À l’Arc de Triomphe, l’art se traverse, s’écoute et se respire. Pour La Tempête, Jérémy Pradier-Jeauneau imagine un parcours où textiles, lumière, sculptures, sons et souvenirs transforment le monument en un véritable espace sensoriel.
L’art de recevoir, signé Max Sokolinski & Sofia Silvanas, la musique comme vecteur, rencontre
De Chloé au musée Bourdelle à Gucci, des nuits ibicencas où tout a commencé jusqu’aux voûtes du Grand Palais, Max et Sofia n’ont jamais cherché à impressionner par le spectacle mais à toucher par la présence. Ils ne préparent jamais leurs sets : ils lisent une salle comme on lit un visage, et transforment chaque soirée en un territoire commun entre la maison, le lieu, le public et eux-mêmes. Leur définition du luxe tient en une phrase, et elle claque comme un manifeste : l’intersection du goût et de l’intention. Ce sont précisément les coordonnées de ce territoire qu’ils explorent, assis, l’un à côté de l’autre, entre le sable d’Ibiza et les salons les plus prestigieux de Paris. L’art de recevoir une écriture à part entière, rencontre.
On entre chez eux avec une douce familiarité. Puis, on découvre ce laboratoire créatif où chaque angle abrite un instrument, où les livres et les magazines semblent se répondre d’une pile à l’autre, où un parfum discret circule entre les meubles. Rien n’y est laissé au hasard, et pourtant rien n’y paraît mis en scène : chaque chose a sa place, et chaque place raconte quelque chose. Les vinyles, rangés là, dont il suffit d’apercevoir la pochette pour que la mélodie revienne d’elle-même. Dans la chambre, un plafond peint par l’artiste Jamie Prisz ; ici, un oiseau en relief. Des détails qui ne demandent rien d’autre que notre regard et laissent à l’imagination le soin de poursuivre. Une photographie, instant figé qui, un jour, a fait naître toute une histoire. Tout, ici, nous invite à échanger, à nous laisser inspirer. Rencontre avec Max & Sofia.

À cette « loi » tacite du monde de la nuit, le DJ règne depuis les hauteurs, séparé de la foule par une cabine qui tient à distance ce qu’elle devrait relier, Max et Sofia ont opposé un démenti. Pieds nus sur un canapé, assis sur un lit, installés à même le sable d’une plage de Juan-les-Pins un soir d’été, ils ont fait de la proximité une esthétique et de l’intimité une méthode. Ne plus surplomber, mais s’asseoir à côté. Ne plus impressionner depuis un piédestal, mais inviter dans son propre salon. C’est ce geste, aussi simple qu’il est rare, qui a fait de ce duo une signature.
L’art d’être présent
Vous performez souvent assis, parfois sur un canapé, parfois même sur un lit, dans un univers où les DJ sont traditionnellement placés au-dessus de la foule. Pourquoi ce choix de la proximité et de l’intimité ?
Sofia : L’histoire d’Ibiza l’explique assez bien. L’été dernier, c’était la première fois que j’y allais, tandis que c’était la quatrième ou cinquième fois pour Max. Nous avions été invités à un événement incroyable à Jondal : il y avait un événement Heaven Sake, une exposition de Miranda Makaroff, et tant de choses extraordinaires réunies sur la même plage. Mais ce qui nous a vraiment marqués, c’est la manière dont les DJ étaient installés. Ils étaient assis pieds nus sur un petit canapé, les pieds dans le sable, avec les platines posées sur une table basse devant eux. On avait l’impression d’être invités sur la plage privée ou dans le jardin de quelqu’un, dans un lieu intime, personnel et créatif.
On ne se sentait pas obligé de rester debout devant un DJ, de le filmer avec son téléphone et de faire semblant d’être cool. On pouvait simplement s’asseoir à côté de lui, voir ce qu’il jouait, regarder quel vinyle il allait choisir ensuite, l’entendre parler. C’était incroyablement accueillant. Et ce soir-là, nous avons finalement rencontré davantage de personnes que jamais, simplement grâce à cette atmosphère. Tout le monde y répondait.
Max : L’idée est vraiment de supprimer la séparation entre le performeur et l’invité. De dire : nous sommes tous ensemble, et nous partageons ce moment.
Ce que l’on donne est ce que l’on reçoit. Si ce que l’on offre est quelque chose de froid, distant et institutionnel, c’est cette atmosphère que l’on va créer. Mais si l’on propose quelque chose d’accessible, de fun et de décontracté, même dans un environnement extrêmement luxueux, l’expérience devient beaucoup plus forte.

