Offrir un cadeau à sa mère, c’est trouver l’objet qui dit mieux que les mots. Un geste qui ne soit ni trop fonctionnel ni trop symbolique, ni trop discret ni trop démonstratif. Quelque chose qui soit, simplement, juste. Cette année, notre sélection explore toutes les dimensions de ce luxe-là : la beauté, le voyage, l’art, le soin, le vêtement, la transmission, le moment. Pour chaque mère, quelque chose qui lui ressemble.
Loro Piana Giraglia 2026 : De Saint-Tropez à Gênes, retour sur la plus mythique des régattas méditerranéennes
Le 11 juillet 1953, 22 bateaux prenaient le départ au large de Cannes sur un parcours de 196 milles. 17 franchissaient la ligne d’arrivée. Un bateau français remportait la première édition en 31 heures de temps réel. Ce jour-là naissait la Giraglia et ce qui allait devenir, 73 ans plus tard, l’une des régattas offshore les plus respectées de la Méditerranée. En 2026, ce sont plus de 200 bateaux qui ont pris le départ dans le golfe de Saint-Tropez, du 12 au 20 juin, pour la troisième édition consécutive sous le titre sponsorship de Loro Piana.

Loro Piana Giraglia 2026 : Un rocher, un triangle, une navigation qui combine technique et poésie
Ce qui fait la singularité de la Giraglia, c’est d’abord sa géographie. Le parcours offshore, 241 milles nautiques, 450 kilomètres d’eau, dessine un triangle naturel entre trois points d’une précision presque cartographique : Saint-Tropez pour le départ, la Giraglia pour le passage obligatoire, Gênes pour l’arrivée. La Giraglia est un petit îlot rocheux nu, planté à l’extrémité nord de la Corse, que les marins ont longtemps désigné avec une franchise géographique assez radicale, « faute d’alternatives », note le dossier historique de la course, il est devenu l’un des points de repère du yachting mondial. Le passage à ce rocher, souvent dans la nuit, souvent dans le vent, est le moment que les équipages attendent et redoutent simultanément. « La navigation combine technique et poésie », dit la course elle-même. « C’est devenu une sorte de maturité maritime pour beaucoup de jeunes passionnés. » Le record sur ce parcours appartient à Esimit Europa 2 d’Igor Simcic : 14 heures, 56 minutes et 16 secondes, établi en 2012. Le record de bateaux au départ, lui, date de 2016 avec 302 unités sur la ligne.


73 ans d’histoire : du bois à la fibre de verre, de 22 à 302 bateaux
Depuis 1953, la Giraglia a traversé les grandes mutations de la voile de compétition sans jamais perdre son identité. Dans les années 1970, les bateaux dépassaient régulièrement les 100 à 150 participants, des chiffres extraordinaires pour une niche aussi exigeante que le yachting offshore. Jusqu’aux années 1990, les ports de départ et d’arrivée alternaient entre l’Italie et la France. Participer relevait encore de la semi-aventure : les équipages dormaient à bord, assuraient eux-mêmes les transferts des bateaux. La Giraglia a été le témoin de la grande transition du bois vers la fibre de verre, des coques de plus en plus légères et sophistiquées, des passages de plus en plus rapides. Depuis 1998, le format est stabilisé : rendez-vous à Saint-Tropez en mi-juin, trois puis quatre jours de courses côtières dans le golfe, une beach party mémorable la veille de l’offshore, et le départ le matin pour les 241 milles. À l’arrivée, Gênes et le club-house historique du Yacht Club Italiano, exactement comme imaginé en 1952 lors de la conception de la course.

