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luxographie Pierre Cardin ou l’éternel insatisfait : Hommage

Date : 30 décembre 2020
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Créateur, nez, architecte, prédateur immobilier, chevalier de la légion puis officier, académicien, ambassadeur de l’UNESCO, fêtard , écrivain, étoilé d’Hollywood boulevard; son CV est la phobie des recruteurs, et pour cause, il n’en a jamais eu l’utilité.

Si choisir c’est renoncer, Cardin ne renonçait définitivement à rien.

Créateur, nez, architecte, prédateur immobilier, chevalier de la légion puis officier, académicien, ambassadeur de l’UNESCO, fêtard , écrivain, étoilé d’Hollywood boulevard; son CV est la phobie des recruteurs, et pour cause, il n’en a jamais eu l’utilité.

Pierre, si l’on dort durant sa mort, tu as hérité aujourd’hui d’une sieste bien méritée.

Entrer dans le monde de la mode par la porte la plus classique et se tailler de chez Dior, des costumes aux robe bulles, de Moreau à Olivier en passant par Cocteau. De l’avenue Montaigne au Printemps, son génie a été de tout essayer afin de marquer l’air de son temps. Sa modestie décréta « J’ai trouvé mon bonheur dans le travail. J’ai la haute couture, des théâtres, des restaurants , des salles de spectacles, des maisons, des hôtels, des palais, des bateaux, etc. J’ai tout fait et je suis allé partout ».

La biographie de l’exilé italien est publiée sous toute les coutures depuis ce matin, mais la rédaction a souhaité vous livrer des instants de luxe qui resteront gravés dans vos mémoires, à découvrir ou revivre.

Pietro Costante Cardin, l’italien devient parisien  

« L’utopie reste au stade du concept. Le rêve, lui, peut se réaliser »

Après de modestes tailleurs il finit « biaiseuse chez Paquin », il y fera la connaissance de Cocteau et Christian Béard (1946) afin de les assister sur les « costumes et masques » revendiquait-il, de La Belle et la Bête. De la haute couture pour le grand public, une amorce logique au reste de sa carrière.

Pierre le téméraire

« Quand je finis très bien une chose, je commence une autre chose. Je n’aime pas arrêter. J’aime me prouver continuellement »

La même année, Christian Dior créé le poste de tailleur pour lui dans son fraichement bâti 30 Montaigne. Il participe donc à la naissance du New Look et son Tailleur Bar. Son départ 3 années après illustre une fois de plus son impulsivité et obsession pour la nouveauté.

1956, création de sa bulle

« La robe et la femme se régissent l’une sur l’autre, la robe s’accorde au corps et réciproquement»

Il reprend une boutique qui mélange costumes de théâtre et robes de bals. Les archives sont malheureusement rares. Avant de lancer sa première collection dans la boutique « Eve » rue du faubourg. La robe bulle est née, début de son obsession du cercle. Inspirée du film Le ballon rouge de Lucien Lamorisse, l’un de ses amis. Encore une référence au 7ème art. Cette création marque donc sa volonté de transposer l’imaginaire au réel. « J’ai fait ces robes bulles, qui étaient pastels, toutes gonflantes, avec une matière intérieure très légère qui remplissait cette bulle, c’était poétique, des robes pas d’une solidité énorme, mais des robes de rêve, qu’on aurait pu ne porter qu’une seule fois ». En une création éphémère, il rendit son nom éternel.

L’Art prêt-à-être porté

« Ils ont dit que le prêt-à-porter tuera votre nom, et cela m’a sauvé« 

Premier défilé de prêt-à-porter au Printemps (1959) pour sa collection. Accomplissement du visionnaire, il anticipe alors la mort de la haute couture avant sa naissance.

Sixties, Beatles et « cylindre »

Les Fab Four s’étaient alors exclamés: « We got it from Paris, Pierre Cardin! »

Lorsque les Stones n’étaient que des fils à mamans ayant trouvé une guitare au fond d’une brocante, les Beatles s’affirmaient comme la jeunesse la plus punk londonienne. Seulement, en voyant les cols cylindriques de Cardin (1960), Brian Epstein, leur manager décide de troquer leur cuirs pour les vestons français bourgeois. Un coup de com’ improbable qui mettra le créateur sur la scène internationale.

Ses pierres à l’édifice

« La connerie c’est la décontraction de l’intelligence »

Cardin aime posséder, conquérir les nouveautés mais également les vieilles bâtisses. En 1970, l’Espace Pierre Cardin voit le jour, première étape de sa folie immobilière . « J’aime créer dans l’absolu, sans être limité par des angles, des couloirs et des murs », logique ou ironie, à vous d’en juger.

Et oui de quelques murs près des champs Élysées, aux ruines du marquis de Sade, en passant par la maison de Casanova, le Maxim’s et la maison Bulle (élue la plus chère d’Europe). Cardin a également eu une folie des grandeurs peu habituelle, soit le rachat du village de Lacoste, afin d’en faire son « Saint-Tropez culturel ». Ce qui peut mener à la fameuse problématique que bien des esprits se sont posés soit :

Toutes les idées de 4h du matin après une soirée sont-elles bonnes à réaliser le lendemain en pleine sobriété?

Si il n’y a que les dictateurs qui savent se faire aimer, Cardin était définitivement un ambassadeur de bonne volonté.

Sa conquête de l’académie

« Mon entrée parmi les Immortels a été un moment très important car il n’y avait jamais eu d’académicien couturier »

Après avoir enfilé l’uniforme de la NASA, comme pour remplir une espèce de bucket list remplie de rêve d’enfant, il entre à l’Académie des Beaux Arts. Notre futuriste est désormais un mortel de sa génération et Immortel des prochaines.

Cardin, premier civil dans la combinaison de Buzz Aldrin’s,
le second homme à avoir mis les pieds sur la lune.

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