Fruit de deux années de recherche en Italie, Royal Lightness incarne la nouvelle frontière textile de Loro Piana : un fil de soie et mérinos d’une finesse rarissime, et une étoffe mêlant soie et cachemire presque impalpable. Une démonstration magistrale d’un luxe silencieux, où l’excellence se mesure en microns.
Lunier : Le Sac, la Main, la Lune et les Sens – Rencontre avec Leslie Mugnier
Née face à l’océan, Leslie Mugnier a grandi sous l’influence silencieuse des marées et de la lune. Entre fascination cosmique, exigence artisanale et quête de sens, elle fonde Lunier comme on trace une orbite intime : un luxe en conscience, où la beauté devient langage, la main un manifeste, et chaque création un lien, entre le visible et l’invisible, entre soi et le monde. Rencontre avec une véritable créatrice qui pense le sac tel un talisman contemporain et ce, tout en conscience.

Leslie, enchantée. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis Leslie Mugnier, fondatrice et créatrice de Lunier. J’ai grandi sur la Côte basque, au contact de l’océan, en observant très tôt les cycles naturels, les marées, la lumière. J’ai toujours dessiné, depuis l’enfance, et toujours su que la création ferait partie de ma vie. La mode, l’art, l’esthétique ont été des évidences, nourries par une éducation sensible aux musées, aux galeries, à la culture visuelle. Lunier est aujourd’hui la synthèse de ce parcours, parfois sinueux, mais profondément cohérent.

D’où vient le nom Lunier, ce lien à la lune, à la douceur, à la lumière ?
La lune m’accompagne depuis toujours. De façon instinctive, presque organique. Elle symbolise pour moi la féminité, la rondeur, la douceur, mais aussi un immense pouvoir invisible. Grandir au bord de l’océan m’a permis de comprendre très concrètement son influence : si elle peut mouvoir les marées, elle peut forcément agir sur nous.
Le nom Lunier vient du latin lunaris, « de la couleur de la lune », mais aussi d’un jeu intime entre mon prénom et mon nom. Plus tard, j’ai réalisé qu’il contenait deux verbes fondamentaux : lier et unir. Tout Lunier est là : les liens que l’on tisse, les cycles, les connexions, l’harmonie dans l’apparent chaos.
Quelle a été l’étincelle fondatrice de la marque ?
C’était un appel. Presque une nécessité vitale. J’ai toujours su que je portais ce projet en moi, mais il y a un moment où il devient impossible de le taire. Quitter Dior a été une décision forte, mais évidente : je partais pour créer Lunier. Les dessins existaient déjà, le fil rouge aussi. Tout s’est ensuite aligné de manière très organique, sans calcul excessif. Lunier est né d’une impulsion sincère, profondément ancrée.

Vous parlez de “luxe en conscience”. Comment le définiriez-vous ?
Le luxe en conscience, c’est avant tout une question d’intention. L’intention dans le geste créatif, dans le choix des matières, dans la relation aux artisans, mais aussi dans la façon dont on consomme. Un objet que l’on choisit de porter raconte quelque chose de très intime sur notre rapport à nous-mêmes et aux autres. Créer avec authenticité, chaleur, alignement : voilà, pour moi, le véritable luxe.
La lune, la nature, l’harmonie… Quelle place tient la spiritualité dans votre démarche ?
La spiritualité est une notion très personnelle. Pour moi, elle commence par la connexion à soi, par le questionnement du sens. Nous avons tous une spiritualité, consciente ou non. Ma fascination pour la lune était d’abord instinctive, puis elle s’est enrichie au fil de mon cheminement intérieur. Chez Lunier, cette dimension reste subtile : elle se ressent plus qu’elle ne s’énonce. Chacun est libre d’y projeter sa propre sensibilité.

En quoi la beauté peut-elle être un acte de soin, voire de transformation ?
Je crois profondément au pouvoir de la beauté. Elle n’est ni superficielle ni anodine. Elle crée de la joie — et la joie est une porte directe vers l’âme. Créer à partir du cœur génère une énergie qui rayonne, qui se transmet. Porter quelque chose de beau transforme la manière dont on se tient, dont on se perçoit, dont on traverse le monde.

Quand vous imaginez un sac, par quoi commence le voyage ?
Par le crayon. Toujours. Le dessin est mon point de départ absolu. Les formes naissent de manière instinctive, souvent très épurées, rondes, douces. Je dessine beaucoup, je gribouille, je laisse venir. Les pierres, la symbolique viennent ensuite, comme une touche finale, presque un icing on the cake.

Vos créations sont organiques et intemporelles. Comment trouvez-vous cet équilibre ?
L’intemporalité est une intention forte. Je veux créer des sacs qui accompagnent une vie, pas une saison. Des formes qui ne fatiguent jamais le regard. Les broderies astrales, inspirées des phases lunaires, apportent une dimension bijou, poétique, sans jamais enfermer l’objet dans une époque.

Quelle importance accordez-vous à la main, au dessin, à l’intuition ?
Elle est centrale. J’ai besoin du contact physique : sentir le papier, le crayon, écrire, dessiner. Je réalise moi-même des maquettes en papier calque, je travaille les proportions au millimètre. Ce rapport direct à la matière est essentiel pour moi. Il ancre la création dans le réel.
L’Italie pour la confection !
L’Italie a su préserver un savoir-faire exceptionnel dans l’art du sac. Les ateliers y sont ouverts, humains, souvent familiaux. Ils savent accompagner de jeunes créateurs, croire en un projet. Cette relation de confiance et de transmission est fondamentale pour Lunier.

Quelle place tient la main humaine aujourd’hui ?
Elle est essentielle. À l’heure de l’automatisation et de l’IA, nous avons un besoin vital de tangible, de vrai, de relations humaines. Le luxe conscient est avant tout un luxe humain.

Un détail invisible qui fait la différence ?
La broderie. Réalisée dans un atelier spécialisé, avec une technique de quilting et un molleton en coton bio, elle donne relief et profondeur au sac. La machine brode, mais la main guide, accompagne, ajuste. C’est là que réside la magie.

Quelle émotion souhaitez-vous transmettre à celle qui porte un sac Lunier ?
La joie. Une joie douce, lumineuse. La soie danse avec la lumière, les broderies vivent au mouvement. Le sac est léger, pensé pour le confort, pour la bienveillance du quotidien. J’aimerais que l’on se sente belle, comprise, alignée.
La lune est-elle votre seule muse ?
La lune est un point de départ, un symbole. Elle parle de cycles, de transformation, de mouvement. Mais Lunier va au-delà : il s’agit d’harmonie, de sens, de lien. D’autres histoires viendront, d’autres objets, d’autres formes. Lunier est un verbe, un mouvement vivant.

Votre définition du luxe ?
Pour Lunier : le temps, l’attention, la main, le respect des savoir-faire. À titre personnel : le temps, encore. Le temps de ne rien faire, de s’ennuyer, de laisser émerger la créativité. Le véritable luxe aujourd’hui, c’est cette lenteur choisie, consciente.


