Loro Piana Giraglia 2026 : Le programme, quatre jours côtiers, un offshore, une cérémonie à Gênes
L’édition 2026, organisée par le Yacht Club Italiano et la Société Nautique de Saint-Tropez en collaboration avec Loro Piana, s’est déroulée du 12 au 20 juin. Quatre jours de courses côtières dans le golfe de Saint-Tropez, du 13 au 16 juin, sur de nouveaux parcours redessinés pour cette édition afin de rendre les confrontations encore plus intenses dans l’une des plus belles baies de Méditerranée. Puis le 17 juin, le départ de l’offshore, la grande traversée, celle que l’on prépare depuis des semaines et dont on parle pendant des années. Pier Luigi Loro Piana, vice-président de la maison et marin convaincu, participait cette année encore à la course à bord de My Song, cinquième d’une série de voiliers qui portent ce nom depuis des décennies, une présence qui dit mieux qu’aucun communiqué la nature du lien entre la maison et la course. Trois prix ont été décernés lors de la cérémonie de remise des trophées à Gênes le 20 juin : un Defender jacket Loro Piana au vainqueur en temps réel (Line-Honors), un au vainqueur en temps compensé dans le groupe le plus large, et un au vainqueur de la combinaison courses côtières et offshore. Des vêtements faits pour retourner en mer.

Loro Piana et la Giraglia : une cohérence qui précède le partenariat
Loro Piana est devenu title sponsor de la Giraglia en 2024, après l’édition du 70e anniversaire qui avait marqué un tournant dans l’histoire de la course. Depuis, les jours de courses inshore sont passés de trois à quatre, et le village régate a été élargi pour renforcer la camaraderie pendant la semaine tropézienne. Au Loro Piana Giraglia Lounge, face au port iconique de Saint-Tropez, propriétaires de bateaux, amis de la maison et amateurs de voile se retrouvent dans un espace décoré en beige, vert et brun, garni d’oliviers et meublé en mobilier Loro Piana Interiors. À l’entrée, la Loro Piana Giraglia Cup, trophée en argent historique fourni par le Yacht Club Italiano, attend le vainqueur. Ce partenariat n’est pas une opération de visibilité. C’est la rencontre de deux ADN qui partageaient les mêmes valeurs bien avant de partager un contrat : tradition, fair play, savoir-vivre et performance absolue en mer.

Les icônes nées à bord : le Defender, le Bomber, les White Sole et la chemise André
La voile n’a pas seulement inspiré l’identité de Loro Piana, elle a littéralement engendré certaines de ses pièces les plus emblématiques. Le Defender, la veste de régate qui donne son nom aux trois trophées de la Giraglia, en est l’expression la plus directe. Le Loro Piana Bomber, lui, est né en 2003 d’un défi technique précis : trouver une matière légère, résistante au vent et raffinée que les microfibres disponibles à l’époque ne pouvaient pas offrir. La maison s’est tournée vers un fabricant japonais dont le cœur de métier était la fabrication de voiles — les spinnakers en particulier, par nature extrêmement légers et résistants, conçus pour capter la puissance du vent avec une structure de tissu dense et imperméable. De cette collaboration est né le Windmate® : une microfibre de qualité exceptionnelle associée à une fibre naturelle chaude, le cachemire, pour créer un matériau hautement performant et profondément ancré dans l’héritage de la maison. Le résultat est le Bomber, silhouette athlétique raffinée, manchettes élastiques, fermeture double sens, une veste qui transcende son usage maritime pour accompagner n’importe quelle vie en dehors du bateau.

Les White Sole shoes, lancées en 2005, sont l’autre grande icône née de la mer : légères, confortables, leur semelle en caoutchouc naturel blanc et éléments techniques est slip-resistant, stable, flexible et conçue pour ne laisser aucune trace sur les ponts en bois. Assemblées à la main en Italie dans les cuirs et daims les plus fins, elles restent aujourd’hui le soulier de référence du bord comme de la ville. Quant à la chemise André, créée en 1998 d’après les chemisiers napolitains des années 1950 et nommée en hommage à André Piot, artiste suisse qui voyageait avec Sergio Loro Piana, c’est précisément lors de ces voyages maritimes que le besoin s’est fait sentir d’une chemise impeccable sans cravate, idéale sous les chaleurs humides de la Méditerranée. Le lin s’est imposé comme matière naturelle. Le col large sans bande rigide comme signature formelle. La chemise André incarne depuis lors cet art de la désinvolture élégante que la voile pratique mieux que tout autre sport.




