Certaines collections dépassent la simple passion pour entrer dans le domaine du patrimoine. C’est le cas de cet ensemble exceptionnel de plus de 300 montres vintage signées Cartier, que Sotheby’s s’apprête à disperser entre avril et décembre 2026. Baptisée The Shapes of Cartier: The Finest Vintage Group Ever Assembled, cette vente s’annonce déjà comme l’un des événements horlogers majeurs de l’année, un hommage rare à l’audace formelle et au génie intemporel de la Maison parisienne.
Marcel : Quand l’art prend place à table, le restaurant signé Sotheby’s à New York
À ces adresses qui ne ressemblent à rien de connu et qui, pour cela précisément, deviennent immédiatement indispensables. Marcel, ouvert le 16 avril 2026 au sein du siège new-yorkais de Sotheby’s, est de celles-là. Nichée au niveau inférieur du Breuer Building, ce monument brutaliste de Madison Avenue dont la silhouette en ziggourat inversée surplombe le quartier depuis 1966, la table s’impose d’emblée comme l’une des ouvertures les plus singulières de l’année à New York, à la croisée de l’art, du design et de la gastronomie française.

Son nom est un hommage. Marcel, c’est Marcel Breuer, l’architecte hongrois dont le bâtiment conçu pour le Whitney Museum fut successivement habité par le Met Breuer, la Frick Collection, puis racheté en 2024 par Sotheby’s pour la somme de cent millions de dollars. La maison de ventes y a installé ses nouveaux quartiers généraux, confiés à une discrète rénovation signée Herzog & de Meuron et PBDW Architects, qui a su préserver l’ossature de béton brut sans en trahir l’âme austère. Dans ce cadre d’exception, le studio Roman and Williams, à qui l’on doit le Boom Boom Room, Le Coucou, the Standard Grill et les galeries britanniques du Metropolitan Museum of Art, a composé un intérieur d’une richesse savamment contenue : banquettes en mohair brun, luminaires sur mesure en bronze et verre soufflé, boiseries en noyer sombre, bougeoirs qui réchauffent chaque table d’une lumière intime. La brutalité du béton originel n’est pas effacée : elle dialogue, en contraste et en concert, avec l’élégance des matériaux choisis.



Aux fourneaux, une figure déjà bien connue des amateurs de cuisine française à New York. Marie-Aude Rose, cheffe et associée, a bâti sa réputation chez La Mercerie à SoHo, unanimement saluée par le New York Times pour sa précision classique. Elle apporte à Marcel sa sensibilité parisienne confrontée à la puissance de New York : une cuisine d’une élégante simplicité, qui actualise les grands classiques sans jamais les trahir. Au menu, une section baptisée Que Voulez-vous? laisse au convive le soin de choisir entre filet, onglet, côte de boeuf, turbot ou saumon, chacun préparé selon sa commande et accompagné d’une sélection de six sauces. Héloïse Fischbach, cheffe exécutive de La Mercerie, et la pâtissière Rae Gaylord complètent cet attelage de talent. Cette dernière officie au sein de La Mercerie Patisserie, intégrée à Marcel : madeleines glacées, flans en croûte festonnée, viennoiseries inspirées de Paris et Vienne accueillent dès le matin les amateurs de douceurs à emporter ou à déguster sur place.


Mais ce qui distingue véritablement Marcel de tous ses contemporains, c’est la dimension muséale de sa salle à manger. Les murs, constamment renouvelés, exposent des œuvres issues des collections de Sotheby’s : Andy Warhol, Joan Mitchell, Alexander Calder, François-Xavier Lalanne et Claude Lalanne figurent parmi les premières signatures à avoir orné ces cimaises. Des vitrines abritent des bijoux signés David Webb, Boucheron et René Boivin, ainsi que des curiosités relevant de l’histoire naturelle, une dent de Tyrannosaurus rex, un fragment d’astéroïde. Certaines pièces proviennent de ventes à venir ou de transactions privées ; d’autres sont des prêts exceptionnels. Dîner chez Marcel, c’est donc déjeuner dans une galerie vivante, où l’acte de manger et celui d’acquérir se superposent sans jamais se contrarier.


Le jardin de sculptures de l’édifice original a lui aussi été réinventé. Cet espace extérieur, que la végétation dense et les sculptures environnantes soustraient au vrombissement de Madison Avenue, accueille désormais le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner dans un cadre que l’on pourrait qualifier de jardin d’hiver à ciel ouvert. Arbres matures, fontaines discrètes, un bar en plein air : la ville n’est plus qu’un bruit lointain. À table, la cave bénéficie du partenariat noué avec Sotheby’s Wine, offrant un accès privilégié à des millésimes rares et à des découvertes de nouveaux producteurs. Le directeur général de Sotheby’s, Charles F. Steward, a commenté cette ouverture avec une formule qui dit tout : Marcel ajoute une nouvelle dimension à l’expérience Sotheby’s, là où art et repas d’exception se rencontrent dans un cadre d’une beauté absolue. On ne saurait mieux dire. Marcel est actuellement ouvert pour le dîner, le service du déjeuner et du petit-déjeuner devant suivre dans les prochains mois.



