Chanel annonce ce 25 septembre 2026 la nomination de Lucia Pieroni au poste de directrice de la création maquillage, ou « Creative Makeup Director ». La maquilleuse britannique rejoint la maison après plus de trente ans de carrière dans la mode et la beauté. Elle rapportera à Simona Cattaneo, présidente de la division Chanel Fragrance & Beauty depuis septembre 2024.
Fashion Week : Chanel progresserait de 16 %, Valentino sort d’une année à 103 millions de pertes
La Fashion Week de Paris se referme sur deux trajectoires opposées : les ventes de Chanel auraient progressé de 16 % sous Matthieu Blazy, quand Valentino sort d’une année à 103 millions d’euros de pertes.
Fashion Week Ventes : La Fashion Week de Paris se referme ce 5 octobre avec le défilé Chanel, un an après l’arrivée de Matthieu Blazy à sa direction artistique. L’AFP profite de l’occasion pour publier un premier bilan : les ventes de la maison auraient progressé de 16 % au premier semestre 2026, selon des données confidentielles publiées par Bloomberg en août. Ce chiffre ne vient pas de Chanel elle-même, qui ne communique que des résultats annuels. Il fait néanmoins de la maison une exception dans un secteur du luxe largement en repli. Deux jours plus tôt, Valentino présentait sa propre collection printemps-été 2027 dans un tout autre climat : la maison romaine sort d’un exercice 2025 marqué par une perte de 103 millions d’euros.

La « Blazymania », entre files d’attente et rareté organisée
L’AFP décrit un phénomène qu’elle baptise « Blazymania » : des files d’attente filmées devant les boutiques Chanel, à l’arrivée de la première collection signée Matthieu Blazy, en mars 2026. Alix Morabito, directrice des achats des Galeries Lafayette, confirme cette tension à chaque livraison : les nouvelles pièces sont attendues avec impatience, et certaines listes d’attente s’allongent sérieusement. Pour Pierre Groppo, rédacteur en chef mode chez Vanity Fair, Matthieu Blazy « a déconstruit les codes de la marque, les projetant dans une nouvelle ère », tout en conservant les fondamentaux historiques de la maison : tweed, camélia, perles, double C. La marque élargit par ailleurs son offre vers des accessoires plus quotidiens, et séduit une clientèle masculine nouvelle avec mocassins, baskets et blazers.


Fashion Week Ventes : Valentino, sous perfusion de ses actionnaires
Le même jour, Valentino présentait à la bibliothèque Sainte-Geneviève sa collection « Antibiblioteca », conçue par Alessandro Michele, directeur artistique depuis mars 2024. Reuters rappelle le contexte financier qui pèse sur ce défilé : un chiffre d’affaires en recul de 15 %, à 1,12 milliard d’euros, et une perte de 103 millions d’euros sur l’exercice 2025, contre un bénéfice de 31 millions un an plus tôt. La dette nette de la maison grimpe parallèlement, de 377 à 472 millions d’euros hors loyers. Ses actionnaires, Mayhoola à 70 % et Kering à 30 %, ont déjà injecté 100 millions d’euros de capital en 2025, et promettent un soutien supplémentaire pour 2026. Kering conserve en outre des options lui permettant de monter jusqu’à 100 % du capital de Valentino d’ici 2029, un engagement financier qui dépasse donc largement le seul choix créatif.

Fashion Week Ventes : Une industrie qui s’interroge sur sa propre stabilité
Cette semaine de clôture aura aussi été marquée par une mise en garde plus générale. Interrogé le même jour par l’AFP, Andreas Kronthaler, à la tête de Vivienne Westwood, résume un sentiment partagé par une partie du secteur : « We are living in a very precarious moment because things are not so secure in fashion. » La dépêche évoque, sans les confirmer, des départs possibles de directeurs artistiques chez Saint Laurent, Balenciaga et Chloé. Notre article sur le dernier défilé d’Anthony Vaccarello pour Saint Laurent revenait déjà sur une phrase énigmatique du créateur, lue depuis comme un possible indice.

Un créateur vedette ne suffit pas toujours à relancer les ventes
Cette même semaine illustre donc deux trajectoires opposées : une maison non cotée qui affiche une croissance à deux chiffres grâce à un renouvellement assumé de ses produits et une vraie gestion de la rareté, selon les acheteurs eux-mêmes ; une autre, détenue en partie par un groupe coté, qui vit sous la perfusion financière de ses actionnaires malgré l’arrivée d’un nom tout aussi attendu. Notre article sur l’entrée de Kering au capital de Valentino, en 2023, permet de mesurer tout l’enjeu financier que représente aujourd’hui cette participation pour le groupe français. Reste à savoir si le chiffre de Bloomberg recoupe les comptes internes de Chanel, la maison ne publiant que des résultats annuels ; Kering, de son côté, devra détailler lors de ses résultats du 22 octobre le montant exact engagé pour Valentino en 2026, et le calendrier de ses options de rachat.
Sources : AFP, Bloomberg, Reuters, France 24.