Les maisons de luxe doivent parfois descendre de leur piédestal pour réellement entrer en contact avec les gens, pour leur permettre de se sentir partie prenante de l’expérience.
Depuis cet événement, chaque fois que nous le pouvons, nous essayons de déconstruire le dispositif traditionnel. Je pense que les nouvelles générations, en particulier, sont de plus en plus attirées par ce qui semble effortless, tout en restant désirable. Pour les marques, je pense que c’est devenu particulièrement important. Quelque chose a changé dans l’air. Le nouveau luxe peut être simple, cool et accessible. Tout le monde peut se fermer aux inconnus ; tout le monde n’a pas la liberté d’accueillir véritablement quelqu’un dans son univers.
Il y a aussi quelque chose qui se joue dans la manière dont le luxe révèle de plus en plus ses coulisses : les artisans, ceux qui fabriquent les objets, le processus lui-même. Tout cela participe du même mouvement.
Sofia : Exactement. C’est peut-être ça, le nouveau VIP : la proximité.

Qu’est-ce que le corps dit de votre intention musicale ? La manière dont vous vous installez est-elle déjà une déclaration sur la façon dont vous souhaitez que les gens se sentent ?
Sofia : J’ai étudié le journalisme et l’un de mes cours préférés était consacré à l’art de l’interview. Mon professeur accordait énormément d’importance au langage corporel. Il ne cherchait pas vraiment à nous apprendre à poser les questions parfaites. Son enseignement principal était de montrer à la personne que l’on interviewe que l’on est ouvert. On ne reste pas debout comme si l’on attendait quelque chose, ou comme si l’on allait partir parce que notre temps était limité. On s’assoit. On ouvre les bras. On adopte une posture détendue. On regarde l’autre dans les yeux sans l’intimider.
Lorsque nous avons imaginé le fait de nous asseoir à côté des gens, je me suis souvenue de tout cela. Si l’on veut que les personnes autour de soi se sentent détendues, il faut soi-même l’être véritablement. Il faut se sentir à l’aise sur ce canapé, sur ce lit. Les gens réagissent comme des miroirs. Ce que vous leur montrez est ce à quoi ils répondent.
Max : C’est aussi ce qui est fascinant chez les DJ. Parfois, on les regarde et on les voit transpirer, complètement immergés, donner énormément d’énergie à la salle. Mais le public renvoie cette énergie. C’est un échange. Évidemment, le contexte compte. Ce que nous faisons lors d’un set détendu en début de soirée ou pendant un cocktail est différent de ce que nous ferions plus tard dans la nuit, lorsque les gens ont envie de danser. À ce moment-là, bien sûr, on a envie d’être debout.
Qu’est-ce qui fait, pour vous, la réussite d’un mix ? Est-ce une salle qui se met en mouvement, ou quelque chose qui se produit silencieusement à l’intérieur de quelqu’un ?
Max : Cela dépend vraiment. S’il est suffisamment tard et que les gens sont d’humeur à danser, ils vont danser, et vous le voyez immédiatement. Mais parfois, vous avez l’impression que les gens ne réagissent pas, puis une personne vient vous voir à la fin du set et vous dit : « C’était incroyable. Ce morceau que tu as joué à ce moment précis m’a vraiment touché, à cause de telle référence ou de tel souvenir. »
On ne peut pas toujours le savoir. Le fait que personne ne bouge ne signifie pas que personne n’apprécie.
Sofia : Parfois, toucher une seule personne avec un morceau suffit. Au fond, on ne peut pas plaire à tout le monde en même temps, et heureusement. Il ne s’agit pas de trouver le morceau parfait. Il s’agit du contexte : le lieu, la manière dont les gens se sentent à cet instant précis, la transition d’un morceau à l’autre et le voyage dans lequel on les emmène.
Max : Réussir, c’est parvenir à toucher le plus grand nombre de personnes possible, mais pas nécessairement au même moment. Les gens viennent de cultures et d’horizons différents. C’est pourquoi nous aimons avoir une sélection véritablement multiculturelle. Nous ne voulons pas être enfermés dans un seul genre ou un seul BPM. Pour nous, ce serait extrêmement limitant.
Aucune playlist ne peut prédire une salle.

