Le saphir Romanov de 197,80 carats serti dans son bracelet Cartier, porté au poignet

Saphir Romanov : Sotheby’s Genève met aux enchères une pierre de 197 carats

Martin Betant Gérant & Coassocié – Directeur commercial & partenariats

Le saphir Romanov, 197,80 carats de Ceylan non chauffé, mène la vente Royal & Noble Jewels de Sotheby’s Genève le 11 novembre. Estimation : jusqu’à 1,84 M€.

Sotheby’s ouvre la semaine de Genève avec le saphir Romanov. Cette pierre de Ceylan de 197,80 carats mène la vente Royal & Noble Jewels du mercredi 11 novembre 2026. Ainsi, environ 80 lots liés à des familles royales et aristocratiques d’Europe passeront sous le marteau.

 

 

Sotheby’s estime le saphir Romanov entre 850 000 et 1,7 million de francs suisses. Cela représente environ 920 000 à 1,84 million d’euros. En outre, la maison expose les temps forts de la vente au Mandarin Oriental de Genève. L’exposition court du 6 au 10 novembre.

Saphir Romanov : une pierre de Ceylan non chauffée de 197,80 carats

Le saphir Romanov porte le numéro de lot 1080. De taille coussin et d’un bleu vif, il mesure environ 3,5 cm sur 3 cm, selon l’AFP. Les rapports du SSEF et de Gübelin confirment son origine de Ceylan, l’actuel Sri Lanka. Ils attestent aussi l’absence de chauffage.

Bracelet Cartier de 2015 serti du saphir Romanov de 197,80 carats, vue de face

© Sotheby’s

Sotheby’s met en avant l’alliance de la taille, de la rareté et de l’importance historique du saphir Romanov. Cartier a créé en 2015 la monture actuelle. Il s’agit d’un bracelet serti de diamants, avec un centre en cristal de roche interchangeable. Par conséquent, le saphir Romanov se porte aujourd’hui comme un bijou de haute joaillerie.

Le saphir Romanov de 197,80 carats serti dans son bracelet Cartier, porté au poignet

© Sotheby’s

Bracelet Cartier en diamants et saphir Romanov, vue de trois quarts

© Sotheby’s

De Maria Feodorovna à Ganna Walska, un parcours impérial

Selon Sotheby’s, le saphir Romanov entre dans la collection de la dynastie au milieu du XIXe siècle. La pierre, elle, est bien plus ancienne. Le catalogue Fersman des joyaux de la Couronne russe date de 1924 à 1926. Il décrit le saphir serti par Fabergé en broche de diamants.

L’impératrice douairière Maria Feodorovna portait le saphir au bal du Palais d’Hiver de 1903. Sotheby’s présente cette fête comme le dernier grand spectacle de la Russie impériale.

Portrait de l’impératrice Maria Feodorovna, qui portait le saphir Romanov, peint par Ivan Kramskoï
L’impératrice Maria Feodorovna, portrait par Ivan Kramskoï (1881). Domaine public, Wikimédia Commons
Nicolas II et Alexandra Feodorovna en costume ancien au bal du Palais d’Hiver de 1903
Nicolas II et Alexandra au bal costumé de 1903, photo de L. S. Levitsky. Domaine public, Wikimédia Commons

Après la révolution, le gouvernement soviétique disperse les joyaux de la Couronne. Le saphir passe ensuite chez Ganna Walska, chanteuse d’opéra, mondaine et collectionneuse. Il réapparaît aux enchères en 1971, puis à Genève en 1992, avant son acquisition par Cartier. Toutefois, Bilan relève une zone d’ombre dans ce parcours jusqu’à la maison de la rue de la Paix.

Cartier, Mellerio, Sibylla de Suède : les autres joyaux de la vente

Derrière le saphir, un bijou transformable de Cartier Londres retient l’attention. Il associe des opales noires australiennes à des diamants. Cartier l’a créé à la fin des années 1930 pour Mary Cavendish, duchesse de Devonshire. Il se porte en collier, en diadème ou en broches. La duchesse l’a porté au couronnement d’Élisabeth II en 1953. L’estimation va de 780 000 à 1,1 million de francs, soit environ 845 000 à 1,19 million d’euros.

Le diadème-collier en diamants de Mellerio a figuré à l’Exposition internationale de 1862. Deux ans plus tard, Antoine d’Orléans, duc de Montpensier, l’achète pour sa fille Marie Isabelle. Elle épouse alors Philippe d’Orléans, comte de Paris. Sotheby’s l’estime entre 300 000 et 500 000 francs, soit environ 325 000 à 540 000 euros.

Une parure en saphirs et diamants, vers 1910, a appartenu à la princesse Sibylla de Suède. Elle est la mère du roi Charles XVI Gustave. Le tsar Ferdinand de Bulgarie lui a offert le collier pour son mariage, en 1932. D’après la tradition familiale, ses saphirs appartenaient à Maria Feodorovna. La parure porte la même estimation que le diadème Mellerio, de 300 000 à 500 000 francs.

Une bague toi et moi réunit deux pierres. Elle associe un saphir du Cachemire de 7,83 carats à une émeraude colombienne de 6,77 carats. Elle vient de Catherine, Lady Walston. Sotheby’s l’estime de 350 000 à 500 000 francs, soit environ 380 000 à 540 000 euros. De plus, deux bijoux en émeraudes et diamants de la reine Amélie de Portugal figurent au catalogue. Sotheby’s les estime chacun entre 70 000 et 100 000 francs, soit environ 76 000 à 108 000 euros.

Pourquoi la vente Royal & Noble Jewels compte à Genève

Sotheby’s décrit Royal & Noble Jewels comme un rendez-vous annuel de novembre à Genève. Les trois dernières éditions ont obtenu le statut « white glove », selon la maison. Ce terme désigne une vente dont tous les lots trouvent preneur. Par ailleurs, Sotheby’s insiste sur les provenances illustres de chaque pièce.

La vacation donnera donc une indication sur la valeur actuelle des provenances royales, du saphir Romanov aux bijoux des Orléans. Toutefois, ces montants restent des estimations avant vente, et le marteau peut s’en écarter. Les enchères de joaillerie se poursuivent ensuite à Hong Kong. Christie’s y place en tête de sa vente du 24 novembre un diamant rose-violet de 8,41 carats. De son côté, Doyle New York avait placé un diamant de 12,46 carats en tête de sa vente new-yorkaise.

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Informations pratiques sur la vente de Sotheby’s Genève

Caractéristique Détails
Vente Royal & Noble Jewels, Sotheby’s Genève
Date Mercredi 11 novembre 2026
Exposition Mandarin Oriental, Genève, du 6 au 10 novembre 2026, de 10 h à 18 h
Nombre de lots Environ 80
Lot phare N° 1080, le saphir Romanov, 197,80 carats, Ceylan, non chauffé
Estimation 850 000 à 1 700 000 CHF, soit environ 920 000 à 1,84 million d’euros
Certificats SSEF et Gübelin
Monture Bracelet Cartier de 2015, diamants, centre en cristal de roche interchangeable
Provenance Maria Feodorovna (Romanov), puis Ganna Walska