Il est des objets qui semblent suspendre le temps. Des formes qui, des décennies plus tard, conservent la fraîcheur d’un premier éclat. En ressuscitant la Monterey, première montre imaginée par Louis Vuitton à la fin des années 1980, la maison ne signe pas une simple réédition : elle offre un hommage vibrant à l’esprit d’innovation et de pureté qui animait déjà ses débuts en horlogerie.
Drophaus : La vision de l’habitat du futur signée Pharrell Williams pour Louis Vuitton
Il y a ces défilés qui esquissent des mondes. Pour l’automne-hiver 2026 de Louis Vuitton Homme, Pharrell Williams a choisi de dépasser le cadre du vestiaire pour proposer une vision plus vaste, presque philosophique : celle d’un art de vivre à venir.
Au cœur d’un espace éphémère installé aux abords de la Fondation Louis Vuitton, dans le Bois de Boulogne, une architecture inédite s’est imposée comme le point d’ancrage du défilé. Baptisée Drophaus, cette construction aux lignes organiques n’est ni un décor, ni un simple manifeste esthétique. Elle est une projection. Une maison pensée comme un organisme vivant, conçue en collaboration avec Not A Hotel, le studio japonais reconnu pour ses résidences d’exception imaginées par des architectes et proposées selon un modèle de propriété fractionnée.

Une architecture née de l’eau et du mouvement
Drophaus tire son nom et sa forme d’une goutte d’eau. Des parois de verre compressé, des courbes fluides, une transparence presque liquide : tout ici évoque la circulation, la respiration, l’effacement des frontières entre intérieur et extérieur. Autour de la structure, des herbes hautes et des terrasses d’inspiration japonaise dessinaient un paysage méditatif, où l’architecture semblait flotter plus que s’imposer.
Pour Pharrell Williams, cette maison est le prolongement naturel d’une sensibilité forgée au contact de l’eau. Plus qu’un exercice de style, Drophaus revendique une approche intuitive : concevoir non pas à partir de dogmes architecturaux, mais depuis le ressenti, l’usage et la culture. Une vision du futur qui refuse l’obsolescence programmée, et préfère l’intemporalité du sens.

L’habitat comme expérience humaine
À l’intérieur, le mobilier prolonge cette idée d’un luxe vécu plutôt que figé. Avec Homework, une ligne de pièces dessinées pour le projet, Pharrell introduit volontairement une part d’irrégularité : surfaces ondulantes, formes imparfaites, textures vibrantes. Une manière de rappeler que l’habitat est d’abord un espace de vie, traversé par le mouvement et l’émotion.

Ce souci du détail s’est glissé jusque dans l’invitation du défilé : une paire de chaussons en cuir, clin d’œil discret à l’intimité domestique. Avant même que les silhouettes ne prennent possession du podium, des modèles ont arpenté la maison, comme pour en éprouver la réalité.

Une mode pensée pour durer
Sous les voix d’un chœur live, la collection s’est déployée dans un dialogue constant avec l’architecture. Les archétypes du vestiaire masculin – trench-coats, costumes croisés, vêtements de travail – ont été réinterprétés par le prisme de la matière. Des chevrons devenus techniques, des tweeds réfléchissants, des broderies de cristal évoquant la chute de l’eau : chaque pièce semblait conçue pour traverser le temps plutôt que suivre la saison.
Avec cette proposition, Pharrell Williams confirme son approche transversale de la création. Chez Louis Vuitton, la mode ne se contente plus d’habiller le corps : elle dessine des espaces, suggère des usages, interroge notre manière d’habiter le monde. Drophaus n’est pas une utopie futuriste. C’est une invitation à imaginer un luxe plus conscient, ancré dans le présent, mais capable de résonner encore dans vingt ans.



