiko


