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Watch Out Club : Vintage is the new heritage

Date : 13 février 2026
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À l’heure où le luxe se mesure de plus en plus en vitesse, en nouveauté et en immédiateté, Watch Out Club prend le contrepied. Fondée par Inès et Paola, cette plateforme de revente de montres vintage ne se contente pas de sourcer des pièces rares : elle redonne au temps sa profondeur, à l’objet sa mémoire, et au geste d’achat sa dimension culturelle. Ici, chaque montre est envisagée comme un fragment d’histoire en circulation, un héritage vivant plutôt qu’un produit figé. À travers une sélection exigeante et un regard résolument féminin sur un univers longtemps codifié, Watch Out Club s’impose comme un lieu de transmission, de passion et de sens, là où le vintage devient un langage contemporain du luxe. Rencontre.

Chez Watch Out Club, la montre ne s’achète pas pour ce qu’elle vaut, mais pour ce qu’elle raconte. Une patine, une mécanique, une provenance : chaque détail porte la trace du temps qui passe et de ceux qui l’ont porté. Plus qu’une simple plateforme de revente, le club orchestre une nouvelle manière d’habiter le luxe, fondée sur la durée, la réparabilité et la transmission. Dans un monde saturé d’objets standardisés, ces garde-temps anciens deviennent des repères, des preuves silencieuses qu’un autre rapport au temps, plus conscient et plus émotionnel, reste possible.

Inès incarne une esthétique exigeante nourrie par près de 10ans d’achat vente d’objet vintage des années 40 à aujourd’hui.  Son regard, façonné par une passion profonde pour le vintage sous toutes ses expressions, apporte une sensibilité unique au projet. Paola, quant à elle, apporte une expertise technique et une connaissance du marché portée par sa double casquette : celle de consultante horlogère en tant qu’associée chez On Time Consulting et de formatrice pour la Fondation de la Haute Horlogerie. Ensemble, elles forment une alliance harmonieuse où savoir-faire, culture horlogère et sens du style se conjuguent avec évidence.

Paola & Inès, fondatrices de Watch Out Club © Sarah Heitzmann / LUXE.NET

Pouvez-vous vous présenter, vous, ainsi que la naissance de Watch Out Club ?

Nous sommes Ines et Paola et avons fondé Watch Out Club il y a tout juste 1 an. Ce projet est né de notre passion commune pour l’horlogerie. Nous sommes spécialisés dans les montres vintages d’exception. Nous sourçons des pièces uniques et à fort caractère dans le but de présenter à notre clientèle une sélection pointue.

Par le concept de ‘Club’, nous aimons fédérer, rendre les montres de collection accessibles à tous, partager et surtout faire découvrir notre passion. Notre force : Un sourcing fait par des femmes mais destiné à tous, un positionnement qui nous différencie réellement sur le marché.

Quelle philosophie anime votre démarche : préserver le passé, lui donner une nouvelle vie, ou réinventer la notion même de luxe ?

Chez Watch Out Club, notre philosophie repose sur un équilibre subtil : préserver l’héritage, prolonger la vie des pièces, et redéfinir ce que signifie réellement le luxe aujourd’hui. Nous défendons un luxe qui traverse les époques, qui se transmet, qui vit plusieurs vies. Chaque montre, chaque bijou porte une histoire – notre rôle est de la respecter, de la révéler, et d’offrir à ces objets la visibilité qu’ils méritent dans le présent. Réinventer le luxe, pour nous, c’est célébrer l’authenticité, la rareté et la culture horlogère, loin de toute obsolescence. C’est donner du sens au beau, et du temps… au temps.

Le marché de la montre vintage explose, comment expliquez-vous cette « soif » d’authenticité ?

La montée en puissance du vintage traduit un besoin profond : celui de retrouver du sens, de la singularité et de l’authenticité dans un monde saturé d’objets standardisés. Les collectionneurs ne cherchent plus seulement une montre,  ils cherchent une histoire, un vécu, une pièce qui porte une âme. Le vintage répond à cette soif d’authenticité parce qu’il échappe aux effets de mode, aux productions de masse et au rythme effréné du neuf.

Chaque montre ancienne a traversé le temps, parfois plusieurs vies, et c’est précisément cela qui séduit : le caractère, l’imperfection maîtrisée, la patine, le charme de l’époque. Le vintage, aujourd’hui, est devenu une manière de se distinguer avec sens, en portant un héritage plutôt qu’un simple produit.

Selon vous, qu’est-ce qu’une montre vintage dit de notre époque ?

Une montre vintage en dit souvent long sur notre époque. Dans un moment où tout va vite, où les objets se succèdent et se remplacent presque sans laisser de traces, elle exprime au contraire un besoin d’authenticité, de sens et d’ancrage. Elle reflète ce retour à l’essentiel, à ce qui se transmet, à ce qui dure. 

Certains voient dans le vintage une forme de résistance au jetable, d’autres un nouveau capitalisme du rare. Le vintage est-il devenu le vrai luxe durable ?

En réalité, ces deux visions coexistent. Le vintage séduit parce qu’il réhabilite l’idée de durée : un objet pensé pour traverser les années, réparé plutôt que remplacé, transmis plutôt qu’obsolète. Mais il attire aussi parce qu’il crée une nouvelle forme de désir autour de la rareté, de la patine, de ce qui ne se fait plus … Autant d’éléments qui ne peuvent pas être reproduits ou industrialisés. Alors, le vintage serait-il devenu le vrai luxe durable ? Peut-être, justement, parce qu’il remet la valeur au bon endroit : dans ce qui continue d’exister, de fonctionner et d’émouvoir, malgré le temps. Le luxe n’est plus seulement ce qui brille, mais ce qui reste et procure de l’émotion.

Jaeger-LeCoultre — Reverso Ref. 250.8.08 / Watch Out Club © Sarah Heitzmann / LUXE.NET

Quelles sont, aujourd’hui, les pièces les plus recherchées ? Et celles que vous jugez encore injustement sous-estimées ?

Aujourd’hui, les pièces vintages les plus recherchées restent les classiques Cartier et Patek Philippe. Rolex conserve également un intérêt marqué sur le vintage, tandis que les montres neuves attirent un peu moins l’attention. Le marché s’est globalement calmé, laissant place à une approche plus réfléchie et sélective, où l’histoire et le caractère des montres priment sur la spéculation. Selon nous, les sous-estimées du grand public comparé à la grande qualité de leurs garde-temps sont plutôt Breguet ou encore Vacheron Constantin.

Cartier — Tank Must “Large” (Ref. 4323) / Cartier — Tank Basculante (Ref. 2405) / Cartier — Tank Divan Diagonale (Ref. 2786) / Watch Out Club © Sarah Heitzmann / LUXE.NET

Le luxe de demain passe-t-il, selon vous, par la seconde main ?

Le luxe de demain semble en effet se réinventer autour de la seconde main. La seconde main devient un terrain de créativité et de narration, où chaque pièce raconte une histoire unique. Dans ce sens, elle pourrait bien constituer une part majeure du luxe de demain, à condition de rester synonyme d’exigence, d’authenticité et de plaisir pour le collectionneur.

Piaget — Protocole Ref. 74101 / Watch Out Club © Sarah Heitzmann / LUXE.NET

En quoi la revente de montres diffère-t-elle d’autres segments du marché circulaire (mode, automobile, art) ?

La revente de montres se distingue par leur mécanique, leur réparabilité et leur nonobsolescence. Une montre vintage n’est pas seulement un bel objet : son mouvement peut être entretenu et restauré, lui permettant de traverser les décennies sans perdre sa fonction. Elle combine fonctionnement, histoire et potentiel de collection, offrant un luxe durable et vivant.

Comment garantissez-vous authenticité, traçabilité et confiance dans un secteur où la contrefaçon reste un enjeu ?

Dans le marché horloger, authenticité, traçabilité et confiance sont essentielles. Chaque montre passe par une expertise rigoureuse du mouvement, de tous les éléments d’habillage, des poinçons, des numéros de série … Les certificats d’origine, archives des manufactures et historiques de propriétaires permettent de retracer la vie de la montre. L’expertise humaine reste irremplaçable : un regard entraîné repère les anomalies, les restaurations non conformes ou les contrefaçons. 

