Louis Vuitton et Singer Vehicle Design dévoilent à Pebble Beach deux Porsche 911 réinventées selon l’Art du Voyage, un coupé Classic safran et bleu cobalt et un cabriolet Classic Turbo blanc Calcaire Lutétien signé Nicolas Ghesquière. Née d’une horloge de bord inspirée de la montre Tambour, cette première collaboration automobile de la Maison s’accompagne de deux collections capsules sur mesure.
Singer × Louis Vuitton, l’heure où la précision s’éveille : Rencontre avec Octave Chany, designer automobile chez Singer
Il aura suffi d’une horloge de tableau de bord pour redéfinir une voiture entière. Octave Chany, responsable du design chez Singer Vehicle Design, revient sur la naissance de cette Porsche 911 façonnée aux côtés de Louis Vuitton : une obsession commune pour le détail que personne ne remarquera, sauf ceux qui savent regarder.
À cette heure de travail qu’aucun propriétaire ne verra jamais. Une heure passée à peaufiner deux nuances de couleur que le monde entier jugerait identiques. C’est là que réside la vraie collaboration entre Louis Vuitton et Singer Vehicle Design. Pas dans les codes visuels. Dans le refus absolu de faire les choses à moitié. Octave Chany explique comment une horloge de tableau de bord a redéfini une voiture entière, et comment deux maisons de prestige se sont reconnues dans leur même obsession : celle de la perfection invisible. Rencontre.



Premièrement qui êtes-vous, et quel est votre rôle dans cet univers où chaque détail est une déclaration ?
Je m’appelle Octave Chany, j’ai 27 ans, je suis designer automobile et responsable du design de ce projet chez Singer. Mon rôle était de faire dialoguer les savoirs faire et signatures esthétiques des deux maisons tout en ajoutant une touche de nouveauté et d’équilibre. Échanger avec les studios et les métiers de chez Louis Vuitton, rendre la vision développée avec Nicolas Ghesquière et son studio, puis de la confronter à une vraie voiture : son architecture, son ingénierie, son ergonomie et sa fabrication. Une idée peut être magnifique sur une planche, mais elle doit encore fonctionner à 300 km/h, résister au temps et rester juste quand on la regarde de près.
J’avais la chance d’être au centre du dialogue entre le studio de Nicolas, les équipes de chez Singer, La Fabrique du Temps et les différents artisans et métiers présent dans le projet.


Singer réimagine la Porsche 911 avec une obsession du détail qui rappelle la haute couture. Louis Vuitton construit des objets conçus pour traverser le temps et les continents. Qu’est-ce que ces deux maisons se sont reconnues l’une dans l’autre, avant même qu’une voiture existe entre elles ?
Elles ont un rapport assez similaire à l’objet : rien ne doit être gratuit et une obsession pour le détail.
Louis Vuitton vient du voyage, de l’usage et de la fabrication d’objets capables de durer. Singer travaille de la même manière avec la 911 : on part d’un objet connu, puis on reprend chaque élément pour comprendre comment le rendre plus précis, plus personnel et plus agréable à utiliser et contempler.

Avec Nicolas et son studio, l’intention n’a jamais été de simplement habiller une Singer avec des codes Louis Vuitton. Cela aurait été assez facile, et donc assez peu intéressant. Il fallait comprendre ce que les deux maisons avaient réellement en commun : la qualité d’exécution, le sens des proportions, le choix des matières et cette volonté d’aller très loin dans des détails qui ne sont pas forcément démonstratifs.


L’idée n’était pas de faire beaucoup. Elle était de ne rien faire à moitié. Reimaginer nos des pièces en bois, réinventer nos compteurs avec la fabrique du temps, intégrer une horloge amovible dans l’habitacle et créer des accessoires uniques pour la voiture. Tous ces détails célébrant le voyage et l’élégance féminine.