La musique est l’un des plus grands vecteurs de culture. Nous voulons donc que nos sets soient riches. C’est toujours une grande satisfaction lorsqu’après deux ou trois heures, nous réalisons que nous avons traversé dix genres différents, cinq continents et plusieurs décennies.

Y a-t-il des sons, des textures ou des fréquences vers lesquels vous revenez toujours, quelque chose qui pourrait devenir votre signature ?
Sofia : Je crois que j’aime commencer avec des voix féminines, quelque chose de très léger. Mais nous n’avons pas vraiment de signature pour l’instant.
Max : Nous ne préparons pas vraiment nos sets. Nous avons avec nous toute la musique que nous aimons, une grande partie sur des clés USB, puis nous répondons à l’atmosphère de la salle. Nous pouvons complètement changer de direction au cours de la soirée. C’est pour cela que nous ne planifions jamais vraiment. Nous voulons pouvoir nous adapter aux gens.
Ce que nous faisons est véritablement à l’intersection de trois choses : les valeurs de la marque, les personnes présentes dans la salle et nous-mêmes. La musique se trouve au centre de ce triangle.
Sofia : Et cela rejoint ce que nous disions sur le fait d’être authentique et présent. Il faut répondre honnêtement à ce qui nous entoure.
Lorsque les marques vous invitent dans leur univers, vous semblez également les inviter dans le vôtre. Quelle conversation se crée entre leurs deux mondes ?
Max : Nous avons la chance d’avoir aujourd’hui établi un style, et les marques viennent à nous pour cela. C’est devenu assez naturel. Lorsqu’il s’agit d’une performance live, la conversation peut être plus explicite, parce que j’ai différentes possibilités. Je peux jouer seul, en duo, mélanger le classique et le contemporain, ou parfois jouer en trio. Il y a donc un véritable dialogue autour de l’atmosphère que nous voulons créer. Mais pour le DJing, les marques viennent généralement chercher ce que nous faisons déjà.

La manière dont nous expérimentons la musique aujourd’hui vous semble-t-elle différente, plus performative, plus fragmentée ?
Max : Je pense que l’on peut en faire une force. Notre capacité d’attention est beaucoup plus courte et nous consommons énormément de choses différentes sans nécessairement être fidèles à l’une d’entre elles. Mais cela peut rendre un DJ set plus riche, parce que l’on peut avoir une sélection extrêmement éclectique et vaste. À travers cela, on peut faire l’expérience de différentes émotions, cultures et références.
Il y a toujours un fil conducteur, une lumière qui guide l’ensemble. Les transitions restent fluides, mais à l’intérieur de ce cadre, tout peut arriver.
Sofia : J’ai récemment vu quelque chose d’assez extrême lors d’une after-party : la DJ changeait de morceau toutes les quinze secondes. Au début, cela m’a presque terrifié, mais j’ai aussi été fasciné par la manière dont le public réagissait. C’était presque comme swiper : une chose, puis une autre, puis une autre. Bien sûr, cela ne fonctionne qu’avec de la musique électronique et des BPM suffisamment proches. Mais lorsqu’on le fait bien, ces fragments de quinze secondes peuvent presque devenir un seul morceau continu.


Comment définiriez-vous l’art de recevoir ?
Max : Tout commence par l’attention. L’attention portée aux détails : la lumière, la qualité de la musique, mais surtout l’attention portée aux personnes. Être véritablement présent pour elles. Reconnaître qu’il y a devant soi une personne qui possède tout un monde dans sa tête, et être sincèrement intéressé par cela.
Sofia : Pour moi, bien recevoir signifie aussi accueillir des personnes très différentes.
Parfois, les marques peuvent ne pas être immédiatement à l’aise avec de jeunes personnes à l’apparence très singulière. Mais je pense que cette diversité est précisément ce qui peut élever une marque.
Max : Lorsque nous organisons nos propres événements, nous aimons réunir des personnes issues de mondes complètement différents. Ce qui les relie, c’est la créativité, mais aussi l’ouverture d’esprit et la gentillesse. Nous accordons beaucoup d’importance au fait que les personnes qui nous entourent soient bienveillantes. J’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui m’ont montré que le talent et la gentillesse pouvaient parfaitement coexister. Travailler avec Matthieu Chedid lorsque j’avais 23 ans a été une immense source d’inspiration. Il était déjà extrêmement établi, et pourtant il était tout aussi bienveillant avec tout le monde. Cela a changé quelque chose en moi.

