Née face à l’océan, Leslie Mugnier a grandi sous l’influence silencieuse des marées et de la lune. Entre fascination cosmique, exigence artisanale et quête de sens, elle fonde Lunier comme on trace une orbite intime : un luxe en conscience, où la beauté devient langage, la main un manifeste, et chaque création un lien, entre le visible et l’invisible, entre soi et le monde. Rencontre avec une véritable créatrice qui pense le sac tel un talisman contemporain et ce, tout en conscience.
Missoni : Une nouvelle ère après 70 ans de contrôle familial
Dans l’histoire des grandes maisons italiennes, certaines signatures semblent indissociables de la famille qui leur a donné naissance. Missoni en fait partie. Pourtant, après plus de sept décennies sous contrôle familial, la maison lombarde entame aujourd’hui une nouvelle étape de son histoire. Le fonds d’investissement italien Fondo Strategico Italiano (FSI) devient l’actionnaire majoritaire avec 75 % du capital, tandis que l’investisseur allemand Katjes Quiet Luxury en détient désormais 25 %. Une transition stratégique qui marque la fin d’une ère, tout en affirmant une volonté claire : inscrire Missoni dans une nouvelle dynamique de croissance, sans renier ses racines.
Fondée en 1953 par Ottavio et Rosita Missoni, la maison est née d’un dialogue singulier entre sport et artisanat. Ancien athlète olympique, Ottavio expérimentait déjà la maille technique lorsqu’il rencontre Rosita, héritière d’une famille de fabricants textiles. Ensemble, ils ouvrent un atelier où les fils de laine deviennent langage. Très vite, leurs créations trouvent leur place dans les vitrines du grand magasin milanais La Rinascente. Les silhouettes s’animent alors de motifs vibrants, de rayures, de zigzags et de géométries chromatiques qui deviendront la signature de la maison.


L’histoire retient aussi un moment de rupture devenu mythique. En 1967, lors d’un défilé à Florence, les mannequins apparaissent sous des robes et blouses en maille si transparentes qu’elles laissent deviner leurs silhouettes sans soutien-gorge. Le scandale est immédiat, mais la notoriété de Missoni l’est tout autant. À partir de ce moment, la maison s’impose comme l’un des visages les plus audacieux de la mode italienne, accompagnant l’essor international du style transalpin. Dans les années 1970, ses créations traversent l’Atlantique et séduisent New York, notamment au sein du légendaire grand magasin Bloomingdale’s.


Au fil des décennies, la maison élargit son territoire créatif. Le prêt-à-porter se déploie aux côtés des accessoires, puis viennent les parfums et l’univers de la maison avec Missoni Home, où les motifs iconiques se transposent sur tissus, objets et espaces de vie. Sous l’impulsion de la deuxième génération, la marque explore également le lifestyle au sens large, allant jusqu’à imaginer des hôtels et des projets immobiliers où l’esthétique Missoni devient une atmosphère.

L’arrivée de FSI au capital en 2018 avait déjà amorcé cette transformation. En huit ans, la maison a doublé son chiffre d’affaires pour atteindre environ 130 millions d’euros, tout en renforçant sa rentabilité. Aujourd’hui dirigée par le CEO Livio Proli, avec Barnaba Ravanne à la présidence, la gouvernance reste stable, signe d’une transition pensée dans la continuité.

Si la famille Missoni quitte désormais le capital de l’entreprise, elle ne s’éloigne pas pour autant de son héritage. Celui-ci se perpétue à travers la Fondation Ottavio et Rosita Missoni, dédiée à la préservation de la mémoire créative et culturelle de la maison. Un geste symbolique, presque poétique : tandis que l’entreprise poursuit sa trajectoire vers l’avenir, l’esprit de ses fondateurs continue de veiller sur l’archive vivante de leur univers.

Dans un paysage de la mode où les maisons familiales deviennent rares, Missoni choisit ainsi une voie subtile : conjuguer l’énergie du capital stratégique avec la fidélité à un patrimoine profondément italien. Entre les lignes colorées de ses tricots mythiques et les nouvelles ambitions qui se dessinent, la marque semble rappeler une chose essentielle : certaines histoires ne se terminent jamais vraiment, elles changent simplement de rythme.



