Il est des marques qui ne ralentissent jamais. Même lorsque le monde hésite, même lorsque les marchés se contractent, elles poursuivent leur trajectoire avec une constance presque insolente. En 2025, Lamborghini s’inscrit une nouvelle fois dans cette lignée rare, franchissant un cap symbolique : plus de dix mille automobiles livrées à travers le monde. Très exactement 10 747 supercars, autant de manifestes mécaniques confiés à des passionnés avertis.
Lamborghini renonce à l’électrique : Le choix assumé de l’émotion hybride
Au sommet de ses ventes, Lamborghini change de cap et suspend son projet 100 % électrique pour privilégier l’intensité sensorielle de l’hybride rechargeable. Un virage stratégique qui affirme, plus que jamais, la primauté de l’émotion sur le silence.

Chez Lamborghini, la vitesse n’est jamais qu’une question de chiffres. Elle est d’abord une affaire de frisson. Et c’est précisément au nom de cette émotion que la maison de Sant’Agata Bolognese a choisi de réécrire sa trajectoire.

Alors que 2025 a marqué un sommet historique avec 10 747 voitures livrées à travers le monde, la marque au taureau décide de mettre un terme à son ambitieux projet 100 % électrique. La Lanzador, dévoilée comme une promesse d’avenir et annoncée pour la fin de la décennie, ne quittera finalement pas le stade de concept. Initialement prévue pour 2028 puis repoussée à 2030, elle sort aujourd’hui du circuit avant même d’avoir pris le départ. Pour son président, Stephan Winkelmann, investir massivement dans un marché encore hésitant relèverait davantage du pari que de la vision. Surtout, l’électrique pur ne produirait pas, selon lui, ce lien viscéral qui unit une Lamborghini à son conducteur.

Car chez Lamborghini, le silence n’a jamais été une finalité. La marque préfère désormais la tension vibrante de l’hybride rechargeable, cette mécanique à deux voix qui conjugue conscience contemporaine et théâtralité mécanique. La spectaculaire Revuelto, V12 électrifiée, en est l’incarnation la plus éclatante ; tout comme l’Urus SE, version hybride du SUV qui a largement contribué aux records récents.

À l’heure où l’Union européenne programme la fin des motorisations thermiques neuves à l’horizon 2035 et où d’autres maisons — à l’image de Ferrari — accélèrent vers l’électrique, Lamborghini revendique un autre tempo. Non pas un refus du progrès, mais une fidélité à sa propre grammaire : celle du grondement, de la montée en régime, de la pulsation presque organique. L’hybridation apparaît alors comme “le meilleur des deux mondes” — performance exacerbée et transition maîtrisée.

Pour autant, la porte n’est pas définitivement close. “Il ne faut jamais dire jamais”, tempère Winkelmann. Peut-être qu’un jour, lorsque la technologie saura traduire en silence la même intensité dramatique qu’un V12, le taureau chargera sans bruit. D’ici là, Lamborghini choisit de rester fidèle à ce qui l’a toujours distinguée : une automobile pensée comme une expérience sensorielle totale, où l’émotion précède la stratégie et où la passion demeure la plus précieuse des énergies.