Avant la voiture, il y a eu des mois de conversations, de décisions, de matières touchées et testées, de détails discutés. Pouvez-vous nous emmener dans les coulisses ? Y a-t-il un moment précis que vous aimeriez nous partager ?
Le projet s’est construit dans un échange très direct entre trois cultures. Nicolas et son studio apportaient la vision, les références et une lecture très précise des couleurs, des matières et de la silhouette. Singer apportait sa connaissance de la 911, de son architecture et de sa fabrication ainsi que son expertise pour la réinventer. La Fabrique du Temps nous permettait d’aborder les instruments de bord et l’horloge comme de véritables objets de haute horlogerie.
Ce qui m’a marqué, c’est l’arrivée des premières pièces développées avec La Fabrique du Temps. Jusque-là, nous parlions beaucoup de dessins, de finitions, de profondeur, de lumière et de précision. Lorsque ces éléments ont été placés dans l’habitacle, l’horlogerie a cessé d’être une référence abstraite : elle est devenue une partie physique de la voiture dont la précision d’exécution dépassait toutes les références automobiles que j’avais pu contempler auparavant. Nous entrions dans une nouvelle dimension de précision et d’orfèvrerie.


À partir de là, tout devait tenir ensemble. Et le niveau d’exécution de la voiture entière devait refléter celle des pièces horlogères. La teinte du métal modifiait la perception du cuir, le bois changeait l’équilibre d’une couleur, et un détail validé isolément pouvait devenir faux une fois installé. Nous pouvions passer une heure sur deux nuances que beaucoup jugeraient identiques. Elles ne l’étaient pas. C’est souvent là que se joue la différence.


Louis Vuitton a construit son histoire sur le voyage, le mouvement, l’objet qui accompagne une vie entière. Singer fait de chaque 911 quelque chose d’unique, d’irremplaçable. Qu’est-ce que cette voiture-là est censée emmener, non pas physiquement, mais symboliquement ?
Elle emporte l’histoire des deux maisons, mais sans chercher à la mettre sous verre.
Un objet Louis Vuitton prend de la valeur à travers les voyages qu’il accompagne. Une Singer aussi doit être conduite, marquée par son propriétaire et associée à des souvenirs. Cette voiture n’a pas été pensée comme une pièce de musée ou comme une démonstration de collaboration. Elle doit avoir une vraie vie.

Symboliquement, elle porte l’idée que l’héritage peut encore produire quelque chose de nouveau, à condition de ne pas le traiter avec trop de révérence. Il faut le connaître, évidemment, mais aussi savoir le bousculer un peu.
Cette voiture a été faite pour voyager, vieillir et raconter quelque chose de son propriétaire. Faire vivre la voiture dans le voyage est la célébrer.




Singer x Louis Vuitton Interview : Le langage partagé, quand l’obsession du détail devient universel, la leçon pour le luxe en 2026
Ce qui semble simple dans la première réponse de Octave Chany résume en réalité toute une philosophie. Elles ont un rapport assez similaire à l’objet : rien ne doit être gratuit et une obsession pour le détail. Ce qui aurait pu être une simple application de codes visuels Louis Vuitton sur une Singer n’a jamais eu lieu. L’intention était radicalement différente.
Ce qui fascine dans le processus, c’est comment un seul élément a transformé le projet entier. L’arrivée des premières pièces de La Fabrique du Temps n’était pas un détail technique. C’était une redéfinition complète de ce que la voiture devait devenir. Octave Chany le décrit avec une précision qui révèle combien ce moment a marqué l’équipe entière. L’horlogerie a cessé d’être une référence abstraite pour devenir une partie physique de la voiture dont la précision d’exécution dépassait toutes les références automobiles que j’avais pu contempler auparavant.
Ce que cette collaboration révèle, c’est que le prestige automobile n’existe plus dans la nouveauté. Il existe dans la profondeur. Octave Chany le formule dans sa dernière réponse : l’héritage peut encore produire quelque chose de nouveau, à condition de ne pas le traiter avec trop de révérence. Il faut le connaître, évidemment, mais aussi savoir le bousculer un peu.
Découvrir la collaboration complète, Louis Vuitton x Singer : Quand la Maison réinvente la Porsche 911 pour l’Art du Voyage.