Y a-t-il une collaboration ou un set qui vous a particulièrement marqué ?
Max : C’est difficile d’en choisir un. Mais celui que j’ai récemment réalisé pour Chloé au Musée Bourdelle était vraiment particulier. Je me suis senti extrêmement chanceux de jouer dans un lieu historique aussi magnifique et de pouvoir devenir, le temps d’un instant, une partie de cet environnement. Il y avait des sculptures tout autour de nous. J’étais honoré de me tenir parmi des œuvres nées bien avant moi, et qui continueront d’exister bien après.
Sofia : Pour moi, Gucci me vient immédiatement à l’esprit. C’était l’une des premières grandes marques qui m’avait bookée. Le set était relativement court, ce qui signifiait que je ne pouvais pas me permettre de jouer des morceaux de remplissage. Chaque titre devait être choisi avec soin. Et j’ai beaucoup grandi grâce à cette expérience.
Max : Et pour nous deux, jouer au Grand Palais a été incroyable. On se retrouve littéralement dans l’un des plus beaux monuments historiques de Paris, un lieu où tant de choses se sont produites. Être responsable de l’atmosphère d’un espace aussi immense est quelque chose de très particulier, surtout lorsque l’on vit à Paris. C’est l’un de ces lieux, comme la tour Eiffel, qui possède une présence presque mythique.

Si tout ce que vous avez construit ensemble, chaque set, chaque pièce, chaque silence entre deux morceaux, devait tenir en une seule phrase, quelle serait-elle ?
Sofia : Être dans le moment présent. On ne peut pas vraiment être heureux, être attentif ou remarquer la diversité sans être présent. Tout ce dont nous avons parlé nécessite d’être ici, maintenant, avec le cœur ouvert.
Max : Je dirais la même chose : profiter du moment. Nous avons beaucoup de chance que ce soit notre vie aujourd’hui. Nous ne savons pas combien de temps cela durera, le plus longtemps possible, je l’espère, mais nous avons conscience de cette chance. Lorsque j’avais 25 ans, j’ai rencontré Patti Smith lors d’un festival où nous jouions tous les deux. Je lui ai demandé quel conseil elle donnerait à la personne qu’elle était à 25 ans. Elle m’a répondu : « Je me dirais d’être heureuse. »
J’ai trouvé cette réponse incroyablement intéressante venant de Patti Smith, une telle icône punk. Elle m’a expliqué que lorsque l’on est plus heureux, on a meilleure mine, on se sent mieux et l’on transmet ce sentiment aux personnes qui nous entourent. Elle m’a aussi dit qu’elle avait passé une grande partie de sa vie en colère et malheureuse. Cela m’est resté. Parfois, on réalise que les valeurs les plus importantes se trouvent dans les choses les plus petites et les plus simples.

Pour terminer, y a-t-il un livre, un morceau ou un film que vous aimeriez partager ici, quelque chose qui vous a profondément inspirés ?
Sofia : J’aimerais que les gens découvrent Tool. C’est un univers sonore tellement unique.
Chaque fois que je les écoute, je suis impressionnée par le fait que, même si nous avons les mêmes instruments, les mêmes outils et le même monde autour de nous, nous pouvons encore créer quelque chose qui n’a jamais existé auparavant. Parfois, on a l’impression que tout a déjà été découvert : tout ce qui existe sur Terre, peut-être, et bientôt tout ce qui existe dans l’espace. Et pourtant, chaque jour, il reste possible de créer quelque chose de totalement nouveau.
Max : Pour moi, le livre qui a eu le plus grand impact lorsque j’avais une vingtaine d’années est Freedom from the Known de Jiddu Krishnamurti. C’est un penseur indien, plus qu’un philosophe, et j’ai trouvé ses idées presque comme une immense synthèse de la philosophie et de la spiritualité.
Son invitation fondamentale est de remettre les choses en question et de ne pas vivre en pilote automatique. D’être présent dans ce que l’on fait. Et je pense que cela rejoint profondément la créativité. Être créatif, c’est rester ouvert à l’inspiration. Questionner quelque chose ne signifie pas nécessairement lui dire non. Cela signifie rester ouvert à la possibilité que les choses ne soient pas toujours ce qu’elles semblent être. Les bonnes personnes ne sont pas toujours entièrement bonnes. Les mauvaises personnes ne sont pas toujours entièrement mauvaises. Presque tout peut devenir intéressant si l’on reste suffisamment ouvert pour regarder les choses autrement.

