Vingt-cinq ans au service de Piaget, Cartier et TAG Heuer. Et puis, quinze jours de vacances, et une conviction qui ne le quitte plus. En novembre 2022, Franck Touzeau fonde Maison Heavenly : une marque de joaillerie inspirée d’un univers cosmique ancré dans la numérologie, la lithothérapie et la joaillerie transformable créative, un territoire céleste inédit en joaillerie. Un bijou qui révèle deux identités distinctives, qui se transmet, qui a du sens. Rencontre avec un créateur qui pense le luxe comme une affaire de temps et de traces laissées.
Jaeger-LeCoultre Parfum : Trois nouvelles créations exclusives réservées aux clients de la maison
Deux ans après ses premières signatures olfactives, Jaeger-LeCoultre rouvre le chapitre avec The Adventure Spirit, The Dream Shaper et The Sound Maker. Trois compositions signées Nicolas Bonneville, traduites de la Vallée de Joux, et introuvables en boutique.
Il existe deux façons pour une maison horlogère d’entrer en parfumerie. La première consiste à céder une licence, à remplir les linéaires des aéroports et à transformer un nom gravé sur un cadran en chiffre d’affaires liquide. La seconde consiste à faire exactement l’inverse : composer des fragrances d’une exigence absolue, puis refuser de les vendre. la manufacture horlogère a choisi la seconde avec les parfums Jaeger-LeCoultre, et vient de récidiver.
En 2026, le dialogue engagé entre la Grande Maison et le parfumeur français Nicolas Bonneville s’ouvre sur un nouveau chapitre. Après 2024 et un premier lancement d’une collection de trois parfums, la manufacture signe à nouveau trois signatures olfactives, créées en exclusivité dans le cadre du programme Made of Makers. Elles s’appellent The Adventure Spirit, The Dream Shaper et The Sound Maker. Aucune ne portera jamais d’étiquette de prix.
A découvrir également : ➡️ Le Top 10 des parfums les plus chers du monde (2026).
Parfums Jaeger-LeCoultre : Un deuxième chapitre, deux ans après le premier
Les trois nouvelles créations succèdent à The Timeless Stories, The Celestial Odyssey et The Precision Pioneer, présentées en 2024. La filiation est revendiquée, la rupture de ton également. Là où le premier trio assumait des compositions volontairement intenses, construites pour poser une identité de zéro à coups de cuir, d’ambre gris et d’encens, le nouvel ensemble travaille une matière déjà installée, ce qui l’autorise à se faire plus léger, plus portable, moins démonstratif. La maison n’a plus besoin de se présenter, elle suppose que la pièce sait déjà qui entre.
Les trois signatures répondent aux principes qui distinguent la haute parfumerie de tout le reste : formules courtes, matières premières nobles, fortes concentrations d’ingrédients clés. Chaque composition rejoue la quête de précision qui définit l’approche horlogère de la Maison, et, à la manière des mécanismes élaborés dans la Vallée de Joux, révèle sa complexité par étapes, notes de tête, de cœur et de fond se déployant avec clarté et équilibre. La métaphore est facile, elle est ici tenue jusqu’au bout de la formule.

The Adventure Spirit, le gingembre et l’horizon
Boisé épicé de caractère, The Adventure Spirit puise dans l’héritage d’instruments de précision nés de besoins militaires, d’expéditions en grande profondeur et d’innovations techniques audacieuses, de la Memovox Polaris aux collections Master Compressor et Extreme Lab. L’ouverture est portée par la fraîcheur vivifiante de l’extrait de gingembre, avant un cœur chaud et enveloppant d’essence de santal. En fond, des nuances minérales sèches émergent, ancrées par la mousse. La composition dessine l’aventurier contemporain, homme enraciné dans la ville mais instinctivement attiré par les horizons ouverts et les paysages indomptés. Traduction horlogère la plus évidente : la Polaris, montre conçue pour des plongeurs qui devaient savoir quand remonter.

The Dream Shaper, le mimosa et le daim
Floral cuiré, The Dream Shaper s’inspire du savoir-faire joaillier de la Maison, de sa miniaturisation technique et de son élégance, du Duoplan et du Calibre 101 jusqu’à la collection Rendez-Vous, autrement dit des garde-temps qui ont redéfini l’horlogerie féminine en mariant féminité et ingéniosité technique. Le parfum s’ouvre sur la fraîcheur de l’essence de bergamote avant de révéler un cœur floral poudré d’absolu de mimosa. Progressivement, des nuances fumées, proches du daim, se déploient avec l’extrait de thé noir, apportant profondeur et sensualité discrète. Structure et douceur, force et grâce : la composition revendique une féminité moderne, indépendante et libre de façonner son destin. Rappelons que le Calibre 101, présenté en 1929, demeure le plus petit mouvement mécanique du monde, ce qui donne à la référence une consistance que peu de maisons pourraient invoquer.

