Sur les cimaises blanches d’Art Basel, là où l’art ne se contente pas d’exister mais s’élève, Zegna entre en scène avec la discrétion des maisons sûres de leur beauté. Pas d’esbroufe, ni d’apparat : une simple continuité, presque organique, entre l’élégance vestimentaire et l’engagement artistique. Un dialogue tissé depuis plus d’un siècle.
Art Basel-UBS : Les jeunes collectionneurs fortunés dépensent en moyenne 347 460 dollars par an
Les collectionneurs de la génération Z dépensent en moyenne 347 460 dollars par an en art, contre 124 265 dollars pour l’ensemble de l’échantillon. L’enquête Art Basel-UBS paraît avant Frieze London et Art Basel Paris. Immersion.
Art Basel-UBS Collectionneurs Génération Z : Ils ont entre 20 et 29 ans. Ils n’achètent pas beaucoup plus d’œuvres que leurs aînés, mais ils les paient bien plus cher. En 2025, les collectionneurs fortunés de la génération Z ont dépensé en moyenne 347 460 dollars en art. Cette somme progresse de 19 % en un an. Elle représente plus du double de la dépense de toute autre génération. L’enquête Art Basel-UBS arrive à point nommé. Elle précède Frieze London (14-18 octobre) et Art Basel Paris (23-25 octobre). Les galeries y verront bientôt de près ces nouveaux visages.

Un cercle restreint, un patrimoine considérable
Le Survey of Global Collecting porte la signature de Clare McAndrew, fondatrice d’Arts Economics. Il interroge 3 100 personnes dans dix marchés, dont la France. Chacune dispose d’au moins un million de dollars de patrimoine. Le calcul exclut l’immobilier et les entreprises non cotées.
La génération Z compte 279 répondants, soit 9 % de l’échantillon. C’est un groupe étroit et exceptionnellement aisé. Il ne dit rien de la jeunesse en général. Il dit beaucoup, en revanche, de la clientèle qui monte.

Art Basel-UBS Collectionneurs Génération Z : 347 460 dollars, l’écart
Le chiffre frappe d’abord. L’ensemble de l’échantillon dépense en moyenne 124 265 dollars en 2025, soit 13 % de plus qu’un an plus tôt. La génération Z fait presque trois fois mieux. Sa moyenne du seul premier semestre 2026 dépasse même celle de toute l’année 2025.
Pourtant, ces jeunes collectionneurs n’accumulent pas : ils choisissent. Le nombre d’œuvres achetées reste comparable d’une génération à l’autre. Ce sont les prix qui changent d’échelle. Ainsi, 13 % d’entre eux ont dépensé plus d’un million de dollars au premier semestre 2026, contre 3 % pour l’ensemble. À eux seuls, ils forment presque la moitié des acheteurs d’une œuvre à plus d’un million.
Enfin, leur appétit déborde le cadre du tableau. Ils consacrent aussi 151 310 dollars en moyenne aux bijoux et aux pierres précieuses. C’est plus de cinq fois la moyenne de la génération X.

L’héritage, matière première d’une génération
Derrière ces moyennes, une histoire de famille. Pour 37 % des répondants de la génération Z, la fortune vient d’abord des proches, contre 15 % pour l’ensemble. De plus, 40 % d’entre eux sont entrés en collection sous l’influence de leur famille, contre 28 % en moyenne.
Matthew Newton, d’UBS, y voit un lien probable avec l’héritage. Fortune rapporte ses mots, que nous traduisons : « Il y a probablement une relation avec l’héritage qui se reflète là-dedans. » Il s’agit d’une impression, et non d’un résultat établi. Mais le contexte lui donne du poids : UBS estime que plus de 83 000 milliards de dollars changeront de mains d’ici 20 à 25 ans. Près de 90 % iront aux plus jeunes.

Art Basel-UBS Collectionneurs Génération Z : Galeries, foires, ateliers, un marché qui se déplace sans se renier
D’abord, la relation à l’artiste se resserre. Les achats directs concernent 69 % de l’ensemble des collectionneurs et pèsent 19 % de leurs dépenses. Pourtant, les galeries restent le cœur du système. Au total, 87 % des collectionneurs ont acheté auprès d’un marchand, dont 62 % en foire.
Ensuite, le goût du risque se partage inégalement. Chez l’ensemble des collectionneurs, la part de ceux qui achètent des artistes inconnus passe de 66 % en 2025 à 45 % en 2026. C’est le plus bas niveau en cinq ans. La génération Z prend le contre-pied : 56 % d’entre eux achètent des artistes récemment découverts, contre 36 % des baby-boomers.
Clare McAndrew s’en étonne dans une citation traduite : « Il est toujours intéressant d’arriver avec une idée préconçue, et de la voir complètement démentie. » Les plus jeunes ne fuient donc pas l’inconnu. Ils le choisissent.
Cette génération se révèle aussi la plus discrète. Selon Art Basel, 42 % de ses collectionneurs utilisent des groupes de partage restreints ou sur invitation. Par ailleurs, 80 % mènent des recherches approfondies avant d’acheter. Enfin, 48 % placent l’unicité ou la rareté en tête de leurs critères, contre 38 % chez les baby-boomers.
Autrement dit, ils veulent posséder ce que peu d’autres possèdent. Et ils préfèrent le dire à voix basse.

Art Basel-UBS Collectionneurs Génération Z : Une moyenne, pas un portrait
Toutefois, une réserve s’impose. Quelques gros acheteurs tirent ces moyennes vers le haut. Les articles consultés ne publient pas les médianes.
Reste un signal net. Le marché de l’art compte désormais, parmi ses acheteurs les plus généreux, des héritiers de moins de trente ans. Pour mesurer l’état du marché avant cette rentrée, lisez notre bilan d’Art Basel 2026. Pour revenir sur la scène parisienne, lisez aussi notre article sur l’Art Week 2025.
Il reste à voir, dans les allées de Frieze et du Grand Palais, si cette moyenne prend un visage.
Sources : The Art Newspaper, Art Basel (Survey of Global Collecting 2026), Fortune, Sortiraparis, Artrabbit.