Enfin, quelle serait votre définition du luxe ?
Max : Je dirais que c’est l’intersection entre le goût et l’intention. Il faut évidemment un goût affirmé, mais aussi l’intention de proposer une expérience particulière. Je pense que cela rejoint ce que je disais plus tôt : créer une source plutôt que créer une référence. Devenir un jalon, plutôt que simplement reproduire ce qui existe déjà.
Sofia : Le goût est subjectif. Mais notre travail consiste à être des tastemakers, à savoir pourquoi nous choisissons un morceau plutôt qu’un autre, en raison d’une référence qu’il contient, des personnes présentes dans la salle, ou parce que nous comprenons ce que ce morceau signifie dans un contexte culturel particulier.

ENGLISH VERSION
From Chloé at the Musée Bourdelle to Gucci, from the Ibiza nights where it all began to the vaulted ceilings of the Grand Palais, Max and Sofia have never sought to impress through spectacle, but to connect through presence. They never prepare their sets: they read a room the way one reads a face, transforming every evening into a shared territory between the house, the venue, the audience and themselves. Their definition of luxury can be summed up in a single sentence, one that lands like a manifesto: the intersection of taste and intention. It is precisely these coordinates that they explore, sitting side by side, somewhere between the sands of Ibiza and Paris’s most prestigious salons. The art of hospitality as a language of its own, in conversation.
You enter their world with a gentle sense of familiarity. Then you discover a creative laboratory where every corner holds an instrument, where books and magazines seem to answer one another from one stack to the next, and where a subtle fragrance drifts between the furniture. Nothing is left to chance, and yet nothing feels staged: everything has its place, and every place tells a story. Vinyl records, lined up on a shelf, their covers enough to bring a melody instantly back to mind. In the bedroom, a painted ceiling by artist Jamie Prisz ; here, a relief bird. Details that ask for nothing more than our attention, leaving the imagination to carry on. A photograph, a frozen moment that, one day, gave rise to an entire story. Everything here invites us to talk, to be inspired, to linger. A conversation with Max & Sofia.
Against the unspoken rule of nightlife, where the DJ traditionally reigns from above, separated from the crowd by a booth that keeps at a distance what it should bring together, Max and Sofia have offered a different perspective. Barefoot on a sofa, sitting on a bed, or settled directly on the sand of a Juan-les-Pins beach on a summer evening, they have turned proximity into an aesthetic and intimacy into a method. No longer standing above, but sitting beside. No longer impressing from a pedestal, but inviting people into their own living room. It is this gesture, as simple as it is rare, that has become the signature of the duo.
The Art of Being Present
You often perform seated, sometimes on a sofa, sometimes even on a bed, in a world where DJs are traditionally placed above the crowd. Why this choice of proximity and intimacy?
Sofia: The story of Ibiza explains it quite well. Last summer was my first time there, while it was Max’s fourth or fifth. We had been invited to an incredible event in Jondal: there was a Heaven Sake event, an exhibition by Miranda Makaroff, and so many extraordinary things brought together on the same beach. But what really stayed with us was the way the DJs were set up. They were sitting barefoot on a small sofa, their feet in the sand, with the turntables placed on a low table in front of them. It felt as though we had been invited onto someone’s private beach or into their garden, into an intimate, personal and creative space.
We didn’t feel obliged to stand in front of a DJ, film them with our phones and pretend to be cool. We could simply sit beside them, see what they were playing, watch which vinyl they would choose next, hear them talk. It was incredibly welcoming. And that evening, we ended up meeting more people than ever, simply because of that atmosphere. Everyone responded to it.
Max: The idea is really to remove the separation between the performer and the guest. To say: we are all together, and we are sharing this moment.
What we give is what we receive. if what we offer is cold, distant and institutional, that is the atmosphere we will create. but if we offer something accessible, playful and relaxed, even in an extremely luxurious environment, the experience becomes much stronger.
Luxury houses sometimes need to step down from their pedestal in order to truly connect with people, to allow them to feel part of the experience.
Since that event, whenever we can, we try to deconstruct the traditional setup. I think younger generations, in particular, are increasingly drawn to what feels effortless while remaining desirable. For brands, I think this has become particularly important. Something has shifted in the air. The new luxury can be simple, cool and accessible. Anyone can shut themselves off from strangers; not everyone has the freedom to genuinely welcome someone into their world. There is also something happening in the way luxury is increasingly revealing what goes on behind the scenes: the artisans, the people who make the objects, the process itself. All of this is part of the same movement.