The Sound Maker, la rose et le métal
C’est la composition la plus singulière des trois. Boisé rosé et puissant, The Sound Maker s’inspire de l’art mécanique et de l’héritage acoustique de Jaeger-LeCoultre, de la chapelle historique du Sentier bâtie par Pierre LeCoultre jusqu’aux complications à sonnerie de la Manufacture, et transforme les vibrations du son en expression olfactive. Dès la première impression, un encens minéral et fumé évoque l’immobilité de la pierre ancienne et des espaces sacrés. Au cœur, un accord rose métal vibre avec une intensité inattendue, installant un dialogue entre chaleur et éclat. En s’approfondissant, des bois secs et des notes musquées laissent un sillage vibrant et durable, semblable à l’écho persistant d’une cloche.

Le nom n’a rien d’accidentel. The Sound Maker est aussi l’intitulé de l’exposition consacrée par la Maison à ses cent cinquante ans d’expertise dans les montres à sonnerie, prolongée par un atelier de découverte permettant de comprendre pourquoi une montre fait tic tac et ce qui distingue une répétition minutes d’une grande sonnerie. De la même façon, The Dream Shaper renvoie à l’exposition présentée à Shanghai. Les parfums ne sont donc pas des produits dérivés, ils sont l’extension olfactive d’un dispositif narratif déjà déployé dans l’espace.
Nicolas Bonneville, de Grasse à la Vallée de Joux
Né et élevé en France, Nicolas Bonneville découvre la parfumerie à douze ans lors d’un voyage à Grasse. Autodidacte à ses débuts, il bénéficie ensuite du mentorat de Jacques Maurel et de Francis Kurkdjian, et voyage abondamment pour explorer les sources des matières rares qu’il emploie. Jardinier passionné, il cultive plantes et fleurs dans son jardin parisien, et trouve son inspiration chez les artistes pop et urbains, de Warhol à Haring, de JonOne à Banksy. Son parcours industriel est solide : on lui doit plusieurs jus pour Givenchy ainsi que Private Talk, issu de la ligne de haute parfumerie Valentino, après avoir travaillé pour Acqua di Parma, Ralph Lauren, Azzaro, Dries Van Noten, Jo Malone ou Nina Ricci.
Le cahier des charges initial de la Maison tenait en trois exigences : la précision, le souci du détail et le savoir-faire, pour trois parfums unisexes, exclusifs et très distincts. L’envie d’une identité olfactive était née de l’affinité naturelle entre parfumerie et horlogerie, deux disciplines où chaque élément doit être ajusté avec minutie pour atteindre le résultat voulu.

Made of Makers, ou l’art de ne pas faire d’édition limitée
Made of Makers réunit des artistes et artisans issus de disciplines extérieures à l’horlogerie, dans une communauté de créateurs partageant les mêmes valeurs. Le programme a accueilli l’artiste sonore Zimoun, la plasticienne numérique Brendi Wedinger, le designer émirati Khalid Shafar, l’artiste Yiyun Kang, le chef étoilé Himanshu Saini et le mixologue Matthias Giroud. Le principe est explicite : de ces partenariats ne naîtront ni montres nouvelles ni éditions limitées gravées au nom de l’artiste, la connexion avec le client devant passer par l’émotion.
« Comme l’horlogerie, l’art de la parfumerie se situe au croisement de la créativité, de la science et de la précision », résumait Matthieu Le Voyer, directeur du marketing de la Maison, au moment du premier trio. L’idée de départ était simple, doter les boutiques et les événements d’une identité olfactive, avant de devenir quelque chose de plus significatif, dans une logique où les cinq sens sont convoqués pour laisser une empreinte émotionnelle profonde.
Parfums Jaeger-LeCoultre : Le luxe de ne pas être achetable
Appelés à devenir une signature supplémentaire de Jaeger-LeCoultre, les trois parfums seront offerts aux clients de la Maison et déclinés dans d’autres initiatives à venir. Aucun ne sera vendu à l’unité. Une initiative rare, réservée à une poignée de privilégiés.
Dans un secteur où la moindre extension de marque est calibrée pour le point de vente, la décision a quelque chose de presque provocateur. Elle rappelle surtout ce que Jaeger-LeCoultre construit depuis 1833 au Sentier : non pas des objets à posséder, mais un territoire à habiter. Un sillage ne se collectionne pas. Il se reconnaît.
Parfums Jaeger-LeCoultre : Les sources
Communiqué officiel Jaeger-LeCoultre, repris par Billions Luxury Portal, juillet 2026. Portrait du parfumeur sur le site de la Maison, Made of Makers : Nicolas Bonneville, et présentation de l’exposition The Sound Maker. Analyse comparative du premier trio par Watch Collecting Lifestyle. Entretiens et contexte dans Numéro, The Good Life et Robb Report.
Crédits photos & vidéos : ©Jaeger-LeCoultre




