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Chanel Croisière 2026-2027 : Sous le salon la plage, Matthieu Blazy signe un chef-d’œuvre à Biarritz

Date : 29 avril 2026
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Le soleil de fin d’après-midi frappait les miroirs du Casino Municipal de Biarritz quand Matthieu Blazy a envoyé son premier look sur le podium. Face à lui, l’Atlantique. Derrière lui, cent onze ans d’histoire Chanel. Pour sa première collection Croisière à la tête de la maison, le directeur artistique n’avait pas besoin d’un décor inventé : il avait choisi la ville où tout a commencé.

Chanel Croisière 2026-2027 : Matthieu Blazy signe un chef-d'œuvre à Biarritz

Sous le salon la plage : un titre, un manifeste

Le titre de la collection, Sous le salon la plage, annonce d’emblée la couleur. Ici, les hiérarchies s’effacent. Les vêtements de travail se mêlent aux tenues de loisirs, l’uniforme de marin dialoguant avec la flamboyance des robes du soir, le vestiaire glissant vers la plage, avec comme fil conducteur la rayure basque. En 79 silhouettes, Blazy ne fait pas que rendre hommage au patrimoine de la maison : il le réinvente avec une liberté et une précision qui ont clairement enthousiasmé le parterre de plus de 900 invités réunis pour l’occasion.

La petite robe noire comme point de départ

L’ouverture est délibérément programmatique. La collection débute sur une petite robe noire, retour à l’esquisse originale de Gabrielle Chanel datant de 1926, celle que Vogue avait surnommé la « Ford » de Chanel pour sa puissance démocratisante. Le nœud d’origine, repositionné en clutch porté à la main par le mannequin, devient une réinterprétation contemporaine d’une icône. Ce geste simple résume toute l’intelligence de l’approche de Blazy : certains designs des années 1920 sont si justes qu’ils n’ont besoin de rien pour rester absolument modernes.

Rayures, sirènes et archives des années 1920

Le reste de la collection déroule un univers sensoriel ancré dans le paysage basque. Des jupes en raphia côtoient des costumes en toile de coton lavée. Des soies fluides, des tweeds souples, des mailles perlées répondent directement au monde naturel qui entoure Biarritz. Le motif sirène traverse la collection comme une vague : des robes brodées scintillent de paillettes en écailles de poisson, tandis que des détails de coquillages et des textures aquatiques ponctuent de façon inattendue des silhouettes plus épurées. La collection se referme sur deux robes de gala sirènes, l’une turquoise, l’autre orange coucher de soleil, promises à une belle vie sur les tapis rouges à venir.

Des accessoires pensés comme un vestiaire complet

Les accessoires, terrain de jeu favori de Blazy, sont à l’avenant. Des bonnets de bain rayés rouge et blanc à jugulaire, des bottes cuissardes imperméables, d’immenses sacs de plage rayés, des boucles d’oreilles cornicello au logo Chanel et des colliers-locket en forme de livre composent un vestiaire complet, du bord de mer au salon. Le double C devient un élément structurel plutôt qu’une simple signature de marque, formant des manches drapées sur une robe de soie ou soulignant les hanches d’une jupe d’archive reproduite à l’identique à partir de croquis originaux.

Blazy a déclaré dans les notes du défilé : « Loin du salon parisien, Chanel a trouvé à Biarritz d’autres façons d’être et de voir, de bouger et d’être libre. Artistes, ouvriers, noblesse, marins et monde naturel partageaient la même scène, vivant ensemble comme une norme. Chacun avait un rôle à jouer. »

Ce manifeste résonne bien au-delà du vestiaire. Avec cette Croisière 2026-2027, Matthieu Blazy ne signe pas simplement une belle collection : il pose les fondations d’une nouvelle ère pour Chanel, aussi libre et audacieuse que celle initiée par Gabrielle elle-même, il y a cent onze ans, face à ce même Atlantique.

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