La zone de conservation de Hampstead, dans le nord de Londres, est l’un de ces territoires urbains où le temps passe différemment. Les maisons y gardent une mémoire architecturale que d’autres quartiers londoniens ont depuis longtemps perdue sous les couches de rénovations successives. Pine Heath, maison de ville construite à la fin des années 1960 dans le cadre d’une série conçue par l’architecte sud-africain Ted Levy, Benjamin & Partners, est de celles-là. Quand une jeune famille en a pris possession et confié le projet à Studio Hagen Hall, le studio londonien fondé par Louis Hagen-Hall, la commande était formulée avec la précision d’une conviction double : « l’esthétique d’une case-study house californienne, avec la performance d’une maison passive. » Deux exigences qui semblent s’opposer. Le projet prouve qu’elles peuvent se nourrir l’une de l’autre.
Casa Las Rocas : Découverte d’une maison d’architecte entre désert et océan au Mexique
À l’extrémité sauvage de la péninsule de Basse-Californie, là où le désert s’achève dans un élan minéral vers l’océan, une maison surgit, comme sculptée par le vent et la lumière. Ancrée à flanc de rochers, Casa Las Rocas se dresse telle la proue d’un navire, scrutant l’horizon infini. Ici, la nature n’est pas un décor, elle est une complice silencieuse, omniprésente.

Conçue par Victor Legorreta, en association avec Marcela Cortina et Gloria Cortina, la résidence épouse la falaise avec une audace maîtrisée. D’un côté, elle s’ouvre généreusement sur la mer — piscine suspendue, terrasses baignées de soleil, salons extérieurs — comme pour mieux accueillir le tumulte des vagues et le souffle du large. De l’autre, elle cultive l’intimité, dans une succession d’espaces protégés, baignés d’une lumière filtrée, où le murmure de l’eau se mêle à celui des pas.

L’entrée, boîte rose presque secrète, dialogue avec la tradition mexicaine tout en annonçant une architecture résolument contemporaine. À l’intérieur, le marbre blanc des escaliers capte les rayons zénithaux, les patios intérieurs invitent à la méditation, et chaque ouverture cadre le paysage comme une œuvre d’art vivante.
La décoration, fruit d’une collaboration fluide entre les agences, raconte une histoire ancrée dans le Mexique d’aujourd’hui. Chaises signées Clara Porset, pièces de Michael van Beuren, carreaux de Francisco Toledo, mobilier contemporain de Jorge Arturo Ibarra ou de Gloria Cortina elle-même : tout ici est choisi, pensé, dialoguant avec les matières naturelles — pierre volcanique, pigments de cochenille, sève de cactus. Les murs, loin d’être de simples séparations, deviennent les gardiens d’une atmosphère, d’une douceur, d’une intimité rare.

Casa Las Rocas est plus qu’une maison : c’est un refuge d’élégance et de lumière, une ode à l’océan et aux traditions mexicaines réinventées. Un lieu où l’architecture s’efface parfois pour laisser parler le paysage, et où l’horizon, chaque soir, devient le plus précieux des tableaux.