Sofia: Exactly. Maybe that is the new VIP: proximity.
What does the body say about your musical intention? Is the way you position yourselves already a statement about how you want people to feel?
Sofia: I studied journalism, and one of my favourite classes was dedicated to the art of interviewing. My professor placed enormous importance on body language. He wasn’t really trying to teach us how to ask the perfect questions. His main lesson was to show the person you are interviewing that you are open. You don’t stand there as though you are waiting for something, or as though you are about to leave because your time is limited. You sit down. You open your arms. You adopt a relaxed posture. You look the other person in the eyes without intimidating them.
When we imagined sitting beside people, I remembered all of that. If you want the people around you to feel relaxed, you have to genuinely be relaxed yourself. You have to feel comfortable on that sofa, on that bed.
People react like mirrors. what you show them is what they respond to.
Max: And I think that is also what is fascinating about DJs. Sometimes you watch them and see them sweating, completely immersed, giving an enormous amount of energy to the room. But the audience gives that energy back. It is an exchange. Of course, context matters. What we do during a relaxed set at the beginning of the evening or during a cocktail is different from what we would do later at night, when people want to dance. At that point, of course, you want to be standing.
What makes a mix successful for you? Is it a room that starts moving, or something that happens silently inside someone?
Max: It really depends. If it is late enough and people are in the mood to dance, they will dance, and you see it immediately. But sometimes you feel that people aren’t reacting, and then someone comes up to you at the end of the set and says: “That was incredible. That track you played at that exact moment really moved me, because of a certain reference or a certain memory.”
You can’t always know. The fact that nobody is moving doesn’t mean that nobody is enjoying it.
Sofia: Sometimes, touching just one person with a track is enough. Ultimately, you can’t please everyone at the same time, and fortunately so. It isn’t about finding the perfect track. It is about context: the place, how people are feeling at that exact moment, the transition from one track to another, and the journey you take them on.
Max: I also think that success means reaching as many people as possible, but not necessarily at the same time. People come from different cultures and backgrounds. That is why we like to have a truly multicultural selection. We don’t want to be confined to a single genre or a single BPM. For us, that would be extremely limiting.
Music is one of the greatest vehicles for culture. So we want our sets to be rich. It is always incredibly satisfying when, after two or three hours, we realise that we have travelled through ten different genres, five continents and several decades.
No playlist can predict a room.
Are there sounds, textures or frequencies that you always return to, something that could become your signature?
Sofia: I think I like to start with female voices, something very light. But we don’t really have a signature yet.
Max: We don’t really prepare our sets. We have all the music we love with us, much of it on USB drives, and then we respond to the atmosphere in the room. We can completely change direction during the evening. That is why we never really plan. We want to be able to adapt to the people.
What we do is truly at the intersection of three things: the brand’s values, the people in the room, and ourselves. Music sits at the centre of that triangle.
Sofia: And that goes back to what we were saying about being authentic and present. You have to respond honestly to what surrounds you.
When brands invite you into their world, you also seem to invite them into yours. What kind of conversation takes place between these two worlds?
Max: We are lucky to have established a style of our own today, and brands come to us for that. It has become quite natural. When it comes to live performances, the conversation can be more explicit because I have different possibilities. I can play alone, as a duo, combine classical and contemporary music, or sometimes perform as a trio. So there is a real dialogue around the atmosphere we want to create. But when it comes to DJing, brands generally come to us for what we already do.
Does the way we experience music today feel different to you, more performative, more fragmented? Have we lost something, or gained something that we don’t talk about enough?
Max: We can turn it into a strength. Our attention span is much shorter, and we consume a huge number of different things without necessarily remaining loyal to any one of them. But that can make a DJ set richer, because you can have an extremely eclectic and wide-ranging selection. Through that, you can experience different emotions, cultures and references.
There is always a common thread, a light guiding the whole thing. The transitions remain fluid, but within that framework, anything can happen.
Sofia : I recently saw something quite extreme at an after-party: the DJ was changing tracks every fifteen seconds. At first, it almost terrified me, but I was also fascinated by the way the audience reacted. It was almost like swiping: one thing, then another, then another. Of course, it only works with electronic music and BPMs that are close enough. But when it is done well, those fifteen-second fragments can almost become one continuous track.
How would you define the art of hosting?
