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Valentino Garavani 1932-2025 : L’éternité cousue de rouge

Date : 20 janvier 2026
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Il y a des noms qui traversent le temps comme une signature gravée dans la soie. Valentino Garavani est de ceux-là. Le 19 janvier 2026, à Rome, la Ville éternelle qu’il n’a jamais quittée de cœur, le grand couturier italien s’est éteint à l’âge de 93 ans, entouré des siens. Avec lui disparaît bien plus qu’un créateur : un idéal de beauté, une certaine idée de l’élégance absolue.

Né à Voghera en 1932, Valentino pressent très tôt que sa vie se dessinera à l’encre de la création. Paris, alors capitale incontestée de la haute couture, devient son premier terrain d’apprentissage. Dans les ateliers de Jean Dessès et de Guy Laroche, il affine son regard, discipline son geste et comprend que le luxe n’est jamais une démonstration, mais une retenue parfaitement maîtrisée.

Rome, ensuite, s’impose comme une évidence. En 1960, Via Condotti devient l’écrin de son premier atelier. Aux côtés de Giancarlo Giammetti, son partenaire et complice de toujours, Valentino donne naissance à une maison qui portera son prénom comme une promesse. Deux ans plus tard, le défilé au Palazzo Pitti, à Florence, marque un tournant décisif : l’Italie tient enfin son ambassadeur de l’élégance moderne, capable de dialoguer d’égal à égal avec Paris.

Très vite, l’esthétique Valentino s’impose. Des lignes pures, une architecture du vêtement qui sublime le corps sans jamais l’assujettir, et surtout une couleur devenue manifeste : le rouge. Inspiré par une robe aperçue à l’opéra dans sa jeunesse, ce « Rosso Valentino » incarnera à jamais la passion, la puissance et la sensualité maîtrisée de la maison. Peu de créateurs peuvent se targuer d’avoir donné leur nom à une teinte ; Valentino l’a inscrite dans l’histoire.

En 1968, le « V » apparaît, discret et souverain. Il deviendra l’un des emblèmes les plus reconnaissables du luxe mondial. Robes de couture, silhouettes de tapis rouge, clientes mythiques — de Jackie Kennedy à Sophia Loren — Valentino habille les femmes comme on compose un hommage, avec respect et dévotion.

Lorsque le créateur annonce son retrait en 2007, à 75 ans, c’est par un dernier défilé magistral, comme une révérence parfaitement chorégraphiée. Le film Valentino: The Last Emperor, réalisé par Matt Tyrnauer, fixera à jamais cette fin de règne, intime et grandiose à la fois.

La maison, elle, poursuivra son chemin, traversant les époques et les visions — d’Alessandra Facchinetti à Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccioli, jusqu’à l’arrivée d’Alessandro Michele en 2024. Mais l’âme, elle, restera celle insufflée par son fondateur : une élégance sans tapage, un luxe qui ne crie jamais, mais que l’on reconnaît instantanément.

Valentino Garavani laisse derrière lui un héritage cousu de rigueur, de beauté et de silence. Un monde où chaque robe racontait une histoire, et où le raffinement était une discipline autant qu’un art.

Le temps peut passer. Le rouge Valentino, lui, ne s’effacera jamais.

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