L’achat de seconde main est-il encore un geste économique, ou est-il devenu un acte culturel, presque philosophique ?

Aujourd’hui, l’achat de seconde main dépasse souvent la simple dimension économique. Bien sûr, il permet d’accéder à des pièces rares ou de qualité à un prix plus raisonnable, mais effectivement il devient surtout un acte culturel et presque philosophique. Acheter une montre vintage, c’est se connecter à son histoire, à son savoir-faire et à la mémoire qu’elle porte. C’est aussi une manière de repenser notre rapport au temps et à la consommation, en valorisant ce qui dure plutôt que ce qui se remplace.

Le marché semble de plus en plus jeune. Comment expliquez-vous cet attrait des nouvelles générations pour les pièces anciennes ?

L’attrait des nouvelles générations pour les pièces anciennes tient à plusieurs facteurs. D’abord, il y a une recherche d’authenticité et de sens : ces jeunes collectionneurs sont sensibles à la durabilité et à la nonobsolescence. Enfin, le vintage permet de se distinguer et d’affirmer son style, en portant un objet à la fois rare, esthétique et chargé d’histoire, créant un lien émotionnel unique.

Audemars Piguet Vintage Années 70s / Ref. 5272 / Watch Out Club © Sarah Heitzmann / LUXE.NET

Quelle est la pièce qui vous a le plus ému, non par sa valeur, mais par son histoire ?

Il ne s’agit pas d’une pièce en particulier mais plutôt de toutes les histoires que racontent certaines pièces qui nous ont ému. Nous pensons à Abraham Louis Breguet qui a fait pour Caroline Murat (Reine de Naples) la première montre bracelet ; à la Speedmaster d’Omega qui a accompagné les premiers pas humains sur la lune ; mais aussi à la Rolex Osyter, première montre étanche et de ces différents exploits par la suite ou encore à la Royak Oak, première montre de luxe en acier… 

Que représente pour vous la transmission d’une montre ? Un geste, un symbole, un héritage ?

Transmettre une montre, c’est d’abord transmettre une passion. On partage un objet qu’on a aimé, qu’on a porté, et qui raconte quelque chose de nous. Ce n’est pas seulement un héritage matériel, mais un petit morceau de vécu qu’on fait passer à quelqu’un d’autre. Et le plus beau, c’est de voir cette montre continuer sa vie au poignet d’une autre personne à qui nous avons choisi de la transmettre.

Audemars Piguet Vintage Années 70s / Ref. 5272 / Piaget — Protocole Ref. 74101 / Watch Out Club © Sarah Heitzmann / LUXE.NET

Si le luxe, c’est le temps, alors comment Watch Out redéfinit-il ce rapport entre possession et passage, entre rareté et renaissance ?

Si le luxe, c’est le temps, alors Watch Out cherche justement à rééquilibrer ce rapport. On montre qu’une montre n’est pas seulement un objet à posséder, mais quelque chose qui traverse, circule, se transmet. On valorise la rareté, bien sûr, mais aussi la renaissance : redonner vie à des pièces anciennes, les remettre en lumière, les remettre au poignet.

Enfin, comment imaginez-vous le futur du vintage dans dix ans ? Un marché en expansion, une conscience en mutation, ou une nouvelle façon d’habiter le temps ?

Dans dix ans, les montres de seconde main pourraient devenir un véritable pilier du marché du luxe. Ce ne sera plus seulement une niche pour collectionneurs, mais une manière naturelle et consciente de consommer. Le vintage incarne une relation au temps différente : on porte, on transmet, on répare, et on redonne vie à des montres qui ont déjà une histoire.

Et enfin, votre définition du luxe ?

Pour nous, le luxe, c’est ce qui dure et ce qui a du sens. Une montre vintage en est l’exemple parfait : elle allie désir, patrimoine et usage, tout en restant vivante au fil des générations.

Watch Out Club © Sarah Heitzmann / LUXE.NET

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