Max: I think everything begins with attention. Attention to detail: the light, the quality of the music, but above all, attention to people. Being genuinely present for them. Recognising that the person in front of you has an entire world inside their head, and being sincerely interested in that.
Sofia: For me, being a good host also means welcoming very different kinds of people.
Sometimes brands may not immediately feel comfortable with young people whose appearance is very distinctive. But I think that diversity is precisely what can elevate a brand.
Max: When we organise our own events, we like bringing together people from completely different worlds. What connects them is creativity, but also open-mindedness and kindness. We care a lot about the people around us being kind. I have been lucky enough to meet people who showed me that talent and kindness can perfectly coexist. Working with Matthieu Chedid when I was 23 was an enormous source of inspiration. He was already extremely established, and yet he was just as kind to everyone. It changed something in me.
Is there a collaboration or a set that particularly stayed with you?
Max: It is difficult to choose one. But the one I recently did for Chloé at the Musée Bourdelle was truly special. I felt incredibly lucky to play in such a beautiful historic setting and to be able, for a moment, to become part of that environment. There were sculptures all around us, I felt honoured to stand among works created long before me, and destined to endure long after me.
Sofia: For me, Gucci immediately comes to mind. It was one of the first major brands to book me. The set was relatively short, which meant I couldn’t afford to play any filler tracks. Every track had to be chosen carefully. And I grew a lot through that experience.
Max: And for both of us, playing at the Grand Palais was incredible. You literally find yourself inside one of the most beautiful historic monuments in Paris, a place where so many things have happened. Being responsible for the atmosphere of such an immense space is something very special, especially when you live in Paris. It is one of those places, like the Eiffel Tower, that has an almost mythical presence.
If everything you have built together, every set, every piece, every silence between two tracks, had to fit into a single sentence, what would it be?
Sofia: Be present in the moment. You cannot really be happy, attentive or notice diversity without being present. Everything we have talked about requires being here, now, with an open heart.
Max: I would say the same thing: enjoy the moment. We are very lucky that this is our life today. We don’t know how long it will last, as long as possible, I hope, but we are aware of that privilege. When I was 25, I met Patti Smith at a festival where we were both performing. I asked her what advice she would give to the person she had been at 25. She replied: “I would tell myself to be happy.”
I found that answer incredibly interesting coming from Patti Smith, such a punk icon. She explained to me that when you are happier, you look better, you feel better, and you transmit that feeling to the people around you. She also told me that she had spent a large part of her life angry and unhappy. That stayed with me. Sometimes, you realise that the most important values are found in the smallest and simplest things.
To finish, is there a book, a track or a film you would like to share here, something that has deeply inspired you?
Sofia: I would love people to discover Tool. It is such a unique sonic universe.
Every time I listen to them, I am struck by the fact that, even though we have the same instruments, the same tools and the same world around us, we can still create something that has never existed before. Sometimes it feels as though everything has already been discovered: everything that exists on Earth, perhaps, and soon everything that exists in space. And yet, every day, it remains possible to create something completely new.
Max: For me, the book that had the greatest impact on me when I was in my twenties is Freedom from the Known by Jiddu Krishnamurti. He was an Indian thinker, more than a philosopher, and I found his ideas almost like a vast synthesis of philosophy and spirituality.
His fundamental invitation is to question things and not live on autopilot. To be present in what you are doing. And I think that connects deeply with creativity. Being creative means remaining open to inspiration. Questioning something does not necessarily mean saying no to it. It means remaining open to the possibility that things are not always what they seem to be. Good people are not always entirely good. Bad people are not always entirely bad. Almost anything can become interesting if you remain open enough to look at things differently.
Finally, what would your definition of luxury be?
Max: It is the intersection of taste and intention. You obviously need a high level of taste, but also the intention to offer a particular experience. I think this connects to what I was saying earlier: creating a source rather than creating a reference. Becoming a benchmark, rather than simply reproducing what already exists.
Sofia: Taste is subjective. But our job is to be tastemakers, to know why we choose one track over another, because of the reference it contains, the people in the room, or because we understand what that track means within a particular cultural context.
Ultimately, that is what it comes down to: taste. Being a tastemaker is ultimately more important than being a technically virtuosic musician. Even when I play guitar, what matters most is not the scale I play or the guitar I use. It is the taste with which I convey something. And that inevitably influences the people we play for, and therefore the brands themselves.














