Du 22 mars au 24 mai 2025, la galerie Hauser & Wirth Paris présente « Frank Bowling. Collage », la toute première exposition personnelle en France de Sir Frank Bowling, figure majeure de la peinture contemporaine. L’exposition met en lumière sa pratique du collage, à la fois comme outil conceptuel et technique, et offre un regard inédit sur les dernières décennies de son œuvre. Découverte.
« It All Begins When It Ends » : Une Renaissance Picturale signée Laure Mary chez Richard Heller Gallery
Du 22 février au 29 mars 2025, la Richard Heller Gallery de Los Angeles accueille l’artiste française Laure Mary pour une exposition poignante intitulée « It All Begins When It Ends ». À travers une série de peintures oniriques et troublantes, l’artiste livre une œuvre profondément personnelle, née de son combat contre les violences domestiques. Un témoignage pictural d’une rare intensité, où la résilience et la transformation s’entrelacent dans un monde à la frontière du rêve et de la mémoire traumatique.

« Mon studio est devenu mon sanctuaire. Créer de nouvelles œuvres, c’était survivre. » Ainsi s’exprime Laure Mary, dont la dernière série de peintures incarne la traversée d’un traumatisme et la lente reconquête de soi. Ayant survécu à des violences conjugales, l’artiste a transmuté cette expérience en un corpus artistique qui donne voix à l’indicible. Chaque toile, chaque élément de composition, marque une étape de sa guérison.

L’esthétique du fragment : mémoire, temps et reconstruction
Avec un style mêlant surréalisme et symbolisme, Laure Mary explore les méandres de l’inconscient. Ses œuvres, peuplées de figures spectrales et de « lunes bleues » aux cratères accentués, évoquent la déconnexion psychique, la dépersonnalisation, les souvenirs fragmentés. Ces lunes deviennent des métaphores de la beauté résiduelle du traumatisme, des phares intérieurs guidant l’artiste à travers l’obscurité.

Les étoiles filantes, motif récurrent, incarnent la temporalité différée de la douleur et de l’art : leur lumière nous parvient avec retard, tout comme le sens profond d’un événement peut émerger bien après sa survenue. Laure Mary cite ici Giorgio Agamben, soulignant la nature anachronique de l’art contemporain, capable de révéler la lumière dans la nuit du présent.
Vanitas contemporaine : la nature morte comme introspection
Reprenant le genre classique des Vanitas, l’artiste lui donne une résonance contemporaine, en y inscrivant sa propre trajectoire de résilience. Objets familiers – chaises vides, téléphones anciens, tasses débordantes – deviennent des symboles de l’absence, de la solitude, mais aussi du désir d’échange et de réappropriation. Le tableau Me is another fait écho à Rimbaud, évoquant la rupture de l’unité du moi et la reconquête identitaire.

De l’intime à l’universel : un art solidaire
Laure Mary ne se contente pas de raconter sa propre histoire. Elle engage son art dans une démarche solidaire : les bénéfices de son œuvre The Safe Place seront intégralement reversés à Solidarité Femmes, association qui l’a soutenue durant sa reconstruction. « Grâce à eux, j’ai trouvé des ressources, une écoute. Aujourd’hui, je veux que d’autres puissent en bénéficier, surtout celles qui n’ont pas les moyens de se sortir seules de la violence. »

Une voix féminine forte dans l’art contemporain
Formée à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Lyon, lauréate de la commission arts visuels de la Cité Internationale des Arts à Paris, Laure Mary s’est imposée sur la scène internationale avec des expositions à Athènes, Chicago, Miami, Sydney, Séoul ou encore Hong Kong. Ses œuvres figurent dans des collections prestigieuses telles que la Hall Art Foundation (USA), le musée Thyssen-Bornemisza (Espagne), ou encore la Bunker Collection (USA).

Inspirée par Dorothea Tanning, Georgia O’Keeffe, Louise Bourgeois ou encore David Lynch, elle développe une esthétique du trouble, où le familier devient étrange et où la réalité, diffractée, ouvre sur des abîmes intimes. Son monde est fait de paradoxes : entre extase et détresse, entre cauchemar paisible et quête de liberté absolue.

Avec It All Begins When It Ends, Laure Mary signe une exposition bouleversante, mais résolument tournée vers l’espoir. Une invitation à regarder en face les blessures, mais aussi à croire en la capacité de l’art à guérir, à relier, à éveiller. Son œuvre, à la fois introspective et universelle, résonnera profondément avec toutes celles et ceux qui ont connu la perte de soi, et qui, dans l’obscurité, cherchent une lumière.

L’exposition est visible à la Richard Heller Gallery de Los Angeles, du 22 février au 29 mars 2025. Une date à ne pas manquer pour découvrir un travail dont la sincérité et la force créative marquent durablement le regard.
