Dans un paysage du luxe encore traversé par les soubresauts de l’inflation, les hésitations asiatiques et la fin d’une ère d’euphorie quantitative, certains groupes avancent avec plus de justesse que d’autres. Richemont est de ceux-là. À contre-courant d’un marché devenu plus sélectif, le groupe genevois signe une partition maîtrisée, où la croissance ne se joue plus dans le volume mais dans la valeur. Sur le trimestre clos fin décembre, la Maison affiche une solidité qui force le respect. Les chiffres, sans ostentation, racontent une histoire plus subtile : celle d’un luxe qui sait où il va, et surtout, pourquoi.
Kering : Chute de Gucci, fermetures de magasins et stratégie en mutation
Un vent de ralentissement souffle sur Kering en ce début d’année 2025. Après une année 2024 déjà teintée de prudence, le groupe de luxe voit ses ventes reculer de -14 % sur le premier trimestre, à taux constants. Une tendance qui s’accompagne d’une mesure concrète : la fermeture de 25 boutiques à travers le monde depuis janvier.
Le cœur du réacteur, Gucci, continue de battre au ralenti. Avec une baisse spectaculaire de -25 % sur la période et un chiffre d’affaires ramené à 1,6 milliard d’euros, la Maison italienne peine à retrouver son éclat. En coulisses, la restructuration se poursuit. Dernier épisode en date : l’annonce surprise du retour de Demna à la direction artistique, attendue comme un électrochoc créatif à partir de juillet. Reste à savoir qui prendra les rênes de Balenciaga en son absence.

Du côté de Saint Laurent, l’élégance reste plus stable, mais la baisse reste notable : -9 % à 679 millions d’euros. Seule exception dans ce paysage un brin morose : Bottega Veneta, qui affiche une légère progression de +4 %, bien que ralentie par le départ de Matthieu Blazy, désormais chez Chanel. Quant aux autres marques du portefeuille Kering — Alexander McQueen, Brioni ou encore les lunettes — elles accusent un recul de -11 %, pour un total de 733 millions d’euros.

Face à une conjoncture mondiale complexe, entre incertitudes macroéconomiques, ralentissement de la demande en Chine et repositionnements internes, Kering serre les rangs. Le groupe a également récemment cédé une partie de ses actifs immobiliers parisiens — une manœuvre stratégique pour renforcer sa flexibilité financière.
François-Henri Pinault, président-directeur général du groupe, se montre lucide mais confiant : « Nous redoublons d’efforts pour ajuster nos plans d’action. Notre objectif reste inchangé : renforcer le rayonnement de nos Maisons, même dans la tempête. »
Avec 1 788 boutiques en activité dans le monde, Kering entame l’année avec un cap clair mais exigeant : restaurer la désirabilité, réaffirmer ses identités de marque, et naviguer plus agilement dans une époque où le luxe, plus que jamais, se doit d’être en mouvement.



